Fatema Marouane, au cœur de la création

Fatema Marouane, la Ministre de tutelle des artisans et des créateurs marocains, est une femme de cœur qui place l’humain au centre de sa vision stratégique. Rencontre...

Quels ont été vos premiers constats après votre nomination ?

Fatema Marouane : J’ai d’abord constaté que, comme tous les Marocains, je “consommais” de l’artisanat dans ma vie de tous les jours. Dans l’ameublement, la décoration, l’habillement…, et ce, sans bien connaître ni évaluer à leur juste valeur tout le labeur accompli et les efforts fournis pour que ces créations voient le jour.  

L’artisanat est un secteur dynamique et vivant, au sein duquel femmes et hommes œuvrent pour perpétuer notre art de vivre qui nous distingue des autres peuples, véhicule notre culture, nos traditions, notre savoir-faire et nos valeurs ancestrales authentiques.

Des grands centres urbains jusqu’au fin fond du monde rural, c’est la même  passion qui anime artisanes et artisans, à qui je tiens à rendre hommage pour leur dévouement, leur ardeur dans le travail et le génie dans la créativité dont ils font montre pour enrichir notre patrimoine culturel de véritables merveilles.

L’économie sociale et solidaire, voilà un autre domaine où des femmes et des hommes s’activent énergiquement, donnant libre cours à leur créativité, animés par un sens de la solidarité et des responsabilités remarquable, guidés par des valeurs d’entraide, d’intérêt collectif et de cohésion sociale. 

J’ai découvert que l’artisanat est un vaste monde dont l’artisanat à fort contenu culturel, ou artisanat d’art, n’est qu’une infime partie d’une activité beaucoup plus large. Ce volet est important car il véhicule l’image du Maroc, fait connaître notre art de vivre et perpétue notre patrimoine culturel et civilisationnel. Il a d’ailleurs de plus en plus de visibilité depuis la mise en place de la Vision 2015 qui a constitué une véritable stratégie pour son développement et impulsé une formidable dynamique au secteur, et ce, grâce à la Haute sollicitude royale.

Je précise par ailleurs que l’artisanat comprend, d’une part, l’artisanat de production, avec ses deux volets à fort contenu culturel et utilitaire ; et d’autre part, l’artisanat de service. Ce sont donc 2,3 millions d’artisans en tout qui doivent faire vivre, au bas mot, 10 millions de personnes, soit à peu près le tiers de la population marocaine ; c’est dire l’importance de ce secteur crucial pour la cohésion sociale et pour l’économie marocaine. Beaucoup a été fait, certes, mais beaucoup reste encore à faire.

Comment expliquez-vous qu’en France, par exemple, l’artisanat soit associé à de grandes maisons de luxe comme Louis Vuitton ou Hermès ; ce qui n’est pas le cas au Maroc ?

Dans la Vision 2015, la stratégie pour le développement de l’artisanat à fort contenu culturel comprend un volet important consacré à la qualité, à l’innovation et à la labellisation ; conditions préalables nécessaires pour une plus grande visibilité du secteur, afin de le dépoussiérer et lui rendre ses lettres de noblesse. L’étape suivante permettra d’associer notre artisanat à l’image d’excellence des produits de luxe, reconnus grâce à leur label. C’est donc  toute une politique de  sensibilisation et de formation à la qualité qui est engagée par le ministère, pour inculquer ces valeurs et cette culture de l’excellence à tous les intervenants dans le domaine. Une expérience pilote a démarré dans la région du Souss Massa Draâ, à laquelle ont participé 3.000 artisanes et artisans. Nous pouvons donc dire que nous  sommes sur la bonne voie.

Il est vrai que, comme vous l’avez évoqué, des pays développés, comme la France, nous ont précédés, mais l’essentiel c’est d’être sur le bon chemin et, de toute façon, il faut un début à tout. Notre objectif est d’encourager des entreprises d’artisanat à se développer pour pouvoir servir de locomotive pour le secteur, à travers leur capacité à se moderniser et à se positionner sur l’échiquier économique national et international. Ces entreprises, appelées acteurs de référence, travaillent selon des normes et produisent des articles de qualité qui font honneur au Maroc lorsqu’ils sont exportés vers des destinations exigeantes en matière de qualité. 

