Le chiffre vient des projections de la Division de la population des Nations unies, publiées dans le rapport World Population Prospects. À l’horizon 2050, les 60 ans et plus devraient atteindre environ 2,1 milliards de personnes. Dans le même temps, la population mondiale des moins de 15 ans sera légèrement inférieure à ce niveau. Pour la première fois dans l’histoire, la pyramide des âges mondiale ne sera plus structurée autour de la jeunesse.
Ce renversement n’est pas soudain. Il est le résultat d’une double dynamique installée depuis plusieurs décennies : l’augmentation de l’espérance de vie et la baisse des taux de fécondité.
Une longévité en hausse
Au cours des cinquante dernières années, l’espérance de vie mondiale a progressé de manière significative grâce aux avancées médicales, à l’amélioration des conditions sanitaires et à la diminution de la mortalité infantile. Les Nations unies estiment qu’elle devrait encore augmenter dans les prochaines décennies, même si le rythme varie selon les régions.
Parallèlement, la fécondité baisse dans une grande partie du monde. De nombreux pays européens et asiatiques sont déjà confrontés à des taux inférieurs au seuil de renouvellement des générations. En Asie de l’Est, au Japon ou en Corée du Sud, la population vieillit à un rythme particulièrement rapide. L’Europe est également fortement concernée.
Face au vieillissement
Le vieillissement n’est cependant pas homogène. En Afrique subsaharienne, la population reste majoritairement jeune, portée par des taux de natalité plus élevés. À l’inverse, dans les pays à revenu élevé, la part des seniors est déjà importante et continue de progresser.
Cette hétérogénéité crée un contraste démographique mondial. Certains pays devront adapter leurs systèmes de retraite et de santé à une population âgée croissante, tandis que d’autres devront encore répondre aux besoins d’une jeunesse nombreuse.
L’équation complexe
Le vieillissement démographique ne se limite pas à une question statistique. Il modifie profondément l’équilibre économique. Moins d’actifs pour financer davantage de retraités, pression accrue sur les systèmes de santé, adaptation des infrastructures et des politiques sociales : les défis sont structurels.
Dans plusieurs pays, la question de l’âge légal de départ à la retraite est déjà au cœur du débat public. L’Organisation mondiale de la santé souligne également l’importance d’adapter les systèmes de soins à une population vieillissante, en développant la prévention et la prise en charge des maladies chroniques.
Une “silver economy” en expansion
Ce basculement démographique n’est pas uniquement un défi. Il représente aussi un marché en pleine expansion. Les plus de 60 ans constituent une population active, consommatrice, souvent plus autonome qu’auparavant. Tourisme, services à la personne, technologies de santé, immobilier adapté : la “silver economy” s’impose comme un levier économique stratégique.
La perception de la vieillesse elle-même évolue. Les seniors d’aujourd’hui ne correspondent plus à l’image d’inactivité d’autrefois. Ils voyagent, travaillent plus longtemps, investissent et participent pleinement à la vie sociale.
Un tournant déjà engagé
L’ONU ne parle pas d’un futur lointain, mais d’un processus déjà en cours. D’ici 2030, une personne sur six dans le monde aura plus de 60 ans. La transition est progressive, mais inéluctable.
En 2050, le monde sera plus âgé que jamais. Ce n’est ni une catastrophe annoncée ni une simple statistique. C’est une transformation profonde des équilibres humains, économiques et sociaux. Un changement d’époque qui oblige les États, les entreprises et les sociétés à repenser leur organisation autour d’une donnée nouvelle : la longévité devient la norme.