Mariage : pourquoi se dit-on « oui » ?

“L’amour c’est de la physique, le mariage c’est de la chimie”, disait Alexandre Dumas. Notre dossier (en quatre volets) décortique les différents aspects de cette recherche du conjoint parfait, du prisme de la tradition et de l'égalité matrimoniale.

En 1986, le sociologue Mostafa Aboumalek avait réalisé la première enquête sur le mariage auprès de 1 400 habitants du Grand Casablanca. Les résultats ont révélé alors l’ascendant des parents dans la formation du couple. Les sondés ont également classé par ordre d’importance les critères mis en avant dans le choix du conjoint. En haut de la liste arrive le critère moral. L’une comme l’autre recherchent le ould et bent nass. Ce terme, assez vaste, englobe le respect des traditions, des mœurs irréprochables, la virginité pour les femmes et un certain conservatisme. Ensuite, c’est le critère physique qui est mis en avant par les hommes tandis que les femmes insistent sur le côté matériel. Dans ce profil type, l’épouse idéale devait être de bonne famille et jolie. Également de bonne famille, le futur époux se doit d’être plutôt aisé. Quelques décennies plus tard, le choix se porte toujours sur “le conjoint qui convient”, le fameux ould et bent nass.

Aujourd’hui, comme hier, mais à des degrés divers, la famille est fortement présente, car c’est elle qui entérine le choix du conjoint. “Les raisons pour lesquelles on se mariait avant ne sont plus les mêmes que celles d’aujourd’hui. Par le passé, les familles mariaient les enfants, aujourd’hui, ces derniers choisissent seul leur conjoint”, précise le professeur Jamal Khalil. Dans ce schéma, il va sans dire qu’on se marie par affinités sociales, intellectuelles et culturelles entre gens de mêmes milieux. “L’argent sépare, et combien même on voudrait se mettre ensemble, culturellement, il y aura un gouffre…” précise le professeur Jamal Khalil.

En fait, le choix du partenaire de vie n’est jamais innocent. On se dit “oui” pour plusieurs raisons. Pour faire comme les parents et marquer son appartenance au clan, mais aussi pour accéder à plus d’avantages en unissant son destin à celui d’une personne d’un niveau socio-économique égal ou supérieur. Pour les femmes issues des milieux les moins favorisées, la sécurité pécuniaire prime dans le choix du conjoint. Ce qui fait dire au psychosociologue Mohssine Benzakour, “l’amour reste un élément secondaire dans le processus du mariage. La raison et les considérations socio-économiques le devancent.” En somme, quelles que soient nos motivations, nous nous marions pour aimer, pour réaliser l’unité, fonder une famille et assurer notre continuité à travers nos enfants.

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