Équipements publics : Casablanca redessine son espace urbain

Casablanca ne cesse de se réinventer. Depuis quelques années, plusieurs chantiers ont été lancés afin d’améliorer la qualité de vie de ses habitants, mais aussi de la positionner comme une destination touristique. De nombreuses initiatives ont ainsi été mises en place, à commencer par la remise à niveau de certains équipements publics de la métropole.

Dans toute stratégie de développement urbain, la qualité des équipements publics constitue un levier central. Ces infrastructures façonnent directement le quotidien des citoyens et participent à l’image globale d’une ville, souvent jugée à l’aune de ses aménagements.Les équipements publics désignent l’ensemble des infrastructures et services mis à la disposition de la population par les collectivités afin de répondre à des besoins essentiels. Ils englobent notamment les établissements scolaires, les structures de santé, les transports en commun, les équipements sportifs, ainsi que les dispositifs d’assainissement et de gestion des déchets.

À ce titre, la capitale économique a connu ces dernières années une transformation notable. Qu’il s’agisse des routes, de l’éclairage public, des espaces verts, des toilettes publiques, des déchetteries ou encore des pénétrantes, plusieurs chantiers ont été engagés, traduisant une volonté d’améliorer concrètement le cadre de vie urbain. Dans cette dynamique de modernisation, plusieurs projets structurants ont été déployés afin de renforcer et de requalifier les équipements publics à l’échelle de la ville. Parmi ceux-ci, de grands travaux d’infrastructures sont menés par Casa Aménagement, notamment pour la refonte des principales artères. “Les travaux ont concerné un à deux grands boulevards dans chacun des 16 arrondissements (et pas uniquement les boulevards d’Anfa, Zerktouni ou Massira). Ces interventions incluent l’installation de bancs sur les trottoirs, l’aménagement des chaussées et la mise en place de lampadaires de nouvelle génération”, annonce Moulay Ahmed Afilal, vice-président de la commune de Casablanca.

De surcroît, un effort particulier a été fait pour l’accessibilité. Les chaussées et les trottoirs sont en cours d’adaptation, et plusieurs plages ont été équipées pour accueillir les personnes à mobilité réduite. “C’est le cas de la plage de Lalla Meryem, de Madame Choual, ainsi que de la plage Saâda à Aïn Sebaâ”, dixit Afilal. De son côté, la cheffe du service communication à Casablanca Baïa, Soukaina Faris, indique que l’accessibilité n’est plus considérée comme un “plus”, mais comme un prérequis. “Sous la direction de Mme la Maire, Nabila Rmili, la Commune a posé un principe très clair : chaque nouvel espace public aménagé doit être pensé dans une logique d’accessibilité universelle”, explique-t-elle. Concrètement, dans les parcs, espaces verts et toilettes publiques dont Casablanca Baïa a la charge, l’accent est mis sur une accessibilité complète, sans obstacles physiques, visuels ou sensoriels, sur l’ensemble des zones. “Les cheminements sont continus et suffisamment larges, les revêtements adaptés aux fauteuils roulants, poussettes et personnes âgées, et les ruptures de niveau sont limitées au maximum”, souligne Faris.  Des rampes pour personnes à mobilité réduite sont systématiquement intégrées, avec une pente ne dépassant pas 4 %, afin de permettre l’accès aux toilettes publiques et de franchir les différences de niveau au sein des parcs. “Dans les nouveaux aménagements, comme au parc Achabab, l’accessibilité est pensée dès la phase de conception, ce qui permet d’intégrer dès le départ les besoins des personnes à mobilité réduite, des parents avec enfants en bas âge et des seniors, sans avoir à corriger après coup”, poursuit Faris. 

Des blocs sanitaires “nouvelle génération”

Grâce aux efforts déployés par la commune et Casablanca Baïa, un premier marché dédié aux sanitaires publics a été lancé, prévoyant l’installation de blocs “nouvelle génération” dans le cadre d’une phase initiale. La Commune de Casablanca propose une carte interactive en ligne permettant de repérer facilement les toilettes publiques gratuites de la ville. Accessible sur le portail officiel casablancacity.ma, cet outil indique en temps réel la localisation d’une quarantaine d’installations réparties dans des points stratégiques. Ces sanitaires, progressivement installés au cours des derniers mois, répondent à des standards techniques précis et sont ouverts au public de 8h à 20h en saison normale, et jusqu’à 22h en été. Conçues pour s’autofinancer, ces installations reposent sur le lancement de marchés publicitaires autour des blocs. “Ces infrastructures ne sont pas limitées au centre-ville ou aux quartiers comme Anfa ou le Maârif, mais sont réparties équitablement à travers les 16 arrondissements de la ville, incluant Hay Mohammadi, Aïn Sebaâ, Sidi Moumen, Aïn Chock ou encore Hay Hassani”, affirme Moulay Ahmed Afilal, vice-président de la commune de Casablanca. “L’objectif est d’assurer une réelle justice spatiale”, ajoute-t-il. 

Pour contrer les actes de vandalisme (comme le vol de vasques) observés au départ, une campagne de sensibilisation a été lancée “pour rappeler aux citoyens que ces biens leur appartiennent”, insiste Afilal.  Côté sécurité et maintenance, des gardiens sont présents 24h/24 avec l’appui de caméras, et des femmes de ménage se relaient sur deux shifts quotidiens pour garantir l’hygiène et la disponibilité des consommables (savon, papier).  Le budget initial mobilisé pour cette première phase avoisine les 20 millions de dirhams. Il est prévu d’ajouter entre 40 et 60 nouveaux blocs sanitaires chaque année pour couvrir toute la ville”, nous confie Afilal. 

