On a testé le « rebirthing »

Au cœur de la vague de nouvelles tendances bien-être qui déferle ces derniers temps dans les studios et clubs de sport, l’une d’entre elles propose une approche radicalement différente : le « rebirthing » (renaissance en anglais), proposée par Houda Chaloune, revenue d’un périple d’un an autour du monde. Rencontre et test d’une pratique nouvelle génération !

« Tout ce que tu dois faire, c’est respirer », m’explique Houda Chaloune avant de commencer ma première tentative de rebirthing. Cette technique, née aux Etats-Unis dans les années 1970, repose uniquement sur un travail profond de respiration. Une respiration correcte, selon son fondateur Léonard Orr, pourrait soulager tous les maux et maladies du corps et de l’âme, et notamment des traumatismes liés à l’enfance qui auraient pu être réprimés. Et permettre ainsi la « renaissance » du corps émotionnel, libéré de ces émotions refoulées.

Houda Chaloune, Casablancaise et véritable nomade des temps modernes, a appris à pratiquer cette technique lors d’un voyage au Brésil, où elle a atterri après avoir parcouru toute l’Amérique en sac-à-dos pendant un an. « Durant 7 mois, j’ai vécu dans un temple chrétien au Brésil : c’est là que j’ai appris plusieurs techniques de thérapie alternative, dont le rebirthing. Cette technique est inspirée du Pranayama (respiration yogi), qui est une pratique du yoga. C’est en réalité une méditation active où l’on va chercher les émotions enfouies. »

La technique proposée par Houda Chaloune est quelque peu différente du réel rebirthing d’origine américaine, puisqu’elle ne cherche pas à « traiter » ni expliciter les émotions mais seulement à les laisser s’exprimer, grâce à une respiration continue, sans pause. « La pratique que je propose s’appelle « vivation », c’est en quelque sorte une méthode plus légère que le rebirthing : on ne veut pas ici transformer les émotions, mais juste les laisser ressortir, sans contrôle et en les acceptant. »

Emotions à l’état brut
« En oxygénant le corps de manière ininterrompue et connectée, on va pouvoir assister à une expression désinhibée des émotions, les voir s’exprimer à l’état brut et ainsi transcender nos peurs sans les fuir », raconte la nomade des temps modernes.

« Le rebirthing retrace l’inverse de la construction d’un être humain : un enfant est au départ purement émotionnel. Puis il entre dans le mental. A l’âge adulte, la partie physique émerge, liée aux deux autres parties. Ici, on part du physique pour aller vers l’émotionnel. »

Au vu de la description, je n’imagine rien de grandiose, mais demande à essayer. Houda Chaloune m’installe sur un matelas, met une musique appropriée et me demande de fermer les yeux, de me détendre.

Houda m’explique que son rôle est d’être uniquement « facilitatrice » : elle est présente pour m’inciter à respirer correctement et à laisser sortir les émotions. Je commence donc par respirer profondément, alternant inspiration et expiration sans aucune interruption.

« On ne s’en rend pas compte, mais dans le quotidien, nous bloquons tout le temps notre respiration. Le corps est ainsi fait : nous n’avons pas besoin de respirer à chaque seconde. Malheureusement, c’est ainsi que nous bloquons beaucoup de nos émotions. » Je réalise à quel point il peut être tout à coup difficile de respirer en continu sans s’arrêter. Ereintant et perturbant ! « Ne t’arrête pas de respirer, laisse la musique te détendre », m’intime Houda, qui respire longuement aussi de son côté, comme un effet miroir et un guide. Au cours de mes respirations, Houda appuie parfois légèrement sur mon plexus solaire : ce point, m’expliquera-t-elle par la suite, est le chakra du cœur, l’un des plus importants points énergétiques de notre corps.

En appuyant légèrement dessus, puis par effets d’effleurement le long de mon bras, elle permet l’évacuation des émotions.

« Respirer, c’est accepter la vie »
Alors que mes respirations se prolongent, je commence à ressentir de curieux fourmillements dans les bras et des émotions au creux du ventre, sans pouvoir dire leur origine. Houda me demande alors d’accélérer légèrement mes respirations. D’abord lentes et profondes, mes respirations se font plus rapides et enchaînées. Tout à coup, je laisse exploser des pleurs, sans raison aucune. Surprise par l’effet produit, je tente de bloquer ces pleurs, mais Houda intervient : « Laisse les émotions s’évacuer : ne bloque pas, continue à respirer. » Rires et pleurs surgissent tout au long de la séance. Je me sens gênée par ces émotions surprenantes, intimes et incongrues, mais Houda me murmure : « Ne contrôle rien : tout n’est que lumière en toi. Accepte toutes les émotions qui te viennent. Respirer, c’est accepter la vie. Laisse-les sortir et considère-les avec amour et compassion. » Un état de méditation active encore jamais ressenti et une parenthèse d’isolement où tout ce qui avait pu être refoulé s’exprime. Au bout d’une vingtaine de minutes, Houda m’intime l’ordre de reprendre calmement un souffle normal et de me réveiller à mon rythme.

