MIZ : l’humoriste qui monte !

Toute blague "Miz" à part, il est jeune, charmeur et fait salle comble partout. Lui, c'est le comique marocain en vogue dont les demandes en mariage grimpent en flèche depuis que le succès a frappé à sa porte !

FDM Etait-ce un rêve, pour vous, de devenir humoriste ?

Miz : J’ai toujours rêvé de monter sur scène et de faire rire les gens. Dès le collège, je faisais du théâtre en amateur. Mais bien que mon potentiel comique était connu de tous au sein de mon entourage, ma maman m’a dissuadé, avec force, de tenter d’en faire un métier. Je me suis alors résolu à suivre un cursus plus classique, quoique assez chaotique car si officiellement j’ai un BTS en architecture d’intérieur, j’ai pas mal roulé ma bosse. J’ai entamé des études de tourisme, que je n’ai jamais terminées, et travaillé dans l’industrie pharmaceutique. Je suis donc une personne plutôt instable (rires) !

Quel a été le déclencheur qui vous a fait revenir à vos premières amours ?

En 2006, je me cherchais encore… A cette époque, une rencontre décisive avec Hassan El Fad a eu lieu. Elle a changé le cours de mon existence ! Ayant eu vent de mon envie de faire ce métier, il m’a orienté vers le producteur de Gad Elmaleh, au Maroc. Ce dernier m’a challengé d’emblée : j’avais pour mission d’écrire un premier spectacle et de le jouer dans une salle… Dès le lendemain, j’ai démissionné de mon poste de chef de produit et je me suis attelé à la tâche ; ce qui n’était pas une mince affaire vu que j’atterrissais quasi comme un OVNI dans ce milieulà ! Ensuite, tout s’est enchaîné très vite. Une fois le show “L’entracte” finalisé, je suis passé à la phase que j’appelle “marketing suicidaire” : persuader le directeur du théâtre Mohammed VI de Casablanca de laisser un inconnu notoire monter sur les planches, inviter les journalistes pour faire la promotion… J’y suis allé au culot et ça a fini par payer !

Au Maroc, peut-on parler de parcours du combattant pour percer dans le show-business ?

Oui et non. Des nouvelles têtes, on est assoiffés d’en découvrir. Néanmoins, le talent et le travail ne suffisent pas à se construire une notoriété. Il faut aussi avoir l’opportunité ou le bon réseau, c’est-à-dire des humoristes connus qui vous parrainent et des professionnels qui vous entourent et vous concoctent un plan de carrière. Aujourd’hui, je suis aussi là pour démontrer qu’un Marocain peut faire rire au Maroc sans avoir à importer sa célébrité d’ailleurs !

Gad Elmaleh, dont vous avez fait les premières parties de spectacle en 2011, puis tout dernièrement, parle de vous comme son petit frère. Etes-vous fier d’avoir un tel mentor ?

Gad est pour moi un monstre sacré de l’humour. Tout comme il y a des écoles “Coluche”, “Desproges”, “Bedos” ou “Debbouze”, moi, je me revendique complètement de son influence. De plus, il a eu foi en moi dès le début, et le fait d’avoir fait la première partie de son spectacle m’a donné énormément confiance en moi, ouvert des portes et a fait taire les mauvaises langues ; même si je me souviens avoir déclenché une colopathie due au stress juste avant de monter le rejoindre (rires). Pour l’anecdote, Gad, je l’ai croisé officiellement il y a trois ans, dans un ascenseur, et l’espace d’un instant, je me suis cru en face du DVD (rires) !

Depuis deux ans, vous triomphez avec votre spectacle “Miz en scène”. Quels sont les ingrédients de votre succès ?

La recette est à la fois simple et complexe: proximité avec les gens et scanner social. La qualité essentielle d’un humoriste, c’est d’observer le quotidien, les clichés, la cohabitation boiteuse entre mentalités traditionnelles et modernité, le régionalisme sauvage, les femmes, la drague… La société marocaine donne l’impression d’une scène de théâtre, à chaque coin de rue. C’est intensément loufoque, profondément schizophrène et très inspirant. Une fois qu’on a la matière, il suffit de forcer le trait pour aboutir à la caricature. Trouver la faille et la passer sous le miroir grossissant de l’humour… Mon rôle est d’autopsier le Marocain ordinaire, sonder ses profondeurs, saisir comment il pense ou se comporte pour l’épingler ; mais toujours dans un esprit bon enfant, sans méchanceté aucune !

Quel style d’humour prisez-vous ? Léger, noir, politiquement incorrect? Y a-t-il des lignes rouges à ne pas franchir, selon le fameux principe de: “On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui” ?

Avec un habillage léger, je veux produire du rire intelligent, c’est-à-dire solliciter les méninges, pousser les gens à se remettre en question, aussi, sur leur incivisme, leur mentalité rétrograde ou leur peur de l’autre. Pour moi, l’humour n’est que le frère de l’angoisse. Toutes ces inquiétudes et doutes qui nous taraudent, je les évacue en humour et en vannes. Au-delà du volet amuseur public, l’humoriste a donc une utilité : il passe les bons messages et dénonce les dysfonctionnements. Pour ma part, je ne m’impose aucune langue de bois sur les thèmes abordés, à condition de ne jamais choquer ou heurter les convictions et les croyances du public. L’important est de bien manier l’art de la subtilité, quand on parle de prostitution ou de sexualité, par exemple. J’avoue cependant que ni la religion, ni la politique ne sont mes terrains de prédilection. Non pas parce que je m’autocensure, mais parce que je laisse ce créneau à d’autres qui le font mieux que moi.

Les Marocains sont-ils bon public ?

C’est un public très exigeant. Déjà, le Marocain, quand il vient te voir, il cherche à savoir si tu vas être plus drôle que lui (rires). En tant que peuple affectionnant les blagues et les vannes, nous positionnons la barre très haut! Mais grâce à la technique du stand-up, je suis complètement en interaction avec le public et cela donne pas mal de liberté de jeu, également au niveau de l’improvisation. C’est un peu comme si tu invitais les gens chez toi et que tu entreprenais de les faire rire en les prenant à partie, de manière spontanée. Le stand-up, un genre américain, fait mouche ici parce qu’il s’apparente à la “halqa”, avec ses raconteurs d’histoires de la place Jemaâ el Fna. Après, la forme du spectacle est aussi très fluide : je peux vivre des choses la veille et les greffer au show le lendemain.

Etes-vous un joyeux luron dans la vie normale ?

En vérité, je suis plutôt d’un naturel timide et réservé, excepté avec ma famille et mes amis. Or, certaines personnes ont souvent le chic de me sortir : “Allez, vas-y, fais-nous rire !”. Je réponds qu’à un Hicham El Guerrouj, en soirée, on ne demande pas : “Vas-y, fais-nous un 1.500 mètres” (rires) ! De fait, sur scène, comme tout artiste, j’adore être regardé et encensé et il s’agit d’une auto-thérapie formidable. Pour le reste, j’ai mes moments up et down, comme tout le monde.

Testez-vous vos vannes et votre spectacle en petit comité avant d’aborder de grandes salles ?

Malheureusement, autant ce concept existe en France, autant au Maroc, on va direct dans la fosse aux lions. Mais lorsqu’une vanne tombe à plat, la capacité d’autodérision permet d’inverser la vapeur ! En même temps, ce défi permanent est un motif de fierté pour moi…

Quels sont vos projets dans un avenir proche ?

Après Casablanca, Rabat et Paris, je vais me produire à Fès, le 12 avril. Ensuite, débutera ma tournée européenne ; tournée qui fera aussi un détour par Montréal.

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