Une couverture globale

 Dans un premier temps, la commune, par l’intermédiaire de Casa Aménagement, avait mis en place des toilettes classiques en dur, construites en ciment, dont l’exploitation a débuté en 2021. La stratégie s’est ensuite orientée vers la réalisation de blocs modulaires. “Ces derniers présentent des avantages majeurs, ils occupent moins d’espace, ne nécessitent pas d’autorisations de construction de la part de l’Agence urbaine, et offrent une grande flexibilité puisqu’ils peuvent être facilement déplacés vers un autre site en cas de réaménagement urbain”, explique Ayoub Hilal, chef de service de la gestion des toilettes publiques et de la réutilisation des eaux non conventionnelles à Casablanca Baïa. À ce jour, environ 80 blocs sanitaires ont été réalisés. Ils assurent une couverture globale de la ville, desservant les 8 préfectures et les 16 arrondissements de Casablanca. “Ces structures compactes occupent une emprise au sol de seulement 21 à 25 mètres carrés, sans nécessiter de fondations. Leur esthétique a été particulièrement soignée pour s’intégrer à l’identité visuelle de la ville, en reprenant notamment les motifs des carreaux des stations de tramway”, précise Hilal. 

Bien qu’elles ne disposent pas d’un système d’auto-lavage complet comme celles déployées dans d’autres villes, ces installations introduisent une nouvelle génération de sanitaires à Casablanca. Elles sont équipées de caméras de sécurité, de groupes surpresseurs pour le lavage, de détecteurs d’incendie, ainsi que de panneaux d’affichage pouvant servir à la publicité. La fabrication et l’installation se font uniquement en fonction des manques constatés. Les autorités définissent d’abord leurs besoins, puis les lieux prioritaires et les plus fréquentés sont ciblés. Chaque emplacement doit respecter plusieurs critères indispensables. 

Il est d’abord question de garantir la sécurité des citoyens usagers ainsi que celle de l’agent d’entretien. Ensuite, les toilettes doivent être raccordables et situées à proximité immédiate des trois réseaux essentiels: assainissement, eau potable et électricité”, souligne Ayoub Hilal.  En ce qui concerne d’autres volets, comme la maintenance, celle-ci n’est pas gérée en interne par le service. “L’entretien courant, qui comprend le nettoyage régulier et la fourniture quotidienne de consommables, est externalisé dans le cadre d’un marché public. C’est actuellement l’entreprise Axial Facilities, filiale du Groupe ARMA, qui en est titulaire”, déclare Hilal. Depuis le déploiement des blocs sanitaires, plusieurs problèmes récurrents ont été résolus, nous confirme Soukaina Faris. Il s’agit notamment d’une forte diminution du phénomène observé autrefois sur certaines places de taxis, considérées comme des “points noirs”, où des personnes étaient contraintes d’uriner dans l’espace public.

Créer une adhésion citoyenne 

À Casablanca, la gestion des déchets reposait jusqu’à récemment sur la décharge publique de Médiouna, dont les effets sur l’environnement et les populations riveraines, tels que nuisances olfactives, émissions de biogaz et lixiviats, se faisaient de plus en plus ressentir. Pour y répondre, la commune prévoit la création d’un centre de tri et d’incinération. “Ce projet phare, situé au niveau de la décharge, permettra d’incinérer les déchets (Casablanca produit entre 4.000 et 4.700 tonnes de déchets ménagers par jour, un pic atteint pendant le mois de Ramadan). Ce centre générera l’équivalent de 20 à 25 % de l’électricité nécessaire à l’éclairage public de la ville”, affirme le vice-président de la commune de Casablanca. 

La commune travaille également sur le concept d’une “ville alimentaire”, qui concerne la délocalisation en dehors de Casablanca du marché de gros, du marché aux poissons et des abattoirs. Dans la continuité de cette démarche, le Marché Central, patrimoine historique de la métropole, sera réhabilité pour devenir un espace moderne de type “Mercado”, à l’image de ce qui se fait dans des villes espagnoles comme Madrid ou Barcelone.

En matière d’aménagement des entrées de ville, les sept pénétrantes de Casablanca ont été presque entièrement refaites. “Ces aménagements ont été réalisés en partenariat avec la Région, le Ministère de l’Intérieur et le Ministère de l’Équipement. Ils concernent l’axe de Dar Bouazza (avec ses trémies), Médiouna, Hay Hassani (de Nassim à Azbane), l’axe de Rabat et Tit Mellil”, rapporte Moulay Ahmed Afilal.

Les fontaines ne sont plus considérées uniquement comme des éléments décoratifs, mais comme une composante de l’identité de Casablanca. Casa Baïa travaille ainsi à la remise à niveau technique de plusieurs fontaines existantes et à une meilleure gestion de l’eau, notamment par la réutilisation et la mise en place de circuits fermés lorsque cela est possible, ainsi qu’à l’intégration de ces éléments d’eau dans des parcours de promenade, en particulier dans les grands parcs, détaille Soukaina Faris. Selon elle, ces projets s’inscrivent dans une trajectoire claire : faire de Casablanca une ville offrant un cadre de vie apaisé, vert et inclusif à ses habitantes et habitants. “Notre rôle est de rendre ces transformations visibles et de créer une adhésion citoyenne autour de cette nouvelle culture de l’espace public”, souligne Soukaina Faris.

Casablanca n’est pas uniquement la toile de fond d’une romance cinématographique inoubliable. Forte d’un héritage architectural riche et pluriel, la
Casablanca évolue sans cesse, portée par un marché immobilier dynamique. Du centre historique aux nouveaux quartiers, la ville se transforme.
Piperade légèrement pimentée, purée de légumes racine, émulsion de Bouillabaisse.
Casablanca ne cesse de se réinventer. Depuis quelques années, plusieurs chantiers ont été lancés afin d’améliorer la qualité de vie