Sahara marocain : Que change la fin du mandat de la MINURSO ?

La décision du Conseil de sécurité de l’ONU, le 30 octobre dernier, de ne pas reconduire le mandat de la MINURSO ouvre une nouvelle séquence dans le dossier du Sahara marocain. Le 4 novembre, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présidé une réunion de travail consacrée aux dispositions à prendre pour accompagner cette transition.

Cette évolution soulève plusieurs questions sur la gestion de la période post-MINURSO, le maintien de la sécurité dans les provinces du Sud et la place que pourraient désormais occuper les Nations unies dans le processus diplomatique. Pour Yacine Zihrane, commissaire judiciaire, cette nouvelle configuration implique une réorganisation sur le terrain, mais pourrait aussi ouvrir la voie à une évolution des discussions autour de l’initiative marocaine d’autonomie. 

« La mission des Nations unies avait pour objectif le maintien de la paix dans la région. Le dossier passe désormais à une étape axée sur l’exercice effectif de la souveraineté marocaine sur l’ensemble des provinces du Sud, sans laisser de vide sécuritaire ou institutionnel durant la période de transition », explique-t-il.

Sur le plan diplomatique, Yacine Zihrane estime que la non-reconduction du mandat de la MINURSO n’entraîne pas de conséquences particulières. Il rappelle, à ce titre, les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors d’un entretien accordé à 2M, au sujet de la position russe concernant le projet de résolution américain. « Le Maroc n’avait pas cherché à convaincre la Russie de revenir sur sa position, qui consistait à rejeter le projet de résolution américain et à exercer son droit de veto au Conseil de sécurité. Rabat avait connaissance à l’avance de l’orientation de Moscou », avait déclaré le chef de la diplomatie marocaine. 

La réunion royale pour préparer l’après-MINURSO

Dans le prolongement de cette décision, la réunion de travail présidée par le Roi Mohammed VI, le 4 novembre, a porté sur les dispositions à prendre afin d’assurer le bon déroulement de cette nouvelle phase. Le communiqué royal a notamment rappelé les priorités du Royaume, à savoir la préservation de son intégrité territoriale, de son unité nationale et de sa sécurité, ainsi que la quiétude des habitants des provinces du Sud.

Yacine Zihrane considère que cette réunion vise précisément à organiser la transition et à mettre en place les mécanismes nécessaires. « C’est désormais le Maroc qui assumera ces missions, et non plus la MINURSO. C’est dans cette perspective que le Royaume a pris l’initiative de réorganiser la gestion du dossier et de mettre en place les mécanismes nécessaires pour garantir le respect de ces priorités », affirme-t-il.

Il relève également la décision royale de confier au Bureau de coordination relevant du ministère de l’Intérieur les missions de coordination et d’accompagnement de l’opération de retrait de la mission onusienne. Une mesure destinée, selon lui, à garantir le bon déroulement de cette opération dans des conditions fluides et ordonnées. Il souligne par ailleurs que le communiqué réaffirme l’attachement du Maroc à ses engagements internationaux et à une doctrine diplomatique fondée sur la préservation de la paix, tout en veillant à la sauvegarde de sa souveraineté nationale.

Au-delà des enjeux immédiats liés au retrait de la MINURSO, cette nouvelle configuration pourrait modifier la nature de l’implication des Nations unies dans le dossier. Yacine Zihrane évoque une possible évolution d’un rôle opérationnel sur le terrain, axé sur la surveillance du cessez-le-feu, vers une intervention davantage politique et diplomatique.

Parmi les évolutions envisageables, il cite notamment une intensification de la médiation américaine, les États-Unis étant à l’origine du projet de résolution relatif à l’initiative d’autonomie, ainsi qu’une mobilisation accrue du Maroc au sein des instances onusiennes.

« Le Maroc cherche à tirer parti de cette nouvelle donne pour passer d’une phase de négociations portant sur des principes généraux à une étape de discussions consacrées aux modalités de mise en œuvre de l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine », conclut-il.

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