Un chiffre qui s’installe dans le temps. Il revient, étude après étude, sans réelle variation. Les dernières estimations de Organisation mondiale de la santé (OMS), actualisées en 2025, indiquent que près de 30 % des femmes dans le monde, soit environ 840 millions de personnes, ont été victimes de violences au cours de leur vie. Dans la majorité des cas, ces violences surviennent dans le cadre du couple, commises par un partenaire ou un ex-partenaire.
Plus de 20 ans de données, peu d’évolution
Ce qui interpelle, ce n’est pas seulement l’ampleur du phénomène, mais sa stabilité.
Les estimations de l’OMS reposent sur des données couvrant la période 2000–2018, régulièrement mises à jour depuis. Et malgré ces actualisations jusqu’en 2025, le constat reste le même : les niveaux de violences n’ont quasiment pas reculé depuis le début des années 2000. L’organisation évoque une baisse très lente, de l’ordre de quelques fractions de point par an. Insuffisant pour modifier la tendance globale.
Au-delà des faits, les conséquences s’inscrivent dans le temps. Les violences sont associées à des troubles anxieux, à la dépression, au stress post-traumatique, ainsi qu’à des impacts sur la santé physique et reproductive. Elles influencent aussi les trajectoires de vie, notamment en matière d’autonomie, d’emploi ou d’accès aux soins.
Un phénomène présent partout
Aucune région du monde n’est épargnée. Les niveaux varient, mais la violence reste une réalité transversale. Elle s’inscrit dans des contextes marqués par des inégalités de genre persistantes, des normes sociales ancrées et des mécanismes de protection parfois insuffisants.
Une partie importante des violences échappe aux statistiques. De nombreuses femmes ne signalent pas les faits, en raison de la peur, de la pression sociale ou du manque de recours accessibles. Ce sous-signalement limite la visibilité du phénomène, sans en atténuer l’ampleur.
Une stagnation qui interroge
Les chiffres sont connus depuis des années. Les données sont actualisées. Pourtant, la tendance reste stable. Depuis plus de deux décennies, le seuil d’une femme sur trois demeure inchangé, malgré les politiques mises en place dans de nombreux pays.
Un constat qui souligne la difficulté à faire reculer durablement les violences faites aux femmes à l’échelle mondiale.