Ministre de la Justice et des Libertés

Zhour El Horr commence sa carrière en tant que professeur de langue arabe et prépare sa licence en droit en parallèle qu'elle décroche en 1975. Elle participe ensuite au concours du ministère et devient magistrate. En 1979, elle intègre le corps judiciaire, est nommée juge à El Jadida, puis occupe plusieurs postes clés dont celui de vice-présidente du tribunal de première instance d'Ain Chock, conseillère à la Cour Suprême, présidente du tribunal de première instance Ben Msik Sidi Othmane, présidente du tribunal de première instance Al Fida Mers Sultan, et présidente du tribunal de la famille de Casablanca. Elle crée l'Association marocaine pour le soutien de la famille après avoir été nommée membre de la commission royale pour la réforme de la Moudawana. Pou

FDM : A notre avis, vous conviendriez au poste de ministre de la Justice. Qu’en pensez-vous ?

Zhour El Horr : (Rires) Merci je suis flattée. Je trouve en effet qu’une femme à la tête de ce ministère ne serait pas une mauvaise chose. J’ai été choquée en découvrant la composition de notre   gouvernement et en  apprenant qu’il n’y avait qu’une seule femme ministre. C’est un affront et cela revient à dire qu’il n’y a pas suffisamment de femmes compétentes au Maroc.

Pourquoi n’avez-vous jamais fait de politique ?

Ma profession me l’interdit. Au même titre que les militaires, j’ai le droit de voter, mais en aucun cas de rejoindre un mouvement politique, ou de me présenter aux élections. En revanche, cela ne m’empêche pas d’avoir une culture politique et de suivre les événements qui agitent le Maroc dans ce domaine. Pour y participer d’une manière ou d’une autre, il faut attendre une année après avoir quitté la fonction de magistrat pour pouvoir se présenter comme candidat aux élections.

Une femme à la tête de ce ministère, qu’est ce que ça changerait concrètement ?

De par mon expérience personnelle dans ce domaine, je suis en mesure d’affirmer que les femmes s’impliquent davantage et s’investissent plus que les hommes pour faire régner la justice. Leur sensibilité à l’injustice s’explique certainement par les discriminations qu’elles continuent de subir au quotidien. Je suis d’ailleurs plus portée à leur faire confiance et j’ai foi en leur intégrité, leur honnêteté et leur transparence. Par ailleurs, je suis persuadée qu’une femme saura beaucoup mieux que d’autres rétablir la confiance du citoyen en la justice. Si à l’heure actuelle aucune femme n’a jamais occupé le poste de ministre de la Justice, c’est en raison d’une mentalité patriarcale. Les femmes ont prouvé à maintes reprises qu’elles sont bien souvent aussi compétentes et cultivées que les hommes, et ce, dans de nombreux domaines. Aujourd’hui, je m’interroge : pourquoi la France a-t-elle confié le poste de ministre de la Justice à une femme, de surcroît marocaine ? Qu’en est-il de nous au Maroc ?

Si vous étiez ministre de la Justice, quelles seraient vos priorités ?

Je commencerais par faire le grand ménage au sein du ministère de la Justice (rires). Tout d’abord, je pense qu’il faut regagner la confiance des citoyens marocains qui ne croient plus en leur système judiciaire. Il faut lutter contre les abus en confiant des postes à responsabilité au sein des tribunaux à des personnes sérieuses et au-delà de tout soupçon. Mais les responsables doivent aussi être encadrés et être dans l’obligation de rendre des comptes. Contrairement à ce qui se pratique aujourd’hui, il est extrêmement important à mon sens de bien payer les juges et de leur demander de rendre des comptes, plutôt que de les sous-payer et de les laisser faire ce qu’ils veulent. Par ailleurs, il est très important que ce ministère applique une politique pérenne car pour le moment, celle-ci est modifiée à chaque fois qu’il change de main. Enfin, renouveler les effectifs est une autre priorité, car dans ce ministère, certains sont en poste depuis plus de 40 ans et s’accrochent à leur fonction, à leurs avantages, à leurs réseaux… à tel point qu’ils se constituent en lobbies !

Quid de la formation des juges sur le nouveau Code de la famille ?

En effet, vous avez raison, cela nécessite une réforme de taille. Il faut cesser de confier des dossiers ayant trait au droit de la famille à des juges spécialisés dans le commerce par exemple, et choisir des juges qui soient imprégnés de la philosophie de la Moudawana, qui s’inspirent des droits humains et des conventions internationales, qui croient profondément aux principes de parité, d’égalité, et qui s’adaptent à l’évolution de la société en progressant avec elle. Il n’y a aucun intérêt à laisser des juges conservateurs, qui appliquent des jurisprudences ne garantissant aucune justice, s’occuper du droit de la famille ! Chaque jugement dépend à 50 % de la formation du juge, mais aussi de son ouverture d’esprit, de sa curiosité, son objectivité, son intérêt pour ce qui se passe dans le monde. â–  Z.I.L.

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