Khadija Alami: la productrice inspirée

Elle est arrivée aux métiers du cinéma par hasard. Mais ce n’est pas par hasard qu’elle se trouve là où elle est maintenant. Productrice reconnue pour la qualité de son travail, Khadija Alami est une référence dans le milieu du cinéma. Elle ne s’en rend pas compte, mais c’est une vraie star de cinéma.

Le Texas à Benguerir ? Oui c’est envisageable. Tout à fait faisable. Pour Khadija Alami, rien n’est impossible. Elle a appris, depuis qu’elle a mis les pieds dans ce métier il y a maintenant plus de 35 ans, que la volonté, la détermination et le travail sérieux peuvent venir à bout de toutes les difficultés. “Je suis arrivée par hasard dans ce métier. Lorsque j’ai commencé, les femmes s’occupaient des costumes, de la décoration, du maquillage, et des travaux de secrétariat ou de coordination. Ce n’est pas ce que je voulais. J’ai donc choisi de travailler dans un tout autre domaine pendant six ans, aux côtés d’une personne qui m’a appris la rigueur, le sens du devoir et la valeur du travail et de l’engagement. Je dois beaucoup à Abdelkader Masnaoui. Grâce à lui, je suis revenue dans le monde du cinéma en sachant exactement ce que je voulais et comment je pouvais y parvenir.”

Khadija a démarré tout en bas de l’échelle. Elle été chauffeur-interprète, assistante, elle a servi le café sur les tournages, fait des photocopies, elle s’est même occupée d’emmener le linge à la laverie. Rien ne la rebutait. “C’est comme ça que j’ai pu lire des scénarios auxquels je n’aurais jamais eu accès à cette époque, que j’ai pu observer des producteurs de renom pendant leurs réunions et que j’ai appris le métier dans ses moindres détails. Sans jamais perdre de vue mon objectif de devenir productrice.” Elle finit par sauter le pas lorsque Rick Mc Callum, producteur associé de Georges Lucas, la voyant faire une feuille de service toute seule, lui a lancé “Il est temps de passer à autre chose !”. Elle crée alors K Films, sa boîte de production pour voler de ses propres ailes et faire fructifier son expérience et son dur labeur.

Un modèle de réussite pour les jeunes

Pari réussi. Elle produit The Narrow Frame of Midnigh” (Itar El Layl) de Tala Hadid, “Insoumise” de Jawad Rhalib et une bonne douzaine de courts-métrages marocains et assure la production exécutive de nombreux films américains tels que “L’Exorciste, au commencement” de Paul Schrader, et “Captain Phillips” de Paul Greengrass pour ne citer que ceux-là. Dans le milieu, Khadija s’est forgé une bonne réputation. On lui fait confiance. “Dans ce milieu, tout le monde connaît tout le monde. Quand on fait du bon travail, on est recommandé. C’est d’autant plus important pour moi, que je me sens investie d’une mission : celle de représenter mon pays de la meilleure façon possible, de montrer tous les atouts et les richesses dont il regorge”.

Chaque année, depuis 2005, Khadija organise un dîner marocain pour une trentaine de convives du milieu du cinéma pour leur parler du Maroc, de cette terre de tournages prolifique, pour répondre à leurs questions et démonter au passage quelques préjugés. Elle s’installe pendant six à sept semaines à Los Angeles aux États-Unis pour rencontrer des producteurs, prospecter, discuter. Quel investissement, en temps et en énergie ! “C’est nécessaire pour rester au fait de ce qu’il se passe, entretenir ses relations et continuer de travailler”, précise Khadija.

Ce qu’elle ne dit pas, c’est que quand elle parle, on l’écoute. Avec beaucoup d’intérêt. Même si elle a un peu de mal à l’admettre, en raison de sa grande humilité et de sa simplicité, Khadija Alami est une référence dans le milieu du cinéma. Elle s’est fait un nom par la qualité de son travail et par l’ambition qui l’anime. Lorsqu’elle est invitée à visiter le ranch de Georges Lucas au nord de San Francisco, elle rêve d’avoir le même espace de création cinématographique au Maroc. Oasis Studios sont nés effectivement avec 12.000 m2 de décors construits. Les rêves de Khadija ne s’arrêtent pas là. Un nouveau projet mijote dans sa tête. Plus grand et plus ambitieux. Ce n’est pas pour rien qu’un jour en 2017, elle est invitée à intégrer l’Académie des Oscars. Combative, résolue et travailleuse, elle fait très bonne impression auprès de ceux qui sont amenés à la côtoyer. Celle qui a travaillé auprès de Oliver Stone, Martin Scorsese, Ridley Scott et bien d’autres et qui a su garder la tête froide est un vrai modèle pour les jeunes. Un modèle de réussite. Zainab, sa fille en sait quelque chose, elle qui l’a vue à l’œuvre en tant que professionnelle du cinéma, grande productrice et surtout en tant que maman. Elle lui dira, d’ailleurs, un jour sur le tapis rouge du Festival du Film de Marrakech “Ne laisse jamais quelqu’un te dire que tu n’as pas été assez présente pour moi”. Décidément Khadija Alami relève tous ses défis.  Et elle le fait très bien !

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