Hindi Zahra : «j’ai un amour infini pour Marrakech et Essaouira»

Un timbre de voix unique, un cachet musical inimitable, des paroles qui résonnent telle une incantation… Dans cette interview, Hindi Zahra revient sur origines marocaines et amazighes qu’elle revendique haut et fort. Entretien. 

Vous êtes née au Maroc et vous êtes arrivée adolescente en France. Avez-vous ressenti un quelconque déracinement à ce moment-là ?

Cela a été très difficile pour moi. Nous habitions dans un quartier qui n’était pas communautaire, car mon père détestait cela. J’ai ensuite été dans une école catholique où il n’y avait aucun Marocain. Mais c’était intéressant car cela nous a obligés à nous intégrer plus facilement, je ne dis pas plus rapidement, et j’ai ainsi appris à mieux connaître la culture de l’Autre.

À un certain moment, vous avez décidé de revenir vivre au Maroc. Ces retrouvailles ont-elles été à la hauteur de vos espérances ? Quels sont les meilleurs souvenirs que vous en avez gardés ?

C’était plus que ce à quoi je m’attendais. Au Maroc, j’aime tout particulièrement deux villes : Marrakech et Essaouira. Je ne connaissais pas du tout Marrakech, et j’ai choisi d’habiter au cœur de sa médina pour vivre une certaine vérité organique, au plus près des gens. L’atmosphère de la Médina est unique et vous nourrit de couleurs, d’art et d’inspirations…

J’ai trouvé beaucoup de réalisme au Maroc. C’est vrai que j’ai grandi au Maroc, mais le retrouver et le voir avec des yeux d’adulte, était quelque chose de différent. J’ai particulièrement apprécié cette pudeur, que j’ai aussi en moi. Dans la médina de Marrakech, il n’y a pratiquement pas de fenêtres sur la rue. Tout est caché, et pourtant tout est ouvert, grâce à cette ouverture sur le ciel. Je trouve cela magnifique. J’ai aussi aimé cette sensation de liberté que l’on ressent à Marrakech…

Vous chantez en anglais, en français ou encore en amazigh. Comment ces langues servent-elles votre musique ?

J’ai grandi dans des villes où l’on ne parlait que la darija. L’amazigh était obligatoire à la maison, car ma grand-mère ne pratiquait que cette langue. À l’école, on apprenait le français, et l’anglais était une langue courante à Agadir dans les années 80. Toutes ces langues représentent différentes choses pour moi. Je suis ce que je fais. Je n’ai pas un décorum de la vie privée et un autre pour l’univers de la musique. C’est normal que j’utilise toutes ces langues.

J’utilise beaucoup l’anglais pour des choses très intimes, car cela me permet d’avoir la distanciation nécessaire, de dévoiler des choses sans avoir l’impression de raconter ma vie. Et comme je viens du jazz et surtout de l’improvisation, les mots de mes chansons peuvent sortir en tachlhit ou en français. Puis, comme j’ai passé ces dernières années beaucoup de temps au Maroc, j’ai aussi commencé à utiliser des mots en darija. Utiliser la langue, c’est aussi démontrer l’enracinement et tisser des liens, construire des ponts entre moi et ceux qui m’écoutent…

 

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