Une belle distinction pour le cinéma marocain à Venise. Shaden Safieddine Tazi a décroché, samedi 12 septembre, le prix du meilleur court métrage de la section Orizzonti de la 83e Mostra de Venise pour Quelques instants de bonheur. La récompense figure au palmarès officiel dévoilé à l’issue du festival, qui s’est tenu du 2 au 12 septembre.
D’une durée de 18 minutes, ce documentaire produit entre la France et le Royaume-Uni suit une jeune cinéaste qui, après avoir quitté Beyrouth pour Paris, assiste à distance aux bombardements sur le Liban. Depuis son lit et à travers l’écran de son téléphone, elle suit les événements, échange quotidiennement avec son père et commence à enregistrer sa vie numérique. Le film explore ainsi l’exil, l’éloignement et cette expérience contemporaine qui consiste à voir un pays et ses proches traverser la guerre à travers un écran.
Parmi 2.500 candidatures
La distinction est d’autant plus notable que la compétition internationale Orizzonti Shorts était particulièrement sélective. La Biennale indique avoir reçu quelque 2.500 courts métrages cette année. Treize seulement ont été retenus en compétition pour le prix Orizzonti du meilleur court métrage, dont Quelques instants de bonheur, présenté en première mondiale.
Basée à Paris, Shaden Safieddine Tazi est diplômée de l’Université Columbia en études cinématographiques et médiatiques. Son précédent court métrage, Un jour tout va disparaître, avait notamment remporté le prix de la meilleure photographie au Festival national du film de Tanger avant d’être projeté dans plusieurs manifestations internationales.
Un parcours lié au Maroc
Le parcours de la jeune réalisatrice reste étroitement lié au Maroc. En 2025, elle figurait parmi les cinéastes sélectionnés par les Ateliers de l’Atlas, le programme professionnel du Festival international du film de Marrakech, avec son projet de premier long métrage Today, I am 25 Years Old, une coproduction Maroc–Royaume-Uni.
La cinéaste avait également expliqué que Quelques instants de bonheur était né d’une volonté de conserver les traces numériques d’une guerre vécue à distance. Messages, appels, écrans et images éphémères deviennent ainsi la matière même du documentaire. Une démarche intime désormais couronnée par l’une des principales distinctions de la section Orizzonti à Venise.