La relève du cinéma marocain, arabe et africain a rendez-vous à Marrakech. À l’approche de la 23e édition du Festival International du Film de Marrakech, prévue du 20 au 28 novembre 2026, les Ateliers de l’Atlas dévoilent une sélection qui témoigne de la vitalité et de la diversité des cinématographies de la région. Pour cette 9e édition, 30 projets et films ont été retenus parmi 410 candidatures provenant de 14 pays. Une sélection qui fait dialoguer jeunes talents et cinéastes confirmés, entre premiers longs métrages prometteurs et œuvres déjà engagées dans leur production.
Pour accompagner cette nouvelle génération, les Ateliers pourront compter sur un parrain de renom : le réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho. Figure majeure du cinéma contemporain, il s’est fait connaître avec Les Bruits de Recife (2012), Aquarius (2016) et Bacurau (2019), récompensé par le Prix du jury au Festival de Cannes. Son dernier film, L’Agent secret, a remporté le Prix de la mise en scène à Cannes en 2025, avant de décrocher deux Golden Globes et quatre nominations aux Oscars en 2026.
Un choix qui fait écho à l’esprit des Ateliers de l’Atlas, attachés à un cinéma indépendant, audacieux et ouvert sur le monde. « Être à l’écoute d’idées nouvelles et saisir les aspirations des nouvelles générations de cinéastes est une source d’inspiration pour mon propre travail », confie le réalisateur, heureux de retrouver Marrakech, où il avait participé à une Conversation lors de l’édition précédente du Festival. Pour lui, accompagner les Ateliers, c’est aussi assister à la naissance de nouveaux films.
Des récits ancrés dans les réalités contemporaines
La sélection 2026 se répartit entre 14 projets en développement, 11 films en tournage ou en postproduction et cinq projets marocains réunis dans la section Regards sur l’Atlas. De l’Algérie au Rwanda, en passant par le Liban, la Palestine, le Sénégal, le Soudan et la Syrie, les œuvres retenues dessinent une cartographie plurielle des imaginaires et des préoccupations de la région.
Parmi les projets en développement figurent notamment Cendres, de la réalisatrice marocaine Meryem Benm’Barek, Les Endormis, de Sofia Alaoui, et La Valse des sauvages, de Yasmine Benkiran. La sélection accueille également des cinéastes déjà remarqués sur la scène internationale, comme Amjad Abu Alala, Laila Abbas et Dyana Gaye. Au total, 12 fictions et deux documentaires sont en lice dans cette catégorie, dont six premiers longs métrages.
Du côté des films en tournage ou en postproduction, cinq premiers longs métrages côtoient des projets portés par des réalisateurs confirmés. Parmi eux, Eldorado, d’Alaa Eddine Aljem, Fagadaga, de Yoro Mbaye, ou encore Wolfmother, d’Ismaël El Iraki. Ces trois films, comme Seasons of the Weary Kind, de Samuel Ishimwe, ont déjà bénéficié de l’accompagnement des Ateliers lors d’une précédente étape de leur développement. Leur retour illustre la vocation du programme : soutenir les œuvres dans la durée, de leur conception jusqu’à leur concrétisation.
La section Regards sur l’Atlas met, quant à elle, le cinéma marocain à l’honneur avec cinq projets, dont le documentaire Amar a réalisé son rêve, de Samira El Mouzghibati, et les fictions Comme ma sœur, de Sonia Terrab, et Médina, de Yassine Fennane. Entre histoires intimes, mémoire collective et mutations sociales, cette sélection explore les multiples façons de raconter les sociétés contemporaines.
Atlas Station, un tremplin pour les talents marocains
Au-delà des longs métrages, les Ateliers de l’Atlas poursuivent leur engagement auprès des professionnels émergents grâce à Atlas Station. Huit producteurs marocains, quatre femmes et quatre hommes, ont été sélectionnés parmi 30 candidatures pour participer à un programme de perfectionnement consacré aux différents métiers de la production cinématographique, à travers des rencontres avec des professionnels internationaux.
Le dispositif accompagnera également cinq courts métrages marocains en postproduction, choisis parmi 24 candidatures. Quatre fictions et un documentaire bénéficieront d’un suivi adapté à leurs besoins, notamment pour leur finalisation et leur diffusion.
Créés en 2018, les Ateliers de l’Atlas s’inscrivent aujourd’hui dans Atlas Programs, l’ensemble des initiatives professionnelles du Festival de Marrakech. À leurs côtés, Atlas Press soutient le développement de la critique cinématographique, tandis qu’Atlas Distribution Meetings favorise les échanges entre professionnels d’Afrique, du monde arabe et d’Europe. Atlas Distribution Awards complète ce dispositif en apportant un soutien à la distribution des films.
Du 22 au 26 novembre, Marrakech ne sera donc pas seulement le théâtre de projections et de rencontres : la ville deviendra aussi un espace de travail, de transmission et de circulation des idées, où les films de demain commencent à prendre forme.