Votre parcours dans le secteur commercial vous a menée à des postes de responsabilité. Comment avez-vous construit votre légitimité dans un environnement aussi compétitif ?
Mon parcours a commencé dans le secteur du voyage, au sein de l’agence Atlas Voyages en 2004. Cette première expérience a été extrêmement formatrice pour moi. Elle m’a permis de comprendre très tôt les attentes des voyageurs, la logique des marchés et l’importance de la relation client dans toute la chaîne de valeur du tourisme.
Lorsque j’ai intégré l’hôtellerie en 2012, cette expérience m’a beaucoup aidée à structurer ma manière de travailler. Elle m’a donné une vision très concrète de l’écosystème touristique et m’a permis de développer rapidement des relations solides avec les partenaires et les clients. Et je vous assure que ce n’était pas facile d’intégrer des équipes déjà présentes et qui avaient un peu d’avance en hôtellerie.
J’ai eu l’occasion de participer à l’évolution d’une chaîne 100% Marocaine Kenzi Hotels et d’effectuer l’ouverture du Barcelo Anfa Casablanca en 2018, la réouverture du Radisson Blu City Center post-covid en 2020 et l’honneur de l’Openning du Radisson Hotel Casablanca Gauthier La Citadelle. Un établissement qui a réussi à se hisser une place parmi les meilleurs hôtels de la ville.
En parallèle de mon évolution professionnelle, j’ai toujours accordé une grande importance à la formation. J’ai choisi de continuer à me former tout au long de mon parcours, en réalisant notamment un Master puis un MBA en Ingénierie Commerciale, tout en poursuivant mon activité professionnelle. Cela m’a permis de renforcer mes compétences stratégiques et d’apporter une vision plus structurée à mon rôle commercial et marketing.
Au fil des années, j’ai construit ma légitimité grâce au travail, à la constance et aux résultats. Mais elle s’est aussi construite grâce à la confiance des clients et des partenaires avec lesquels j’ai eu la chance de collaborer. Leur fidélité et leur soutien ont beaucoup compté dans mon évolution. L’appui du management et la confiance des équipes avec lesquelles je collabore au quotidien ont également été déterminants.
Pensez-vous que les femmes doivent parfois adapter leur style de management pour s’imposer dans le monde des affaires ?
Au contraire, je pense surtout que les femmes doivent s’autoriser à être elles-mêmes dans leur leadership. Pendant longtemps, certains codes du management étaient très formatés et il pouvait y avoir une tentation de s’y conformer pour être crédible.
Avec l’expérience, j’ai compris que le leadership ne consiste pas à imiter un modèle, mais à construire le sien. Les femmes apportent souvent une capacité forte à fédérer, à écouter et à créer une dynamique collective tout en restant très orientées vers les résultats.
Dans mon rôle, je crois beaucoup à un management basé sur la confiance, la responsabilisation et la clarté des objectifs. Les équipes, notamment les plus jeunes, ont besoin de sens et de reconnaissance.
J’estime que la vraie force d’un leader, femme ou homme, est de savoir créer un environnement dans lequel chacun peut donner le meilleur de lui-même.
Selon vous, quelles sont aujourd’hui les qualités essentielles pour diriger et inspirer une équipe ?
Diriger une équipe aujourd’hui demande bien plus que des compétences techniques. Au fil de mon parcours, trois qualités me semblent particulièrement essentielles : la vision, la capacité à fédérer et l’agilité.
La vision est importante pour donner une direction claire et du sens aux actions de l’équipe. La capacité à fédérer est tout aussi essentielle pour créer une dynamique collective, car la performance repose toujours sur l’engagement des personnes. Enfin, l’agilité est devenue indispensable dans un environnement économique qui évolue très rapidement et qui demande de savoir s’adapter en permanence.
J’accorde également beaucoup d’importance à la transmission et au développement des talents, notamment avec des équipes souvent très jeunes. Les accompagner dans leur progression et valoriser leur potentiel fait aussi partie, selon moi, de la responsabilité d’un leader.
En quoi la ville de Casablanca offre‑t‑elle aujourd’hui des opportunités intéressantes pour les femmes ambitieuses dans le secteur ?
Je suis née et j’ai grandi à Casablanca, et j’ai pu constater au fil des années une transformation impressionnante. La ville n’est plus seulement le cœur économique du pays : elle s’ouvre désormais au monde entier, se modernise et tend à ressembler aux grandes capitales internationales, avec des infrastructures, des projets et des opportunités de plus en plus attractifs.
Pour les femmes ambitieuses, cela signifie des perspectives concrètes dans des secteurs dynamiques comme la finance, les services, l’hôtellerie ou l’entrepreneuriat. Sur le plan hôtelier, de nombreux projets sont prévus d’ici 2030, renforçant l’offre touristique et commerciale et créant des opportunités professionnelles variées. Ces ouvertures, souvent portées par des chaînes internationales, modernisent la ville et contribuent à son rayonnement mondial.
Cette évolution permet aux femmes de prendre des responsabilités, de se développer professionnellement et de participer activement à la transformation économique et sociale de Casablanca, tout en s’inscrivant dans une dynamique ouverte sur le monde.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui souhaitent évoluer dans le monde de l’entreprise ?
Je leur dirais de croire en leur potentiel, de continuer à se former, de s’entourer de personnes inspirantes et de rester fidèles à leurs valeurs. Je leur conseille aussi de voyager, pour nourrir la créativité et ouvrir de nouvelles perspectives. Enfin, prendre du temps pour se reposer lorsqu’on se sent dépassée n’est pas une faiblesse, mais une parenthèse nécessaire. Pour ma part, mon hypersensibilité fait partie de qui je suis, et j’ai appris à la transformer en force dans mon parcours professionnel.