Touche pas à l’batoir

Fermés depuis 2002, les anciens abattoirs de Casablanca sont officieusement l'espace de délire créatif. Derrière cette initiative, le jusqu'au-boutisme d'un collectif d'acteurs associatifs qui se bat pour transformer ce vestige en espace permanant de culture.

En février dernier, une nouvelle est tombée, telle une épée de Damoclès au-dessus de la tête des activistes culturels : la mairie de Casablanca envisagerait de transformer les anciens abattoirs en parking. En effet, une société de location de voitures de fonction aurait obtenu l’autorisation de garer des véhicules sur place. Panique générale du côté du collectif gestionnaire de l’espace depuis quelques années, qui n’a même pas été prévenu. Comme toute mauvaise nouvelle, l’information s’est répandue sur la Toile comme une traînée de poudre. Une pétition a illico été mise en ligne pour contester cette décision hâtive. Celle-ci a récolté, en moins de 24 heures, plus de 1.200 signatures. En effet, l’incident n’a fait que remettre sur la table une nécessité absolue : transformer ce lieu en un espace permanant de culture. Suite au mépris du public face à quelques démarches entreprises par certains artistes, il a fallu fédérer les efforts et trouver un espace pour pouvoir laisser libre cours aux idées, aux idéaux et à la création. Les anciens abattoirs ont répondu à cette optique en permettant l’accueil et la mise en forme de plusieurs manifestations culturelles. Ainsi, une poignée de professionnels et d’acteurs associatifs se sont regroupés dans un collectif pour la gestion et la sauvegarde du caractère culturel de la bâtisse. “Depuis 2009, nous nous battons pour l’inscription de la fabrique culturelle des anciens abattoirs dans la politique culturelle de la ville de Casablanca. Il ne faut pas négliger le fait que l’espace draine un public particulier qui ne fréquente pas certains endroits. En plus, des jeunes artistes y trouve un espace de libre création et de résidence artistique”, précise Aadel Essaadani, président de l’association de la fabrique culturelle. Ainsi, l’espace permet la mise en place d’ateliers et de workshops, l’organisation de spectacles et d’événements musicaux, et l’accueil des artistes en résidence pour leurs répétitions et période de création.

Temple de la créativité

Si la fabrique culturelle des anciens abattoirs n’existait pas, un nombre non négligeable de productions artistiques ne verraient peut-être pas le jour. Et pour cause, aucune limite à l’inventivité. Là-bas, l’art n’est ni propre, ni sale. C’est un art, tout court. La liberté de ton et la symbolique de l’espace ont permis à quelques artistes de choisir ce lieu pour leur résidence artistique. L’année dernière, le plasticien Hassan Darsi y a réalisé une installation pendant quatre mois. Deux jeunes stylistes, Mehdi Filali et Ghitta Laskrouif, y ont également travaillé pour leurs collections qu’ils ont présentées lors du Festimode Casablanca Fashion Week. “Depuis le mois de juillet, on a deux artistes sculpteurs, Brigitte Chadia et Noureddine Znati. Nous avons également reçu une compagnie de chorégraphes qui s’est entraînée chez nous pendant un certain moment”, précise Dounia Benslimane, coordinatrice de la fabrique culturelle des anciens abattoirs. Et ça ne s’arrête pas là car, bénéficiant d’une notoriété grandissante, la fabrique culturelle des anciens abattoirs ne cesse de drainer du monde. “Nous allons signer prochainement un workshop avec les enfants de Bayti au mois de juin pour un spectacle de danse contemporaine. En ce moment, nous avons une artiste allemande, Lisa Schmitt, qui travaille sur une thématique qui mêle mode et architecture. Et nous avons même des étudiants qui travaillent sur la construction d’un nouvel instrument de musique”, poursuit-elle.

Officieux mais pas officiel

Promouvoir l’art, oui, mais à quel prix ? Les activistes culturels affiliés au collectif des anciens abattoirs se heurtent à un grand mur. En effet, rien ne le lie officiellement à la fabrique qui appartient à la ville de Casablanca. Ses membres attendent depuis quatre ans la signature d’une convention de mise à disposition qui les lierait juridiquement aux abattoirs et leur permettrait la gestion et l’exploitation du lieu en tant qu’espace culturel permanent. “Cela fait quatre ans qu’on essaie d’obtenir la signature de la convention, mais en vain. On nous répond qu’il faut que ça passe d’abord par le conseil municipal. Mais ça bloque toujours pour je ne sais quelle raison”, déplore Aadel Essaadani, qui ne comprend pas d’où vient ce blocus. Le collectif s’est donc momentanément substitué aux institutions, et a ainsi amené la preuve que malgré la faiblesse des moyens, il est possible d’établir et de réussir des partenariats et de faire fonctionner le lieu avec une vision claire. “Maintenant, on souhaite dépasser le simple fait d’y organiser des animations et plutôt restaurer, réhabiliter et équiper les lieux. Mais pour l’instant, on occupe l’espace comme on peut en y faisant de la programmation. D’autant plus que certaines associations y organisent une partie de leurs activités afin d’insister sur l’importance de ce lieu”, ajoute le président de l’association. Alors, faisant feu de tout bois, le collectif se contente des moyens du bord pour occuper l’espace et y organiser le maximum d’événements. Bon vent…

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