La Semaine africaine à l’UNESCO, pensée comme un rendez-vous de dialogue, de coopération et de célébration des cultures du continent, a été marquée par de vives tensions. Dans un communiqué publié jeudi 21 mai 2026 à Paris, la Délégation permanente du Royaume du Maroc auprès de l’UNESCO a dénoncé des « agissements inacceptables » survenus la veille, lors d’événements culturels organisés au sein de l’Organisation.
Selon la Délégation marocaine, ces agissements auraient été commis par des personnes se revendiquant de la délégation algérienne et auraient visé des représentants de la société civile marocaine venus contribuer à la mise en valeur du patrimoine, de la culture et de l’identité marocaines. Le communiqué évoque des insultes à leur encontre, dans un cadre pourtant consacré à la rencontre entre les peuples et à la valorisation de la diversité culturelle africaine.
Un patrimoine reconnu, une légitimité réaffirmée
Pour la Délégation permanente du Royaume du Maroc auprès de l’UNESCO, ces incidents s’inscrivent dans un climat devenu récurrent depuis l’inscription du Caftan marocain sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, le 10 décembre 2025 à New Delhi. Le communiqué estime que ces comportements traduisent une hostilité persistante envers le Maroc, son histoire plurielle et son rayonnement culturel.
Face à ces tensions, le Maroc rappelle que son patrimoine est « solidement documenté, historiquement établi et largement reconnu » par les instances internationales compétentes, notamment l’UNESCO. Une précision importante, alors que les débats autour du patrimoine immatériel donnent régulièrement lieu à des tentatives de récupération ou de contestation. Pour la Délégation marocaine, ces manœuvres ne sauraient altérer les faits historiques ni remettre en cause l’attachement profond des Marocains à leur héritage ancestral.
Le caftan marocain, symbole d’un héritage vivant
Au cœur de cette crispation, le caftan marocain apparaît comme bien plus qu’un vêtement d’apparat. Il incarne un savoir-faire transmis, une mémoire artisanale et une esthétique façonnée par des siècles d’histoire. Son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité a consacré une tradition profondément ancrée dans l’identité marocaine, portée par les artisans, les créateurs, les brodeurs, les maalems et les femmes qui continuent de faire vivre ce patrimoine.
C’est précisément cette reconnaissance internationale que le Maroc entend défendre. Dans son communiqué, la Délégation marocaine rejette toute tentative de falsification ou d’instrumentalisation historique, rappelant que la valorisation du patrimoine ne peut se faire au détriment de l’authenticité, de la transmission et du respect des faits.
Préserver ses espaces de dialogue
La Délégation marocaine condamne également ce qu’elle considère comme une volonté de détourner des espaces culturels de leur vocation première. Pour le Maroc, les enceintes de l’UNESCO doivent demeurer des lieux de dialogue, de coopération et de rapprochement entre les peuples, et non devenir le théâtre de tensions politiques ou de polémiques stériles.
Le communiqué dénonce ainsi des agissements contraires aux valeurs de l’Organisation, dont la mission repose sur la promotion de la paix, de la culture, du respect mutuel et de la coopération internationale. La Délégation permanente du Royaume du Maroc auprès de l’UNESCO appelle, à ce titre, l’Organisation à faire respecter ses principes en matière d’éthique et d’intégrité culturelle.
Sérénité et de responsabilité
Tout en condamnant fermement ces incidents, le Maroc réaffirme son engagement en faveur de la préservation, de la valorisation et de la transmission du patrimoine africain et universel, dans toute sa diversité. Le Royaume dit vouloir poursuivre son action avec ses partenaires africains et internationaux afin de promouvoir une coopération culturelle fondée sur le respect mutuel, l’authenticité, la paix et la coexistence.
À travers cette prise de position, le Maroc défend non seulement la légitimité de son patrimoine, mais aussi une certaine idée de la culture : celle d’un héritage vivant, documenté, partagé et transmis, qui ne peut être réduit à des tensions politiques. Dans ce contexte, le message adressé à l’UNESCO est clair : protéger le patrimoine, c’est aussi préserver la vérité historique et l’intégrité des espaces qui lui sont consacrés.