Des milliards de micro-organismes vivent naturellement à la surface de notre peau. Bactéries, levures, virus ou encore champignons forment ce que l’on appelle le microbiome cutané. Longtemps considéré comme un simple ensemble de microbes, il est aujourd’hui reconnu comme un véritable allié de la peau.
Son rôle ? Contribuer à maintenir la barrière cutanée, limiter l’installation de micro-organismes pathogènes et participer au bon fonctionnement du système immunitaire de la peau.
Mais ce microbiome n’est pas figé. Il évolue en permanence… et les saisons semblent bien influencer son équilibre.
Un écosystème en mouvement
Contrairement à une idée reçue, le microbiome n’est pas identique tout au long de l’année. Température, humidité, exposition aux UV, transpiration ou encore pollution modifient progressivement l’environnement dans lequel vivent ces micro-organismes.
En été, la chaleur et l’augmentation de la transpiration créent des conditions favorables au développement de certaines bactéries. La production de sébum est également plus importante, ce qui peut modifier la composition du microbiome, notamment sur le visage, le dos ou le cuir chevelu.
À l’inverse, l’hiver est souvent marqué par un air plus sec, le chauffage intérieur et des températures basses qui fragilisent la barrière cutanée. Certaines espèces deviennent moins abondantes tandis que la peau perd davantage en eau.
Plusieurs études ont montré que la diversité et la composition du microbiome cutané varient selon les saisons, avec des différences observées entre l’été et l’hiver, mais aussi selon les zones du corps et les conditions climatiques.
Pourquoi cela se voit-il sur la peau ?
Lorsque le microbiome est équilibré, la peau remplit plus facilement son rôle de barrière protectrice. En revanche, lorsqu’il est perturbé, certains déséquilibres peuvent apparaître.
Peau qui tiraille, excès de sébum, imperfections, rougeurs ou sensibilité accrue peuvent être favorisés par une altération de cet écosystème, même si le microbiome n’est jamais le seul responsable.
Les personnes souffrant d’acné, d’eczéma, de dermatite atopique ou de rosacée présentent d’ailleurs souvent un microbiome différent de celui observé sur une peau saine. Les chercheurs tentent aujourd’hui de mieux comprendre si ces modifications sont une cause ou une conséquence de ces maladies.
Les UV ne touchent pas seulement les cellules
En été, les rayons ultraviolets n’agissent pas uniquement sur les cellules de la peau. Ils influencent également les micro-organismes qui y vivent.
Les UV peuvent modifier l’équilibre du microbiome, tout comme les baignades répétées en mer ou en piscine, la transpiration, les nettoyages trop fréquents ou l’utilisation de produits agressifs.
Cela ne signifie pas qu’il faut éviter de se laver, mais plutôt privilégier des soins qui respectent la barrière cutanée au lieu de la décaper.
Faut-il changer sa routine selon la saison ?
Pas forcément tout changer, mais l’adapter.
En été, la peau produit souvent davantage de sébum. Beaucoup sont tentés d’utiliser des nettoyants très décapants pour retrouver un effet mat. Or, retirer trop de lipides peut perturber l’équilibre du microbiome et pousser la peau à produire encore plus de sébum.
Mieux vaut privilégier un nettoyant doux, une hydratation légère et une protection solaire quotidienne.
En hiver, l’objectif est plutôt de renforcer la barrière cutanée grâce à des textures plus nourrissantes et à des actifs comme les céramides, la glycérine ou l’acide hyaluronique.
Les probiotiques pour la peau, une vraie révolution ?
Face à l’intérêt grandissant pour le microbiome, de plus en plus de marques proposent des cosmétiques contenant des probiotiques, des prébiotiques ou des postbiotiques.
En réalité, la plupart des soins n’apportent pas de bactéries vivantes sur la peau. Ils utilisent plutôt des ingrédients destinés à favoriser un environnement propice au microbiome ou des dérivés issus de micro-organismes.
Les recherches sont prometteuses, mais les dermatologues rappellent que les preuves restent encore limitées pour de nombreuses allégations marketing. Ces produits peuvent compléter une routine, sans pour autant remplacer les soins de base.
Les bons gestes pour préserver son microbiome
Quelques habitudes simples permettent de limiter les déséquilibres :
- nettoyer sa peau avec un produit doux, sans excès ;
- éviter les gommages trop fréquents ;
- hydrater la peau selon ses besoins ;
- appliquer une protection solaire chaque jour ;
- ne pas multiplier inutilement les actifs irritants dans une même routine.