L’orchestre de minuit : l’identité en héritage

C’est en avant-première ce matin que nous avons découvert le nouveau film de Jérôme Cohen-Olivar, l’Orchestre de minuit. Un casting de choix, beaucoup d’émotions, et une question centrale, celle de l’identité et de l’héritage.

Un film qui regroupe Gad Elmaleh et Hassan El Fad ? Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas là d’une comédie légère truffée de blagues potaches. L’Orchestre de Minuit est l’histoire émouvante du retour au bercail d’un enfant du pays, Mickael Abitbol.



Beau, jeune et riche, tout réussi à "Mika" aux Etats-Unis où il exerce le métier de trader , un métier de « khwa al khawi » selon son père, le grand Marcel Abitbol, icône de la musique marocaine dans les années 60.



Son père, Mika n’en a plus vraiment de nouvelles depuis de nombreuses années. Il s’en est éloigné, lui a tourné le dos, a fait en sorte de l’oublier, de le reléguer au chapitre de son enfance. Les raisons d’une telle rancœur ? Il semble lui-même les oublier.



Mais quand son père lui demande de le rejoindre au Maroc, leur terre natale, Mickael accepte bien que ne comprenant pas le dessein de son père. De retour dans ce Maroc auquel il a été arraché alors qu’il était enfant pour aller vivre en Israël, Mickael Abitbol s’enferme dans sa carapace, hostile à cet environnement, se barricadant contre les souvenirs et les émotions. Michael le ténébreux, magnifiquement interprété par Avishay Benazra, retrouve son père, mais c’est à croire que Marcel Abitbol avait tout mis en scène… il meurt avant d’avoir pu expliquer à son fils les raisons de son retour au Maroc. Le fils désemparé se retrouve soudain démuni face à la rage, l’amour, la nostalgie, les regrets qui l’assaillent, ne lui laissant aucun répit.



C’est alors une quête de soi qu’entreprend sans le savoir le fils prodige. Accompagné par un chauffeur de taxi interprété avec brio par, Aziz Dadas, il part à la recherche des musiciens qui constituaient à la belle époque la troupe de son père. Il se confronte alors aux destins brisés, aux âmes égarées et aux cœurs écorchés de ceux qui étaient ses tontons, sa famille, les frères d’armes et de cœur de son père. Marcel ? Ils l’aiment, le regrettent et le détestent, lui, ce traitre qui les a abandonné sans crier gare pour s’exiler en Israel. Pourquoi quitter brusquement son pays natal pour une terre promise ? C’est la question à laquelle tentera de répondre Michael.



Le film de Jérôme Cohen Olivar est une histoire bouleversante qui s’articule autour de la question de l’identité marocaine. Dans ce film, on redécouvre, pour peu qu’on l’ait oublié, ce Maroc qu’on aime. Celui de la mixité, du métissage, de la fraternité, de l’amour. Ce vieux Casablanca, où déambule Micka à la recherche de son passé, nous raconte l’histoire commune de deux communautés qui se sont aimées et qui s’aiment encore profondément, d’un amour vrai et authentique.



Mention spéciale à la belle galerie de personnages que nous propose ce film.  On retrouve notamment une Amal Ayouch, fragile et excentrique ; un beau duo de rabbins interprété par Gad El Maleh et Hassan El Fad ou encore le réalisateur Noureddine Lakhmari, dans le rôle d'un douanier…Un grand Bravo à l’équipe de ce film qui a réalisé le beau pari de remettre l’essentiel au premier plan.

Sortie en salle le 15 octobre.

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