Majda Bekkali : « Mes parfums sont le reflet de ma façon d’être au monde »

Majda Bekkali, créatrice de la maison de parfums éponyme, poursuit son exploration sensible et artistique de l’olfaction. Elle présente le parfum « Tulaytulah Obscure » de sa dernière collection Andalus. Entretien.

Quelle histoire ou quelle émotion se cache derrière votre dernière collection ? Quelles sont les senteurs à découvrir ?

J’ai créé cette collection comme on formulerait une prière. La Collection Andalus est une quête d’harmonie. Je vous invite à découvrir Tulaytulah en ses deux versions. C’est un parfum qui fait sourire.  Tulaytulah veut dire Tolède en arabe. Il s’agit d’un accord qui rend hommage aux rives du Tage qui traverse la ville, à son air légèrement cuivré embaumé de pâte d’amande et à ces cerisiers en fleurs. Mudéjar, pour sa part, est une beauté sculpturale. Inspiré de l’art Mudéjar -art syncrétique andalous qui relie les cultures et les mémoires-, ce parfum est inspiré des dentelles de pierres caressées de siècles de lumière. C’est un accord ajouré fait d’ombre et de clarté, d’une tête juteuse et d’un fond chypré, boisé et minéral.

Vous avez fondé votre maison de parfum éponyme en 2009. Qu’est-ce qui vous a poussée à créer vos propres fragrances ?

Avec le recul, je me rends compte que les parfums ont toujours eu une place importante dans ma vie. Dans un premier temps, de façon naturelle les senteurs ont enveloppé mon enfance. J’ai grandi dans une maison à Fès où l’eau de rose et l’eau de fleur d’oranger était distillées et où de mystérieuses volutes parfumées s’échappaient des encensoirs. Les meubles sentaient le bois de cèdre. Comme souvent lorsque nous sommes jeunes, je n’ai pris conscience de cette grâce qu’après l’avoir perdue en me rendant en France pour poursuivre des études supérieures. J’ai donc cherché à retrouver cette magie en créant mes propres compositions.

Votre maison de parfum est basée à Paris. Est-ce difficile de s’y faire une place ?

Votre question me fait penser à un adage que j’aime beaucoup : Ils ne savaient pas que c’étaient impossible alors ils l’ont fait ».

D’où viennent vos inspirations ?

Mes parfums sont le reflet de ma façon d’être au monde. Je leur confie mes rêves, mes idéaux et mes espoirs. Ils portent la complexité de ma pensée et la multiplicité de mon identité. Ils sont en tension entre les deux rives de la méditerranée.

Beaucoup de vos parfums portent des noms poétiques et évocateurs. Comment les choisissez-vous et que signifient-ils pour vous ?

Avant de créer un parfum, je l’écris d’abord avec des mots, comme un poème. Le titre en découle.

Vous prenez également soin de travailler le design des flacons de vos parfums. Comment procédez-vous ? Que souhaitez-vous raconter à ceux qui les regardent ?

Le flacon est un galet parfaitement imparfait, comme dans la nature. Il symbolise pour moi les petits cailloux que l’on sème sur un chemin inconnu pour ne pas se perdre. Ce galet est précieux. Il réclame pour sa fabrication mille et une délicatesse et mille attentions. Par exemple, Il est démoulé sur un lit de sable pour sauvegarder la douceur de son touché à sa base afin qu’il se love parfaitement au creux des mains.

 

 

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