Comme le veut la tradition, les festivités se sont ouvertes par la grande parade inaugurale. Maâlems gnaoua, confréries et troupes folkloriques ont défilé dans les ruelles de la médina au rythme des guembris et des qraqeb, offrant un premier aperçu de l’ambiance qui anime chaque année la ville d’Essaouira.
La soirée s’est ensuite poursuivie sur la scène Moulay Hassan avec une création inédite réunissant Mehdi Nassouli, Sara Moullablad, la chanteuse indienne Ganavya, la troupe rwandaise i Buhoro et le musicien français Sylvain Barou, avant de laisser place à d’autres fusions musicales tout au long de la nuit.
Un RDV entre patrimoine et création
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, la présidente du Festival Gnaoua et Musiques du Monde, Neila Tazi, a rappelé que l’événement porte depuis vingt-sept ans une ambition qui dépasse le seul cadre des concerts : faire de la musique un langage de dialogue, de la culture un pont entre les peuples et de la diversité une source de créativité.
Cette édition réunit 43 maâlems gnaoua et près de 460 artistes venus du Maroc, d’Afrique, d’Europe, d’Asie, des Amériques et du monde arabe. Parmi les têtes d’affiche figurent notamment Richard Bona, Carlinhos Brown, Yasmine Hamdan, 47Soul, The Harlem Spirit of Gospel, Asma Lamnawar, Oudaden, Bob Maghrib et Hoba Hoba Spirit, qui a clôturé la première soirée devant un public nombreux.
Au-delà des concerts
Le festival confirme également sa vocation de plateforme de réflexion et de transmission. La 13ᵉ édition du Forum des droits humains est consacrée cette année au thème « Jeunesses du monde : liberté, identité, avenir », tandis que le programme Berklee at Gnaoua Festival, organisé avec le Berklee College of Music de Boston, revient pour accompagner de jeunes musiciens dans une expérience mêlant formation et création. Les rencontres de la Chaire des Transitions, développées avec l’Université Mohammed VI Polytechnique, complètent ce volet consacré à la recherche autour de la culture gnaoua.
Inscrite depuis 2019 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, la culture gnaoua continue ainsi de rayonner bien au-delà des frontières marocaines. Pendant trois jours, Essaouira accueille des rencontres musicales inédites où les traditions dialoguent avec les sonorités venues des quatre coins du monde.