MIM 2026 : le Maroc ambitionne de renforcer sa souveraineté industrielle et de consolider sa position dans le textile mondial

Avec plus de 200 exposants issus de 25 pays, la 23e édition du Maroc in Mode (MIM 2026) place le textile marocain au cœur des ambitions industrielles du Royaume. Entre investissements, montée en gamme, partenariats internationaux et création d’emplois, ce rendez-vous entend accélérer la transformation du secteur et renforcer son positionnement sur les marchés mondiaux.

Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 23e édition du Salon International du Textile – Maroc in Mode (MIM 2026) a officiellement ouvert ses portes à la Foire Internationale de Casablanca. Organisé par l’Association Marocaine des Industries du Textile et de l’Habillement (AMITH), en partenariat avec CEMS Global, cet événement réunit plus de 200 exposants issus de 25 pays sur une superficie de 8 000 m². Une édition qui traduit les ambitions du Royaume de faire du textile un secteur plus intégré, innovant et compétitif. La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence de plusieurs responsables gouvernementaux et représentants du secteur, notamment Abderrahim Chahid, ministre de l’Emploi et du Dialogue social, Omar Hejira, ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Salah-Eddine Abkari, ministre délégué chargé de la Jeunesse, Abed Chagar, président du Groupe Maroc Industrie (CGEM), ainsi qu’Anas El Ansari, président de l’AMITH.

Le textile, un pilier stratégique de l’économie marocaine

À travers cette nouvelle édition, le MIM entend mettre en lumière le poids économique et social de l’industrie textile marocaine, tout en accompagnant sa transformation. Le secteur compte aujourd’hui plus de 1 700 entreprises, génère environ 240 000 emplois et réalise un chiffre d’affaires de 66 milliards de dirhams, dont 44 milliards à l’exportation.Pour Anas El Ansari, président de l’AMITH, ces chiffres témoignent du rôle stratégique du textile dans l’économie nationale, notamment en matière d’emploi, d’investissement et d’exportations. L’ambition est désormais de faire de cette industrie un véritable levier de souveraineté industrielle et de renforcer sa présence dans les chaînes de valeur régionales et internationales.Le volet social occupe également une place importante dans cette dynamique. Abderrahim Chahid a rappelé que le textile-habillement représente 24 % de l’emploi industriel national, avec une forte participation féminine, les femmes constituant 63 % des effectifs du secteur.Dans le cadre du programme gouvernemental 2026-2031, qui prévoit la création d’un million d’emplois nets, dont 250 000 dans l’industrie, plusieurs dispositifs sont annoncés pour accompagner le développement des compétences et favoriser l’insertion professionnelle. Il s’agit notamment du programme « Compétences 2030 », qui vise 500 000 formations, de l’initiative « Premier contrat de travail », destinée à accompagner 500 000 jeunes, ainsi que du « Passeport de mobilité professionnelle », qui prévoit 250 000 reconversions sur cinq ans.

Réduire la dépendance au modèle CMT et accélérer la montée en gamme

Au-delà de la création d’emplois, l’un des principaux défis de la filière reste la transformation de son modèle industriel. Omar Hejira a notamment souligné que le textile-habillement représente 10 % des exportations marocaines et fait vivre environ 250 000 personnes. Toutefois, 77 % des exportations du secteur reposent encore sur le modèle CMT (Cut, Make, Trim), tandis que 80 % des tissus et fils utilisés sont importés. Pour répondre à ces enjeux, un nouvel investissement de 2,3 milliards de dirhams est annoncé. Ce projet devrait permettre la création de 7 000 emplois et sera orienté à 80 % vers l’exportation. L’objectif est de faire évoluer progressivement le positionnement industriel du Maroc, en réduisant la dépendance au modèle CMT de 77 % actuellement à 50 %, puis à 40 % et 30 % dans les prochaines années.Cette orientation traduit une volonté de renforcer l’intégration locale, de développer la production nationale de matières premières et de favoriser la création de davantage de valeur ajoutée au sein de la filière.

Sept espaces thématiques pour valoriser l’ensemble de la filière

Avec plus de 200 exposants, 25 pays participants et sept espaces thématiques, le MIM 2026 se positionne comme une vitrine de l’ensemble de l’écosystème textile. Les espaces proposés couvrent notamment la confection, les marques marocaines, les tissus, les machines et l’innovation, les produits chimiques, les accessoires et les services.Au-delà des opportunités commerciales et des rencontres professionnelles, le salon ambitionne également de devenir un espace de réflexion sur l’avenir de l’industrie textile dans les régions méditerranéenne et atlantique.C’est dans cette perspective que l’AMITH et CEMS Global lancent le Med Atlantic Textile Summit, un nouveau rendez-vous international destiné à réunir industriels, organisations professionnelles, experts et décideurs. L’objectif est de rapprocher les écosystèmes, de favoriser les échanges et de faire émerger de nouvelles opportunités de coopération, d’investissement et de partenariat.La participation annoncée d’organisations internationales de référence, telles qu’EURATEX, l’ITMF, l’ITKIB, SWISS TEXTILES et ATOK, constitue une première étape dans la mise en place de ce forum.

Trois accords internationaux pour renforcer la coopération industrielle

En marge de l’inauguration, l’AMITH a également signé trois protocoles d’accord avec des partenaires issus de l’Inde, de la Jordanie et de la République tchèque. Ces partenariats visent à renforcer les échanges commerciaux, la coopération industrielle et les synergies réglementaires entre les différentes filières textiles.Le premier accord, conclu avec la Southern Gujarat Chamber of Commerce & Industry (SGCCI), en Inde, porte sur le développement des échanges techniques, commerciaux et réglementaires entre les industries textiles marocaine et indienne.Le deuxième protocole, signé avec la Chambre de l’Industrie de Jordanie (CIJ), vise à structurer la coopération industrielle et commerciale entre les deux pays, en tirant notamment profit des opportunités offertes par l’accord d’Agadir.Enfin, le troisième accord, conclu avec l’Association of Textile, Clothing and Leather Industry (ATOK) de République tchèque, ambitionne de développer les relations économiques et commerciales bilatérales ainsi que les partenariats industriels entre les entreprises marocaines et tchèques, dans le cadre de l’accord d’association entre le Maroc et l’Union européenne.

Faire du textile marocain un acteur incontournable à l’international

À travers cette 23e édition, le MIM 2026 dépasse le cadre d’un simple rendez-vous professionnel pour s’affirmer comme une plateforme de développement économique, de coopération internationale et de transformation industrielle.Entre investissements, montée en gamme, développement des compétences, innovation et ouverture sur de nouveaux marchés, l’AMITH entend mobiliser l’ensemble des acteurs publics et privés autour d’une ambition commune : renforcer la compétitivité du textile marocain et consolider son intégration dans les chaînes de valeur internationales.Un enjeu stratégique pour une industrie qui entend non seulement préserver sa place dans l’économie nationale, mais également s’imposer comme un acteur incontournable des échanges textiles à l’échelle régionale et mondiale.

 

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