Casablanca en péril

Bientôt, si les lois continuent d'être bafouées sans scrupules, le patrimoine architectural de la ville blanche ne sera plus qu'un beau et lointain souvenir. Destructions sauvages, non-application des lois, non-respect du classement des monuments historiques... La liste des infractions est longue. Seule pour lutter contre l'anarchie ambiante, l'association Casamémoire peine à se faire entendre. Dounia Benslimane, qui fait partie de ses membres, nous parle de ce fléau.

FDM : Quelques mots pour présenter l’association Casamémoire ?

Dounia Benslimane : Casamémoire est une association qui existe depuis 1995, qui compte 25 membres actifs et 3 salariés. Nous avons par ailleurs un millier de sympathisants, amoureux du patrimoine, qu’ils  soient Casablancais, Marocains ou étrangers. Les membres de Casamémoire sont  essentiellement des architectes, mais il y a également d’autres profils : journalistes, enseignants, médecins, producteurs, urbanistes… Tous partagent leur amour pour Casablanca et la volonté de sauvegarder son patrimoine architectural unique. Combien de bâtiments casablancais sont classés monuments historiques ? A ce jour, 46 bâtiments sont inscrits sur la liste des monuments nationaux, et 16 sont en cours d’inscription. Aucun de ces édifices n’est classé. Nous pensons qu’il y en a une soixantaine d’autres qui devraient y figurer,  mais l’objectif étant d’inscrire des ensembles  architecturaux et non pas les bâtiments au cas par cas, ce nombre devrait se situer entre 2000 et 3 000. Cela permettrait de délimiter une zone de sauvegarde plus étendue. Les constructions qui retiennent notre attention sont celles qui sont remarquables par leur caractère innovant, qui apportent un nouveau concept ou encore celles qui témoignent d’un style particulier ou d’une architecture unique ; et ce, quels que soient la période ou l’architecte. Bénéficiez-vous d’un soutien des autorités dans le cadre de votre travail de sauvegarde de ce patrimoine architectural ? Nous menons des actions d’information, de formation et de sensibilisation du public et des institutionnels à la problématique  du patrimoine et à l’importance de sa sauvegarde, mais nous attendons des autorités une position plus affirmée pour assurer cette préservation et aimerions que cette volonté de leur part soit visible. Il leur suffit uniquement de mettre en application les lois existantes et donc, de faire preuve d’une réelle volonté politique. Il s’agit également de bien clarifier les responsabilités de chacun dans le processus de sauvegarde car pour le moment, elles ne sont pas clairement définies. Les dernières victimes en date de ce flou juridique sont l’immeuble Piot-Templier, inscrit sur la liste des monuments historiques, et la villa Cadet, qui était en passe de l’être. Où en est la demande d’inscription de Casablanca au patrimoine mondial de l’UNESCO ? En ce qui concerne cette question-là, il est nécessaire que le ministère de la Culture dépose un dossier auprès de l’organisation car c’est lui le porteur de projet. Casamémoire, en tant que société civile et association possédant une expertise dans le domaine, a préparé le dossier technique nécessaire à cette demande. Ce dossier, en cours de finalisation, comporte, entre autres, l’inventaire de l’ensemble des bâtiments à caractère patrimonial. Le statut de patrimoine mondial permet non seulement de sauvegarder un héritage unique en son genre, mais il permettra aussi de revaloriser le centre-ville de Casablanca et les différents espaces urbains et architecturaux. Par ailleurs, il aidera Casablanca à s’inscrire dans une dynamique de développement économique – tourisme notamment – social et culturel. Ce qu’il faut noter également, et qui est très positif à nos yeux, c’est l’avancement notable du dossier de classement de la Médina de Casablanca qui a été déposé récemment auprès du ministère de la Culture…

Source :

â–  Documents Casamémoire

â–  Guide des architectures du XXème siècle de Casablanca (Casamémoire et Mutual Heritage – éd. revue Maure et Graphely – 2011).

La cité des jeunes

Quartier CIL – 1952 – architectes : Léon Aroutcheff, Georges Candilis, Robert Jean et Shadrach Woods. Logements de célibataires ou de jeunes ménages européens des classes populaires dans un quartier essentiellement constitué de villas, destinées à la classe moyenne et accueillant ainsi une forme de mixité sociale. De nos jours, la cité continue de vivre dans un quartier en pleine mutation où la hausse des prix du foncier conduit souvent à la transformation des villas.

Le lycée des jeunes filles bd Zerktouni

Boulevard Zerktouni et rondpoint d’Europe -1954 – architecte : Alexandre Courtois. Construit dans les années 50, comme la majorité des grands groupes scolaires de Casablanca, il est caractérisé par la simplicité de ses volumes et la sobriété de ses ouvertures typiques de l’architecte. Le bâtiment semble désaffecté et pourrait faire l’objet d’une démolition.

La mosquée Assouna

Angle boulevard Modibo Keita et avenue du 2 mars -1970 – architecte : Jean-François Zevaco. Construite à une époque où Casablanca est encore déficitaire en édifices religieux musulmans et ne compte que quelques mosquées d’importance (Habous et Aïn Chock). Son originalité réside dans le fait que l’architecte n’a fait appel à aucun élément décoratif arabo-andalou  comme en témoigne son minaret en béton brut. C’est une des seules mosquées du pays présentant cette esthétique.

La cité plateau

Avenue Saïd Ben Harta et rue François Villon – 1957 – architectes :Gaston Jaubert et Pierre Coldefy. Premier projet ayant remporté le concours du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme après l’indépendance pour la construction d’un habitat collectif et économique. Actuellement, on peut y observer, comme dans les autres cités, une appropriation bien ordonnée des espaces aux pieds des immeubles, transformés en jardins privatifs entourés d’espaces verts bien entretenus.

Le garage Fiat

Rues Mustafa El Maâni, Habacha et Al Wahda – 1919 – architecte : Aldo Manassi. De style Art déco basique, c’est un établissement important du quartier Mers Sultan. Il contribue, avec les autres établissements automobiles, tels Citroën, à établir un véritable réseau dans une ville nouvelle résolument tournée vers l’avenir.

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