On pourrait penser que vivre dans un pays baigné de soleil protège naturellement contre les carences en vitamine D. Dans les faits, c’est loin d’être systématique. De nombreuses études menées dans des régions très ensoleillées, notamment en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, montrent que les déficits en vitamine D y sont fréquents, parfois même plus que dans certains pays européens.
La raison est simple: la vitamine D ne dépend pas uniquement de la présence du soleil, mais de la manière dont on s’y expose.
Une vitamine produite… mais sous conditions
La vitamine D est synthétisée par la peau sous l’effet des rayons UVB. Mais pour que ce mécanisme fonctionne, plusieurs facteurs entrent en jeu: l’heure d’exposition, la surface de peau exposée, la durée, la saison, mais aussi la couleur de peau.Une exposition courte, tôt le matin ou en fin de journée, par exemple, ne permet pas toujours une production suffisante. De même, rester à l’ombre ou derrière une vitre réduit fortement l’effet des UVB.
Aujourd’hui, une grande partie de la population passe l’essentiel de son temps en intérieur: bureau, voiture, centres commerciaux… Même dans une ville très ensoleillée, l’exposition réelle au soleil peut donc être faible.À cela s’ajoute l’usage légitime de la protection solaire. Si elle est indispensable pour prévenir les effets nocifs des UV, elle peut aussi, lorsqu’elle est très élevée et appliquée en continu, réduire la synthèse de vitamine D.
Le rôle de la peau et des habitudes
La mélanine, plus présente dans les peaux mates et foncées, agit comme une protection naturelle contre les UV. Résultat: la production de vitamine D peut être plus lente et nécessiter une exposition un peu plus longue. Certaines habitudes vestimentaires couvrantes, pour des raisons culturelles ou personnelles, peuvent également limiter la surface de peau exposée au soleil, et donc la synthèse de vitamine D.
Contrairement à d’autres vitamines, la vitamine D est peu présente dans l’alimentation. On la retrouve principalement dans les poissons gras (saumon, sardine, maquereau), le jaune d’œuf ou certains produits enrichis. Mais ces apports restent généralement insuffisants pour couvrir les besoins quotidiens, ce qui rend l’exposition solaire encore plus déterminante.
Quels sont les signes d’un manque?
La carence en vitamine D est souvent silencieuse. Mais certains signes peuvent alerter: fatigue persistante, douleurs musculaires, fragilité osseuse, baisse de tonus ou sensation de faiblesse générale.Sur le long terme, un déficit peut favoriser des problèmes osseux, notamment chez les femmes, avec un risque accru d’ostéoporose.
Faut-il se supplémenter?
La question de la supplémentation dépend de chaque profil. Femmes enceintes, personnes âgées, personnes peu exposées au soleil ou présentant des facteurs de risque peuvent être concernées.Dans tous les cas, un dosage sanguin permet de faire le point et d’adapter, si nécessaire, une supplémentation encadrée par un professionnel de santé.
Trouver le bon équilibre
L’enjeu n’est pas de s’exposer sans protection, mais de trouver un juste milieu. Quelques minutes d’exposition quotidienne, aux heures les moins agressives, peuvent suffire dans certains cas à stimuler la production naturelle.
L’idée n’est donc pas de choisir entre soleil et protection, mais d’adopter des habitudes plus éclairées. Car même sous un ciel généreux, la vitamine D reste, elle, loin d’être acquise.