Demain, quelle famille ?

Moins de naissances, conjuguées à l’allongement de la vie, signifient progressivement moins de jeunes.

Quelque chose est en train de changer dans la famille marocaine. Elle se resserre, se construit plus tard, compte moins d’enfants et semble obéir à de nouveaux arbitrages. Des évolutions qui, mises bout à bout, dessinent une transformation profonde de notre modèle familial et avec lui notre société.

 

L’un des marqueurs les plus significatifs de cette mutation est le recul de la fécondité. Au Maroc, le nombre moyen d’enfants par femme est passé de 2,5 en 2004 à 2,2 en 2014, puis à 1,97 en 2024. Pour la première fois, il se situe sous le seuil de renouvellement des générations.

Mais les raisons qui conduisent à avoir moins d’enfants, à les avoir plus tard ou parfois à ne pas en avoir sont loin d’être univoques. Contraintes économiques, logement, allongement des études, évolution de la place des femmes, transformations du couple, nouvelles aspirations individuelles, autre rapport à la parentalité, difficultés liées à la fertilité: où commence le choix et où commence la contrainte? Choisissons-nous réellement d’avoir moins d’enfants ou adaptons-nous nos désirs à ce que nos vies nous permettent ? Et nos aspirations n’ont-elles pas elles-mêmes changé, à mesure que grandissent les exigences associées à la parentalité ?

Il serait tentant d’y voir un phénomène essentiellement urbain. Pourtant, le nombre moyen d’enfants par femme en milieu rural est passé de 6,59 en 1982 à 2,37 en 2024. En un peu plus de quarante ans, il a été divisé par près de trois. Les aspirations et les modèles familiaux seraient-ils, eux aussi, en train de converger ?

Le Maroc est loin d’être seul face à ces interrogations. Le recul de la fécondité traverse une grande partie du monde et pose une question plus large : sommes-nous en train d’entrer dans une nouvelle ère démographique ?

Car la démographie travaille sur le temps long. Moins de naissances, conjuguées à l’allongement de la vie, signifient progressivement moins de jeunes et davantage de personnes âgées. Au Maroc, les 60 ans et plus représentaient 9,4 % de la population en 2014, mais 13,8 % en 2024. Derrière ces évolutions se profilent de nouveaux équilibres entre générations, de nouveaux enjeux de santé, de retraites, d’éducation, mais aussi une transformation des solidarités familiales.

La réflexion va plus loin. Que devient une société dont la population ne se renouvelle plus ? Après des siècles passés à gérer la croissance démographique, certains pays devront-ils apprendre à gérer leur contraction ? Qu’adviendra-t-il de leur dynamisme, de leurs territoires, de la transmission entre générations ? Et, à plus long terme, jusqu’où une fécondité durablement basse peut-elle transformer les sociétés humaines ?

Il ne s’agit ni de regretter un modèle familial révolu, ni d’en ériger un nouveau en idéal. Mais derrière les statistiques se dessinent peut-être une nouvelle manière de faire famille et une nouvelle étape de notre histoire démographique. Quelle place l’enfant occupe-t-il désormais dans nos projets de vie ? Et quelle société ces choix individuels sont-ils, peu à peu, en train de façonner ?

Moins de naissances, conjuguées à l’allongement de la vie, signifient progressivement moins de jeunes.
Les deux marques françaises nées en 1896 ont officialisé leur partenariat le 6 octobre au Pathé Californie de Casablanca. Au
Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, a reçu mercredi 14 octobre 2026, au Palais Royal à Rabat,
La première journée de la 17e édition du Salon du Cheval d’El Jadida a été marquée par plusieurs temps forts,