Lorsque j’ouvre les yeux, j’ai la sensation de me réveiller d’un rêve éprouvant mais bénéfique. Comme un grand nettoyage de l’intérieur, sans en connaître le pourquoi ni le comment. Je regarde ma « facilitatrice » avec stupéfaction : jamais je n’aurais pensé qu’une simple respiration soutenue pouvait provoquer une telle connexion avec des émotions dont je n’avais pas conscience.

« Ce qu’on peut ressentir durant la première séance dépend beaucoup des gens. Certains pleurent ou rient, d’autres pensent à des gens qu’ils aiment ou qui leur ont fait du mal… Mais il n’y a pas de règle. Ce que l’on ressent sur le moment devait être fait pour nous à ce moment-là, explique ma facilitatrice. Souvent, nous fuyons les émotions par facilité ou par peur du jugement des autres. Mais nos émotions restent et à défaut de sortir, elles sont enfouies et s’expriment malgré nous physiquement, d’où la naissance de nos petits maux du quotidien. »

Encadré : interview de Houda Chaloune

FDM : Avant de découvrir cette pratique au Brésil, quel a été ton parcours ?

HC : J’ai travaillé dix ans à Casablanca en tant que cadre informatique. Après un burn-out, j’ai décidé de faire le tour du monde durant une année sabbatique. J’ai donc parcouru l’Amérique du nord au sud. Je prévoyais de rester 6 mois de ce côté du globe, puis de partir en Asie et en Australie. Mais au bout de 5 mois, j’ai rencontré cette petite communauté dans un temple au Brésil, qui pratiquait le rebirthing. Beaucoup venaient du bouddhisme mais aussi du christianisme. Et j’ai décidé de rester en tant que volontaire, pour apprendre.

Après plusieurs mois de pratique, quels ont été sur toi les effets du rebirthing ?

HC : Il s’agit ici de respiration active, pour inciter l’être humain à créer de l’espace dans les situations réelles, à prendre plus de recul et donc de la distance avec ses émotions. Personnellement, depuis, je ne réagis quasiment plus à des situations de conflit. Je me place en observatrice d’une situation plutôt qu’en actrice (ou même ré-acteur !). Quand je m’apprête à m’énerver, je me dis : « Regarde. Observe. Respire. Ressens la colère ou la tristesse. Elle est là, accepte-la mais sans te laisser submerger. » On voit alors la situation sous un autre angle.

Penses-tu que la société marocaine soit prête à une pratique aussi spirituelle ?

HC : C’est une question que je me suis posée… Mais en revenant ici, j’ai commencé à donner quelques cours particuliers et dans des centres de yoga. Les gens y sont très intéressés ! Il est certain qu’il faut être un minimum ouvert sur le monde et les nouvelles formes de thérapie pour adhérer. Au Maroc, on confond encore beaucoup la spiritualité et la religion. C’est très différent. On peut être très respectueux d’une religion sans avoir aucun amour ni compassion pour son prochain, ce que je trouve contradictoire. Comme on peut n’avoir aucune religion mais être profondément ancré dans la spiritualité, l’amour de la vie, de l’être humain.

Il y a donc une partie plutôt « physique », celle de la respiration connectée et une partie plus ésotérique, où il faut aller chercher quelque chose en soi…

Exactement. La partie « Asanas », issue du yoga, est constituée de ce que tu dois exécuter physiquement. Mais il faut ensuite rentrer dans l’amour et la compassion de l’être humain, de nos origines, de la vie, de dieu si l’on en a envie. Je suis pour ma part athée mais j’ai pu récemment me réconcilier avec l’islam en allant voir un cercle soufi, qui sont dans l’acceptation et la tolérance.

Quel est ton projet concernant cette technique au Maroc ?

Après mon année de voyage en Amérique, j’ai eu envie de revenir ici pour partager ce que j’avais vécu. Mais je reprendrai bientôt mon sac-à-dos ! J’ai envie d’apprendre encore à perfectionner mon savoir dans ce domaine. Et l’Asie m’attend !

 

 

 

 

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