La fast fashion représente un modèle de production ultra-rapide et à faible coût. Elle copie les tendances et propose des vêtements très bon marché, souvent produits en masse. Sa rapidité de production pousse à un renouvellement constant des collections parfois même à un rythme hebdomadaires.
Là où une marque traditionnelle sortait 2 collections par an, la fast fashion peut en proposer jusqu’à 50 par an. Ce modèle repose aussi sur un bas revenus pour les ateliers de fabrication qui se situent au niveau des pays en développement.
Résultat, le vêtement devient éphémère, très peu porté, ce qui favorise l’achat impulsif et jetable, et pousse à la surconsommation de vêtements “jetables”.
Le prix très bas de ces vêtement est à imputer au choix de matières synthétiques (polyester, viscose), à une qualité de fabrication minimale et une main-d’œuvre sous payée.
Une mode au détriment de la planète
L’industrie textile est l’une des plus polluantes au monde, représentant près de 10 % des émissions mondiales de CO₂ , donc plus que l’aviation internationale et le transport maritime réunis.
Produire une pièce par exemple un t-shirt nécessite plusieurs milliers de litres d’eau. Tandis que le teintage et les produits chimiques polluent les rivières dont lesquelles ils sont rejetés.
D’autre part, les lavages des vêtements synthétiques sont la cause des microfibres plastiques qui se trouvent dans les océans puis dans notre alimentation.
D’après l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), le secteur textile serait à l’origine de 4 à 8 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales ; une part qui pourrait monter jusqu’à 26% en 2050 si les tendances actuelles de consommation se poursuivent.
La fast fashion dépend aussi d’un phénomène émotionnel. Elle pousse à l’achat impulsif afin de suivre les tendances, se récompenser ou par peur de rater quelque chose (Fear of Missing Out, FOMO).
Les prix bas déculpabilisent l’achat impulsif mais créent un sentiment de frustration, de non-satisfaction et d’impression de « n’avoir rien à mettre ».
Quant au transport, s’il est uniquement par camions ou par voie maritime, son pourcentage de carbone reste faible par rapport à celui de la production des matières premières et de la transformation.
Mais dernièrement, s’est expansé le recours au transport aérien de plus en plus comme le font les grandes marques de fast fashion qui augmente les émissions du CO₂ ayant un pourcentage environ 14 fois plus élevé que celles d’un article transporté par voie maritime.
La mode durable: solution réelle ou simple tendance ?
La mode durable est apparue afin de répondre aux conséquences négatifs de la fast fashion. Elle utilise des matières écologiques (biologiques ou recyclées), encouragent les collections plus durables et réclament la transparence des conditions de travail et de production. De plus, sa vitesse de production est plus longue et réfléchie.
Le marché de la mode durable est en forte croissance, avec des labels, initiatives et consommateurs de plus en plus attentifs à l’impact social et environnemental.
Une majorité de ceux qui ont recours à la mode durable en font de la durabilité un critère d’achat même si la compréhension des pratiques durables reste parfois limitée.
Le mieux est de consommer beaucoup moins et de seconde main. Faire un achat par besoin est beaucoup mieux que par simple envie impulsive. Il faut se poser la question « En ai-je vraiment besoin? ».
Par ailleurst, il faut privilégier les marques de vêtements plus durables même s’ils sont plus chers que les prix beaucoup plus bas de la fast fashion. Ces prix ne sont bas que parce qu’ils cachent souvent des produits de mauvaise qualité.
Ainsi, s’emparer du vocabulaire écologique (fibres recyclées, collections durables…) ne signifie pas vraiment une transformation profonde du modèle économique. Ce phénomène, appelé « greenwashing », peut tromper le consommateur sur l’impact réel des produits.
Par Amal Hdaddou (stagiaire)


