Fashion Week de Paris : Dior et Saint Laurent, deux visions du printemps-été 2027

À Paris, la saison printemps-été 2027 s’écrit entre poésie, désinvolture et glamour absolu. Chez Dior, Jonathan Anderson poursuit son exploration d’un vestiaire féminin plus libre et instinctif. Chez Saint Laurent, Anthony Vaccarello signe une collection spectaculaire placée sous le règne de l’or. Deux maisons, deux langages, mais une même envie : redéfinir l’allure contemporaine.  

La deuxième journée de la Fashion Week de Paris aura offert un véritable contraste de styles. Dans les jardins des Tuileries, Dior imagine une femme presque irréelle, prise dans une brume légère et des silhouettes qui semblent flotter. Quelques heures plus tard, au Trocadéro, Saint Laurent embrase Paris de lumière dorée. Deux défilés qui racontent, chacun à leur manière, ce que pourrait être la féminité de l’été 2027.

 

Dior : la poésie du désordre

Pour son défilé printemps-été 2027, Jonathan Anderson réinvestit le bassin octogonal des Tuileries. Brume artificielle, arbres et végétation composent un décor presque onirique, tandis que 65 silhouettes traversent le jardin dans une atmosphère suspendue. Le point de départ est aussi mystérieux que poétique : deux petites noix de wenwan, glissées dans les invitations. Pour Jonathan Anderson, ces objets naturels évoquent la connaissance, la préciosité et la relation entre l’homme et la nature. Cette idée se traduit dans toute la collection par une approche organique, irrégulière et volontairement imparfaite.  Chez Dior, les codes historiques de la maison sont là, mais débarrassés de leur rigidité. La veste Bar, élément fondateur du vocabulaire Dior, apparaît dans des versions plus souples et aériennes. Le tailoring perd de sa structure, les chemises sont portées ouvertes ou négligemment boutonnées, tandis que les dessous deviennent parfois visibles. L’allure semble avoir été saisie dans un moment de liberté plutôt que soigneusement composée.  La minijupe reste l’un des marqueurs forts de cette nouvelle grammaire Dior. Elle se décline en plis, transparences et imprimés, tandis que les pantalons métallisés, notamment argentés et dorés, apportent une touche presque futuriste à des silhouettes par ailleurs romantiques.Les couleurs jouent également sur les contrastes : blanc éclatant, bleu glacier, rose poudré ou jaune beurre côtoient des tonalités plus neutres. Les fleurs, les franges, les plissés et les effets de transparence donnent aux vêtements une sensation de mouvement permanent. Même les accessoires prolongent cette idée de nature en mouvement. De spectaculaires boucles d’oreilles prennent la forme de bouquets de fleurs et viennent encadrer des coiffures volontairement décoiffées. Le mythique Saddle Bag fait également son retour dans cette nouvelle vision de Dior. Le résultat ? Un Dior moins corseté, plus instinctif, où le luxe ne disparaît jamais mais semble désormais préférer le geste spontané à la perfection absolue.

 

Saint Laurent : l’âge d’or selon Anthony Vaccarello

À quelques kilomètres de là, le décor change radicalement. Pour Saint Laurent, Anthony Vaccarello choisit le Trocadéro et transforme Paris en théâtre nocturne. La Tour Eiffel s’illumine de doré tandis que trois immenses lustres éclairent le podium. La couleur dominante est annoncée dès les premières silhouettes :Or métallisé, brocart, robes fluides, vestes aux épaules affirmées, trenchs et pantalons composent une collection où le glamour reprend pleinement ses droits. Vaccarello puise dans l’histoire de la maison et notamment dans les obsessions d’Yves Saint Laurent pour cette couleur solaire.La palette dorée se décline dans une multitude de nuances, du jaune presque 24 carats aux tons plus ambrés et anciens. Les matières réfléchissent la lumière et donnent aux silhouettes une dimension presque sculpturale. Les robes du soir jouent avec la transparence et les volumes, tandis que les vestes courtes et les pantalons en brocart réaffirment le goût de Vaccarello pour une féminité puissante et sophistiquée.Et puis vient le noir.Après une succession de silhouettes dorées, Saint Laurent clôt le défilé avec de longues robes noires aux manches amples et aux traînes spectaculaires. Un choix hautement symbolique qui inverse le rapport traditionnel entre les deux couleurs et donne au final une intensité presque théâtrale au spectacle. La bande-son et la mise en scène renforcent cette impression de grand final. Charlotte Gainsbourg apparaît pour interpréter un morceau après le défilé, avant qu’Anthony Vaccarello ne vienne saluer sous les applaudissements. Cette collection revêt par ailleurs une dimension particulière : elle marque les dix ans d’Anthony Vaccarello à la tête de Saint Laurent. Son éventuel départ a fait l’objet de nombreuses spéculations autour du défilé, mais aucune annonce officielle ne permet d’en faire une certitude.  Reuters+1

 

 Deux maisons, deux femmes

Dior et Saint Laurent proposent finalement deux réponses très différentes à une même question : comment habiller la femme de demain ?Chez Dior, Jonathan Anderson mise sur l’imperfection, le mouvement et la légèreté. La veste se défait, la chemise se relâche, la silhouette se raccourcit et les bijoux deviennent des compositions florales. Le luxe s’exprime dans le savoir-faire, mais l’attitude se veut spontanée.Chez Saint Laurent, Anthony Vaccarello choisit au contraire l’affirmation. Épaules structurées, talons vertigineux, robes du soir et matières dorées : ici, la mode assume son pouvoir de séduction et son caractère spectaculaire. L’une avance dans la brume des Tuileries, l’autre sous les lumières dorées de la Tour Eiffel. Dior rêve le printemps 2027 ; Saint Laurent le fait briller. Deux visions complémentaires d’une saison qui semble déjà annoncer le retour d’une mode plus expressive, où la personnalité compte autant que le vêtement.

 

 

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