Par ailleurs, le ministère vient de lancer un important programme de labellisation, permettant de distinguer les entreprises remplissant un certain nombre de conditions, à la fois techniques, sociétales et environnementales, et d’attester que tel ou tel produit est conforme à un ensemble de caractéristiques fixées par un règlement d’usage garantissant un niveau de qualité. C’est une manière de tirer le secteur vers le haut et de favoriser, à terme, l’émergence de grandes marques de l’artisanat, associées à de grandes maisons de luxe.

L’artisanat au Maroc n’est-il pas trop lié à une vision touristique et exotique du pays ?

En fait, dès la fin des années 70, les pouvoirs publics ont commencé à prendre conscience du potentiel et de la vocation économique de l’artisanat en tant que  secteur générateur de richesses et créateur d’emplois. Ils en ont été ensuite convaincus et ont ainsi décidé de le réorienter vers la rentabilité économique. Nous pouvons donc considérer comme révolue l’époque où ce secteur avait une connotation folklorique et où on associait sa promotion et son développement uniquement au tourisme.

Aujourd’hui, il existe un ministère qui lui est dédié, ainsi qu’une stratégie s’inscrivant dans une politique générale du développement du pays, tous secteurs confondus.

En termes d’importance sur le plan économique et social, les artisans représentent plus de 21 % de la population active du Maroc, et en 2013, le secteur a généré un chiffre d’affaires global de 20.2 milliards de dirhams et une valeur ajoutée de 12 milliards de dirhams.

Bien entendu, l’artisanat et le tourisme sont interconnectés dans une relation horizontale, gagnant-gagnant, car si l’industrie touristique offre des plateformes pour la commercialisation des produits artisanaux, les artisans, à leur tour, contribuent à la promotion et au rayonnement de la destination Maroc. Et nous faisons en sorte que cette complémentarité et cette convergence soient mises à profit à travers les stratégies sectorielles des deux départements.  

Certains artisans, garants d’un savoir-faire marocain, n’ont pas perpétué leur art, à l’image du dernier maître du brocart à Fès. Quelles sont les actions entreprises pour que ce type de compétences ne se perde pas ?

Le ministère de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire a élaboré un programme de préservation des métiers d’artisanat menacés de disparition, et de sauvegarde de ces savoir-faire ancestraux et ce, à travers une transcription numérisée des techniques liées aux métiers ciblés. Il s’agit d’une question vitale pour perpétuer ce legs, partie intégrante du patrimoine culturel et du capital immatériel de notre pays. Et nos centres de formation professionnelle se chargent de la transmission des savoirs et des savoir-faire associés aux métiers objets de transcription, grâce à des modules de formation. 

Et c’est ainsi qu’un dispositif informatique et interactif, axé sur le multimédia, a été élaboré et mis en place avec la contribution et l’implication effective des professionnels.  Ce dispositif a permis l’élaboration de supports de formation dans les métiers ciblés et l’instauration d’une plateforme appropriée, pour assurer la transmission intergénérationnelle  des savoirs et des savoir-faire associés à ces métiers.

Parallèlement, un site web, dédié à la préservation des métiers a été créé pour mettre en place les premiers jalons d’un système de formation à distance dans le secteur de l’artisanat.

À fin 2014, 14 métiers, parmi les 40 identifiés comme menacés d’extinction, ont bénéficié de la transcription numérisée. 

Cette année connaîtra la finalisation de la transcription de quatre métiers, dont le tissage du brocart que vous avez évoqué, ainsi que le pisé (technique de construction traditionnelle), le tataoui (décorations traditionnelles des plafonds en bois) et le tannage traditionnel. Nous sommes très heureux que le dernier maître artisan de brocart ait finalement accepté de participer à cette opération citoyenne de préservation. C’est une opération complexe, coûteuse et qui nécessite de faire appel à des expertises pointues. Le préalable est que le dernier détenteur de savoir accepte de le livrer. 

Enfin, le ministère accorde un intérêt tout particulier à l’implantation de modules de formation, spécifiques à ce type de métiers, au sein des établissements de formation professionnelle relevant de son champ d’intervention, afin de garantir la transmission intergénérationnelle de ce patrimoine.

Pourquoi les formations à l’artisanat ne sont-elles proposées qu’à certaines couches sociales, dans le cadre de formations professionnelles pour adolescents sortis du système scolaire, ou de programmes d’alphabétisation, par exemple ? Envisagez-vous d’élargir votre cible ?

