AMANAR 2026 : cinq projets marocains à la conquête de l’international

Du 26 au 30 septembre, le Festival du court métrage de Marrakech ouvre un nouvel espace dédié à la création et à l’industrie du cinéma. Baptisée AMANAR, la plateforme professionnelle réunit cette année douze professionnels internationaux, cinq projets marocains en développement et plusieurs rendez-vous autour de la production, de la coproduction et de la diffusion.

« Amanar », qui signifie « l’étoile qui guide » en tamazight, porte bien son nom. Pensée comme un espace d’accompagnement pour les scénaristes, réalisateurs et producteurs, la plateforme entend créer des passerelles entre le Maroc, l’Afrique, le monde arabe et l’Europe. Pour sa première édition, elle se déploie en trois temps à Marrakech : les Industry Days, les 26 et 27 septembre à FOLK Marrakech, suivis d’un Development Lab les 28 et 29 septembre, avant un grand rendez-vous de pitch public le 30 septembre.

Du scénario au festival

Durant les Industry Days, professionnels et jeunes cinéastes explorent les différentes étapes de la vie d’un film, de son développement à sa présentation en festival. Développement et finition des films africains, enjeux de la post-production, impact de l’intelligence artificielle, coproduction dans le monde arabe ou encore circulation internationale des courts métrages seront au cœur des échanges.

Parmi les temps forts, une masterclass de deux heures sera consacrée à la vente d’un court métrage à l’étranger, avec le vendeur international Gilles Duffaut de Media Art. Les aides du CNC seront également présentées par Morad Kertobi, tandis qu’une table ronde réunira plusieurs professionnels autour de la coproduction avec la France, dont Sébastien Hussenot de La Luna Productions et Bertrand Rouchit du Festival de Clermont-Ferrand.

Le programme abordera également les coproductions entre le monde arabe et l’Europe, à travers notamment l’exemple de I Am Afraid to Forget Your Face, premier film égyptien à avoir remporté la Palme d’or du court métrage. L’écriture et la production de films hybrides autour de l’exil seront aussi au programme, avant une plongée dans les coulisses des comités de sélection de Cannes et Clermont-Ferrand.

Cinq projets marocains sous les projecteurs

L’autre volet d’AMANAR est consacré au Development Lab. Cinq projets marocains en cours de développement ont été sélectionnés : Tenghity, the Forbidden Poem d’Intissar El Azhari, Unsettled de Maria Dobli Bennani, Avant Première de Saad Benidir, Alo Mimti de Rida Chebbi et Fragments of an Ordinary Day de Zahra Berrada.

Pendant deux jours, leurs réalisateurs travailleront à huis clos avec cinq mentors issus du secteur : Morad Kertobi, Muhammad Taymour, Sophia Menni, Alice Kharoubi et Linda Mutawi. Une étape pensée pour permettre aux cinéastes de faire évoluer leur projet, affiner leur vision et surtout rencontrer des professionnels susceptibles de l’accompagner dans la suite de son parcours.

Le 30 septembre, les cinq projets sortiront du huis clos pour être présentés lors de « Pitch Your Short », devant des producteurs, distributeurs, vendeurs et programmateurs. Le meilleur pitch recevra le Prix AMANAR Développement. ZINEBI invitera par ailleurs un des projets à Bilbao en novembre 2026, tandis qu’Atlantis Studios Marrakech prendra en charge la post-production d’un autre.

Une passerelle qui se poursuit au-delà de Marrakech

AMANAR ne s’arrêtera pas à la fin du festival. En 2027, les cinq réalisateurs poursuivront leur accompagnement au Caire avec des mentors égyptiens, en collaboration avec Muhammad Taymour et l’Egyptian Film Producers Club. L’équipe AMANAR prévoit également un suivi pendant douze mois, avec des points réguliers, des mises en relation avec des producteurs et des conseils pour identifier les laboratoires, résidences et plateformes adaptés à chaque projet.

« Une rencontre devient une collaboration quand quelqu’un s’occupe de la suite », résume Tarek Bouraque, directeur du programme AMANAR. Une philosophie qui résume l’ambition de cette nouvelle plateforme : ne pas seulement créer des rencontres, mais faire en sorte qu’elles débouchent sur des collaborations concrètes et durables.

Pour Hiba El Abkari, responsable du programme développement et production d’AMANAR, l’enjeu est également de « faire une place » aux jeunes réalisateurs et de leur permettre de ne pas rester seuls face aux différentes étapes de la création. Avec des projets venus de parcours, de villes et de langues différentes, AMANAR entend ainsi contribuer à faire émerger une nouvelle génération de cinéastes capables de circuler entre les scènes marocaine, africaine, arabe et européenne.

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