Ramadan : le jeûne transforme-t-il vraiment notre métabolisme ?

Chaque année, le Ramadan bouleverse nos rythmes : on inverse les horaires, on modifie les repas, on dort autrement. Mais derrière l’expérience spirituelle, que se passe-t-il réellement dans le corps ? Le jeûne change-t-il vraiment notre métabolisme ou est-ce un mythe moderne habillé de science ?

À première vue, l’équation semble simple : ne pas manger ni boire pendant de longues heures devrait forcément faire fondre les kilos et « nettoyer » l’organisme. La réalité scientifique est plus nuancée. Le métabolisme, cet ensemble de réactions chimiques qui permet à notre corps de produire de l’énergie, de réguler la glycémie et de stocker les graisses, est sensible au rythme alimentaire. Lorsque l’on jeûne du lever au coucher du soleil pendant un mois, le corps doit s’adapter. Et il le fait.

Une perte de poids… mais modérée

Plusieurs revues scientifiques consacrées au jeûne du Ramadan montrent une perte de poids moyenne d’environ 1 à 2 kilos au cours du mois, surtout chez les personnes en surpoids. Mais cette diminution reste généralement modeste et, surtout, souvent temporaire. Quelques semaines après la fin du Ramadan, le poids tend à revenir à son niveau initial.

Autrement dit : le Ramadan n’est pas un programme minceur. Il peut entraîner une baisse transitoire de la masse grasse, mais il ne transforme pas radicalement la silhouette sur le long terme.

Un corps qui s’adapte

Sur le plan métabolique, le jeûne modifie la manière dont le corps utilise l’énergie. En l’absence d’apport alimentaire pendant la journée, l’organisme puise d’abord dans les réserves de glycogène, puis mobilise davantage les graisses.

Certaines études observent une amélioration de la sensibilité à l’insuline chez des adultes en bonne santé, ce qui signifie que le corps gère parfois mieux le sucre sanguin pendant cette période. D’autres recherches, en revanche, montrent des effets variables selon l’alimentation adoptée au moment de l’iftar et du shour. Un repas riche en sucres rapides et en excès calorique peut neutraliser les bénéfices métaboliques du jeûne. Le corps s’adapte, mais il ne fait pas de miracles.

Des travaux scientifiques ont également mesuré les variations du cholestérol et des triglycérides pendant le Ramadan. Certaines études indiquent une légère amélioration du profil lipidique (baisse du LDL, hausse modérée du HDL) tandis que d’autres ne constatent pas de changement significatif. Là encore, tout dépend du mode de vie : qualité des repas, niveau d’activité physique, durée du sommeil.

Sommeil et rythme

On oublie souvent que le Ramadan ne modifie pas seulement l’alimentation. Les horaires décalés, les nuits plus courtes et les réveils précoces influencent eux aussi le métabolisme. Le manque de sommeil peut, à lui seul, perturber la régulation hormonale et la gestion de l’appétit.

Le jeûne agit donc dans un contexte global : alimentation, hydratation nocturne, activité physique et qualité du repos.

Une transformation du métabolisme ?

Oui, le corps s’adapte. Oui, il modifie sa façon d’utiliser l’énergie. Oui, certains paramètres biologiques peuvent évoluer pendant le mois.

Mais ces transformations sont généralement modérées et, pour beaucoup, réversibles. Le Ramadan n’est ni une cure détox miracle, ni une révolution métabolique durable. C’est un ajustement physiologique temporaire, dont les effets dépendent largement de la manière dont on vit ce mois.

Au fond, la science le confirme : le jeûne du Ramadan agit sur le métabolisme. Mais c’est notre assiette, notre sommeil et notre hygiène de vie qui déterminent l’ampleur réelle de ces changements.

Si tu veux, on peut ajouter un encadré “Ce que recommandent les experts santé pendant le Ramadan” ou intégrer des chiffres précis issus de méta-analyses pour renforcer encore la crédibilité scientifique.

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