Aïcha Guellâa : “Le Maroc doit reconnaître l’impact économique et social de la violence faite aux femmes”

La loi marocaine couvre un large éventail de violences, notamment physique, psychologique, économique et sexuelle. Toutefois, malgré ces dispositions, l'application de cette loi reste souvent inadéquate.

Les sanctions actuelles, souvent légères, banalisent la gravité des infractions commises, en particulier dans les affaires de violence conjugale et de viol, où des condamnations légères de quelques mois sont encore prononcées. Le manque de spécialisation des acteurs judiciaires pose également un sérieux problème. Les juges, procureurs, policiers et gendarmes doivent être formés de manière continue pour traiter ces affaires avec la sensibilité et l’expertise nécessaires. La violence à l’égard des femmes est encore trop souvent banalisée au sein de la société, ce qui limite la portée des lois en vigueur.

En matière de protection des victimes, les ordonnances de protection, bien que prévues par la loi, sont encore trop peu appliquées. Ce dispositif, essentiel pour garantir la sécurité des victimes, souffre d’un manque de sensibilisation et d’efficacité dans sa mise en œuvre. En outre, les coûts et la complexité des procédures judiciaires représentent des obstacles supplémentaires pour les femmes qui souhaitent accéder à la justice.

Il est primordial que la société marocaine prenne conscience du coût économique et social de la violence à l’égard des femmes. La violence affecte non seulement les victimes, mais aussi leurs familles et, plus largement, la participation des femmes au développement du pays. C’est pourquoi il est essentiel de renforcer les campagnes de sensibilisation, d’améliorer la formation des professionnels et garantir une application stricte des lois existantes, notamment en réformant des articles comme les 486 et 493 du Code pénal, qui concernent les violences sexuelles et sexistes.

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