À peine appliqué, le produit déclenche une vague de fraîcheur. Sur TikTok et Instagram, sticks glacés, gels corps, patchs, brumes et masques réfrigérants sont devenus les nouveaux indispensables des journées de forte chaleur. Longtemps associée au simple effet mentholé, la catégorie « cooling » se développe aujourd’hui particulièrement en Corée du Sud, où les soins rafraîchissants sont déclinés pour le visage, le corps et le cuir chevelu. Une tendance qui commence également à gagner les marchés occidentaux.
Mais derrière des vidéos souvent très spectaculaires, tous les produits ne fonctionnent pas de la même manière. Certains procurent seulement une impression de froid, tandis que d’autres peuvent réellement faire diminuer, au moins temporairement, la température à la surface de la peau.
Un froid parfois trompeur
L’ingrédient le plus connu reste le menthol. Son action ne consiste pas nécessairement à refroidir fortement la peau : il active surtout les récepteurs TRPM8, impliqués dans la perception du froid. Le cerveau reçoit alors un signal de fraîcheur, même lorsque la température corporelle ne change pratiquement pas.
Une étude menée avec un gel mentholé a ainsi montré que les participants le trouvaient nettement plus froid que les autres traitements testés, sans modification de leur température interne ni de leur circulation artérielle. Autrement dit, le ressenti peut être bien réel sans pour autant rafraîchir l’ensemble du corps.
Cette distinction est importante pendant une canicule. Une brume ou un gel « cooling » peut améliorer le confort, mais ne remplace ni l’hydratation, ni l’ombre, ni un environnement suffisamment frais en cas de chaleur intense.
Plusieurs effets possibles
Tous les produits rafraîchissants ne reposent cependant pas uniquement sur le menthol. Les formules riches en eau ou en alcool peuvent provoquer un refroidissement par évaporation : en s’évaporant à la surface de la peau, le liquide emporte une partie de la chaleur. Ce mécanisme explique notamment l’effet frais immédiat de certaines brumes et textures très légères.
Les marques travaillent également sur de nouveaux agents sensoriels, destinés à produire une fraîcheur plus progressive ou moins agressive que celle du menthol. En Corée du Sud, certaines formules utilisent notamment le methyl diisopropyl propionamide, ou MDP, recherché pour son effet rafraîchissant prolongé et plus doux.
Enfin, les masques en hydrogel, patchs pour les yeux et rollers conservés au frais offrent un refroidissement physique direct. Leur intérêt reste surtout ponctuel : ils peuvent procurer une sensation apaisante et aider temporairement à atténuer l’apparence d’un visage gonflé, mais leur effet s’estompe généralement lorsque la peau retrouve sa température habituelle.
Une efficacité limitée
Les soins « cooling » peuvent donc fonctionner, à condition de bien définir ce que l’on attend d’eux. Ils peuvent rafraîchir momentanément, calmer une sensation d’échauffement ou rendre une routine plus agréable. En revanche, ils ne « détoxifient » pas la peau, ne resserrent pas durablement les pores et ne réparent pas à eux seuls les effets d’une exposition solaire.
Même la baisse de température cutanée ne dépend pas forcément de la quantité de menthol employée. Une étude comparant plusieurs concentrations a observé un refroidissement temporaire avec l’ensemble des gels testés, sans relation simple entre une concentration plus élevée et un meilleur résultat. La formule globale et l’expérience sensorielle comptent donc autant que le pourcentage affiché.
Pour qu’un soin présente un véritable intérêt cosmétique, il doit surtout associer cet effet frais à des ingrédients adaptés aux besoins de la peau : humectants pour limiter la déshydratation, agents apaisants ou actifs destinés à soutenir la barrière cutanée.
Gare aux irritations
Le froid ne signifie pas automatiquement que le produit est doux. À faible dose, le menthol procure généralement une sensation agréable. À concentration plus élevée, il peut au contraire entraîner picotements, brûlures ou irritation.
La prudence est particulièrement recommandée en cas de peau sensible, de rosacée ou de barrière cutanée fragilisée. L’American Academy of Dermatology conseille notamment aux personnes sujettes à la rosacée d’éviter les produits contenant du menthol, du camphre, de l’alcool ou du parfum, susceptibles de déclencher une irritation ou une poussée.
Les huiles essentielles de menthe poivrée ne sont pas nécessairement plus douces sous prétexte qu’elles sont naturelles. Leur application répétée, surtout sur une peau abîmée, peut favoriser une sensibilisation.
Avant d’adopter un nouveau produit, mieux vaut donc le tester sur une petite zone et interrompre son utilisation en cas de brûlure persistante, de rougeur importante ou de démangeaisons.
Le bon réflexe
Pour choisir un soin « cooling », il faut regarder au-delà des glaçons dessinés sur le packaging. Une formule hydratante, sans parfum marqué et adaptée aux peaux sensibles sera généralement plus intéressante qu’un produit qui mise tout sur un effet mentholé puissant.
Il est également inutile de placer l’ensemble de ses cosmétiques au congélateur. Un froid trop intense peut être désagréable et irriter une peau réactive. Lorsqu’un produit peut être conservé au réfrigérateur, cette indication doit apparaître sur son emballage ou être confirmée par la marque.
Verdict ? Les soins « cooling » ne sont pas qu’un effet TikTok. Certains reposent sur de véritables mécanismes physiques ou sensoriels et peuvent offrir un soulagement appréciable pendant l’été. Mais leur principal bénéfice reste le confort immédiat. Rafraîchir la peau, oui. La protéger du soleil ou du coup de chaleur, non.