Hamid Addi : “C’est en changeant les mentalités que nous parviendrons à faire évoluer les comportements”

Dans la pratique judiciaire, nous observons régulièrement des peines réduites, et ce, malgré la gravité des faits. Cette tendance s’explique en partie par une certaine “culture juridique” qui minimise encore la portée de ces crimes, influencée par des considérations socioculturelles et patriarcales profondément ancrées. Les juges, bien qu’agissant en fonction de leur “âme et conscience”, tendent à adoucir les sanctions, ce qui constitue une part importante du problème.

Un autre défi réside dans la difficulté de prouver les faits. La majorité des preuves sont difficiles à obtenir, tandis que les cas de flagrance restent extrêmement rares, plaçant les victimes dans une situation désavantageuse. Le fardeau de la preuve repose toujours principalement sur elles. Par ailleurs, bien que des cellules d’écoute psychologique existent, leur efficacité est souvent remise en question. Renforcer la législation est bien sûr nécessaire, mais il faut aller au-delà des textes. C’est surtout la mentalité qui doit évoluer. 

L’application stricte de la loi est cruciale, mais elle ne suffira pas si les schémas de violence continuent à se reproduire au sein des familles et de la société. Le problème est systémique, enraciné dans une culture où la violence à l’égard des femmes est tolérée, voire normalisée. Pour véritablement provoquer un changement, il ne suffit pas de durcir les peines ou d’adopter de nouvelles lois. L’éducation doit être au centre des réformes sociales, avec un enseignement axé sur la non-violence, le respect des droits des femmes et l’égalité. C’est en changeant les mentalités que nous parviendrons à faire évoluer les comportements, et ainsi à offrir aux femmes la protection qu’elles méritent.

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