Tout d’abord, les métiers d’artisanat ont toujours été transmis de père en fils ou en fille, de mère en fille ou de maître à apprenti. Et puis, sont arrivés les centres de formation professionnelle dans l’artisanat.  Si, au tout début, la majorité des postulants était constituée de personnes en échec scolaire ou venant de milieux défavorisés, cela change aujourd’hui et nous voyons arriver des universitaires, notamment des licenciés ou des étrangers de pays développés, comme la France ou l’Italie, pour ne citer que ceux-là. La physionomie même des apprentis artisans a changé. Il faut les voir, avec leur coupe de cheveux à la mode, et leur dégaine tout à fait dans l’air du temps ! Il faut signaler que l’outil informatique est omniprésent dans les centres de formation. L’artisanat est donc un métier noble dont l’image est en train d’évoluer et qui mérite qu’on lui accorde tout le respect et la considération possibles.

La formation professionnelle dans le secteur de l’artisanat comporte deux modes de formation initiale : la formation résidentielle et la formation par apprentissage. Ces deux modes visent à transmettre aux jeunes des connaissances générales, techniques, technologiques, pratiques et artistiques, se rapportant aux filières de la formation dispensée. Le dispositif propose aux jeunes stagiaires des parcours de formation qui leur permettent d’obtenir des diplômes et certificats correspondant à trois niveaux de formation : Spécialisation, Qualification et Technicien. L’accès à cette formation est ouvert  à tous les jeunes qui remplissent les conditions  et ne se limite pas à certaines couches sociales.   

Par ailleurs, et afin d’accompagner efficacement le développement du secteur, la Vision 2015 a tracé, parmi ses objectifs, une réforme profonde du système de formation et de qualification, qui devra être en mesure de former une nouvelle génération d’artisans, hautement qualifiés et en nombre suffisant pour répondre aux besoins des entreprises et des mono-artisans.

C’est dans cette optique que le ministère de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire s’est engagé, depuis 2006, dans cette réforme, en procédant par une réingénierie selon l’approche par compétences. À cet effet, un cadre méthodologique marocain de l’Approche Par Compétences (APC) a été adopté, depuis 2009, dans le but d’améliorer la qualité de la formation professionnelle, intégrant l’approche genre, et s’appuyant sur des valeurs d’équité, de transparence et de respect de l’environnement.

La création de l’Académie des Arts Traditionnels de Casablanca s’inscrit également dans le même contexte. Il s’agit là du premier établissement de formation supérieure dans le secteur de l’artisanat. Cette académie est ouverte aux jeunes titulaires d’un baccalauréat scientifique et d’un diplôme de technicien spécialisé (Bac + 2) dans des filières liées à l’artisanat.

Cela dit, la valorisation de la formation professionnelle, de manière générale, reste tributaire de l’instauration d’un système d’orientation, souple et efficace, au sein même du dispositif d’éducation et de formation, ainsi que des passerelles entre le système d’éducation et celui de la formation, ou inversement. L’instauration du baccalauréat professionnel s’inscrit dans cet esprit.

Ne pourrait-on pas envisager dans ce sens des modules “artisanat” à intégrer à tous les cursus scolaires, dans les établissements publics et privés ?

Afin de sensibiliser les élèves et les aider à avoir une vision claire quant à leur choix futur, le ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation professionnelle, en étroite concertation avec l’ensemble des départements formateurs, notamment celui de l’artisanat, lance un projet d’instauration d’un parcours collégial professionnel afin de diversifier l’offre de formation destinée aux collégiens, de manière à ce qu’elle soit mieux adaptée à leurs besoins, et qu’elle puisse les aider à mieux concevoir leur avenir et élaborer leur projet personnel d’orientation.

Ce parcours collégial professionnel donnerait la possibilité aux élèves de se familiariser, et de connaître de près les métiers et l’environnement professionnel qui les entoure. Un module sur la découverte des métiers, élaboré à cet effet, accompagnera l’enseignement général sur les trois années du collège. Il s’agit là d’ouvrir l’établissement scolaire sur son environnement par le biais de partenariats, avec pour objectif d’impulser une dynamique nouvelle à l’enseignement.

Au Maroc, le patrimoine artisanal semble encore très lié au passé. Quelles sont les solutions mises en place pour le faire revivre et surtout évoluer ?

