Organisée du 22 mars au 12 avril par l’Association Al Muniya de Marrakech, en partenariat avec plusieurs institutions, dont le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, le Conseil communal de Marrakech et le Conseil de la région Marrakech-Safi, la Zahria est portée par des femmes, gardiennes d’une tradition séculaire.
Ce rendez-vous ne célèbre pas seulement un parfum, mais aussi la richesse d’un patrimoine immatériel désormais inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel du monde islamique (ICESCO), une reconnaissance internationale majeure qui confirme la valeur historique et culturelle du moussem.
Cette distinction renforce l’ambition de l’Association Al Muniya, déjà agréée par l’UNESCO en tant qu’ONG experte, en vue d’un futur classement au patrimoine mondial de l’humanité.
L’un des temps forts de cette édition a été le colloque du 3 avril, consacré à la loi 33-22 promulguée en juin 2025, et organisé avec le collectif Maroc Mémoire, regroupant dix associations œuvrant pour la préservation du patrimoine national.
Ce nouveau cadre légal instaure, pour la première fois, une coordination institutionnelle obligatoire entre administrations, collectivités territoriales, société civile et secteur privé, alors qu’auparavant, la coopération reposait sur des accords ponctuels et non contraignants.
Autre nouveauté, le moussem sort des murs de la médina pour s’étendre à l’ensemble de la région. Au programme, des rencontres scientifiques et sensorielles avec Khalid Bitar, expert en parfum, et Valérie Ogé, olfactothérapeute à l’UM6P de Benguerir, ainsi que l’organisation de cérémonies de distillation à l’École supérieure de technologie de Kelaâ des Sraghna, en partenariat avec l’université Cadi Ayyad.
Une programmation riche sur 22 jours
Le moussem propose 22 jours d’activités variées : cérémonies de distillation dans des établissements scolaires et des lieux emblématiques de Marrakech (Les Jardins de la Médina, la place Jemaa el-Fna, le Musée Farid Belkahia), ateliers de tissage à la Maison culturelle du tapis sous la direction de Mireille Loopuyt, ainsi que des interludes musicaux, dont un concert de luth au Musée Farid Belkahia et des séances de samaa animées par l’ensemble Ibn Al Arif, sous la direction de Shaykh Idris Souabni.