Le client d’aujourd’hui, de plus en plus exigeant, recherche des produits traditionnels alliant authenticité et modernité. La stratégie du développement du secteur de l’artisanat accorde ainsi une grande place au renouvellement de l’offre en produits d’artisanat adaptés aux goûts et tendances du moment, n’ayant rien perdu de leur authenticité et de leur cachet culturel.

Dans ce cadre, le ministère a lancé, dans un premier temps, un programme d’appui aux mono-artisans en mettant à leur disposition des collections de design élaborées en parfaite synergie entre des maîtres artisans et des designers renommés.

Les efforts déployés dans ce sens ont abouti à la réalisation de 15 collections dans  différentes filières de l’artisanat. Chaque collection a été pérennisée par la production de catalogues, de fiches techniques et de prototypes des différents modèles élaborés. Ces outils sont mis à la disposition des artisans pour une reproduction libre de droits.

Et tout récemment, le ministère vient d’évaluer cette première expérience pour bâtir une stratégie, qui se veut être un levier du développement de l’artisanat marocain tant sur le marché marocain que sur le marché international. Cette stratégie repose sur une forte implication des designers aux côtés des artisans et des entreprises de l’artisanat pour le développement de l’offre artisanat, toujours en préservant notre cachet culturel.

Les femmes occupent une place importante et privilégiée en matière d’artisanat. Comment l’expliquez-vous et quels sont les avantages que celles-ci peuvent en tirer ?

Effectivement, la femme est un acteur majeur du secteur de l’artisanat. À titre d’exemple, 41 % des coopératives artisanales sont féminines. 

Mais au-delà des chiffres, le fait est que les œuvres artisanales féminines présentent une touche particulière qui traduit la passion, la persévérance, la sensibilité et la perspicacité propres aux femmes, et qui donne naissance à des objets exceptionnels dont chacun porte une histoire : celle de la femme qui l’a fabriqué.

Je voudrais à cet effet rendre hommage à l’artisane tisseuse, la passementière, la couturière, la brodeuse, la bijoutière, la potière, et j’en passe. Bref, à toutes ces merveilleuses femmes auxquelles nous sommes tellement redevables. 

Partant de ces faits, nous avons fait de l’encadrement et de la promotion de la femme artisane une priorité. Nous avons donc mis en place des actions à même d’appuyer et de valoriser l’artisanat féminin, et de lui offrir un cadre adéquat pour s’épanouir.

Notre programme touche au volet promotion qui encourage la participation féminine aux 24 foires régionales organisées annuellement à travers tout le territoire national. Cette participation ne doit pas être inférieure à  30 %.

Et face aux problèmes de commercialisation auxquels font face les artisanes, surtout en milieu rural, un concept d’espaces de production, de commercialisation et d’exposition a été mis en place. Il s’agit des “Dar Sanaa”, qui sont des structures de proximité dédiées aux femmes artisanes rurales et répondant à leurs besoins spécifiques. Nous comptons actuellement 61 “Dar Sanaa”.

De même, pour valoriser le savoir-faire des artisanes, des marques de certification collectives ont été réalisées touchant à des métiers féminins par excellence, tels que la poterie d’Oued Laou, l’étoffe de Bzou, celle de Sais, le tapis rbati et celui de Boujaad.

La formation continue dans les établissements de formation, ou à travers les unités mobiles et l’alphabétisation fonctionnelle, sont également des chantiers où la femme tient une place prépondérante. Le taux de participation des femmes atteint ainsi des niveaux plus que satisfaisants.

Quels sont les métiers dans lesquels les femmes sont le plus présentes ?

Les femmes, tant dans le milieu urbain que dans le milieu rural, ont pendant longtemps privilégié les métiers du tapis et du vêtement traditionnel. 

Depuis le début des années 1970, elles ont commencé à s’intéresser à divers métiers de l’artisanat autres que les métiers classiques, notamment en milieu urbain, tout en gardant une prédilection pour les métiers du tapis et du vêtement traditionnel.

Nous voyons, aujourd’hui, que dans nos institutions de formation professionnelle, les jeunes filles s’orientent de plus en plus vers certaines filières de formation, jadis exclusivement masculines, comme celles du bois, des métaux ou du cuir.

Y a-t-il des métiers d’hommes qui ne leur sont pas accessibles ? Et si oui, pourquoi ?

En fait, tous les métiers sont ouverts aux femmes. Toutefois, certains ont connu une féminisation plus tardive et plus timide que d’autres, tels que ceux du fer forgé ou du bâtiment traditionnel. 

L’artisanat intéresse aujourd’hui de plus en plus de jeunes, garçons et filles. Il s’agit d’artisanes individuelles et d’artisanes coopérantes, mais aussi de femmes chefs d’entreprise qui vont vers des métiers considérés jusque-là comme exclusivement masculins.

Aujourd’hui, la mode marocaine, notamment à travers le caftan, occupe le devant de la scène. Pourtant, les créateurs ont du mal à se retrouver dans le programme dédié à l’artisanat qui concerne davantage d’autres corps de métiers (poterie, tapis, etc…). Qu’en pensez-vous ? 

Dans le cadre de la Vision 2015, le ministère s’est engagé à accompagner les mono-artisans pour les aider à mettre en valeur leur savoir-faire, à travers la réalisation de produits artisanaux répondant aux tendances des marchés cibles. Des designers de renommée ont été mis à contribution pour assister, sensibiliser et accompagner les artisans lors de l’exécution des différentes étapes de réalisation des collections lors de la première opération design. Celle-ci a abouti à la création de 15 collections, dont 4 ont concerné le tissage.

Un programme portant sur l’habillement et la bijouterie a été dédié à la mode marocaine avec pour objectif  de valoriser le vêtement traditionnel marocain à travers l’utilisation de différentes matières textiles, mais aussi par le biais de la création d’accessoires (bijoux, sacs et chaussures) qui accompagnent le vêtement marocain. 

Quel est le soutien apporté par le ministère aux créateurs de mode et aux artisans œuvrant dans ce domaine ?

Précisons tout d’abord que la création de mode doit se faire en tenant compte du cachet culturel et de l’authenticité de notre artisanat.

Le ministère, à travers sa récente stratégie design, œuvrera à développer le rôle du designer/styliste en tant que vecteur pour la pérennisation des processus créatifs dans le secteur de l’artisanat et pour le rehaussement de la qualité du produit artisanal national, et ce par le biais de l’adoption d’un ensemble de mesures telles que l’encouragement des partenariats entre le ministère, les représentations professionnelles, les PME de l’artisanat, les designers/stylistes et les artisans pour développer  et faciliter le transfert du savoir-faire.

Le ministère s’attèlera ainsi à organiser des rencontres récurrentes entre designers/stylistes, artisans et PME, afin d’encourager l’échange et le partage d’information. 

S’agissant des artisans, on prévoit un accompagnement ciblé en vue de développer et de pérenniser leur capacité à créer et à renouveler leurs collections à travers l’adoption d’un ensemble de mesures, telles que l’élaboration d’un programme de rencontres thématiques entre designers/stylistes et mono-artisans, la création d’un cursus d’initiation aux techniques de design, la création d’un cadre contractuel incitatif de sous-traitance et de co-traitance favorisant la collaboration entre les PME, les artisans et les designers/stylistes.

Pour le moment, il n’existe pas d’annuaire des artisans du Maroc (par secteur, région, etc). Ainsi ceux formés par l’OFPPT ne figurent dans aucun annuaire. Quelles sont les actions entreprises en faveur de la création d’un réseau de créateurs ?

S’agissant d’annuaire ou de registre, il convient de souligner que le texte du projet de loi, sur l’organisation de l’exercice des activités de l’artisanat, prévoit la mise en place au niveau des chambres d’artisanat, de registres des artisans et des entreprises de l’artisanat. L’inscription dans ce registre sera obligatoire pour pouvoir exercer.

Ce registre entrera en vigueur après l’adoption de ladite loi.

D’autres actions sont initiées par le ministère de l’Artisanat et de l’Economie Sociale et Solidaire en vue de développer l’esprit d’innovation, de créativité et de réseautage chez les artisans, il s’agit notamment de :

– l’organisation annuelle du Prix National du Meilleur Artisan ;

– l’organisation annuelle, en partenariat avec 2M, de l’émission de téléréalité “Sanaat Bladi Al Jil Al Jadid” visant à stimuler la créativité chez les jeunes apprentis ;

– La mise à disposition des artisans des collections de produits nouveaux design.

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