Latéfa Ahrrare: « La mer a accouché d’un enfant mort! »

En hommage au petit Aylan, l'actrice Latefa Ahrrare a organisé sur la plage des Oudayas à Rabat, une performance pour le moins originale, voire même dérangeante.

Quel est le sens de cette action "hommage au petit Aylan" que vous avez initiée?

Avec mes amis, des artistes, des journalistes, des membres de la société civile, des anonymes, on s'est allongés face contre le sable, sur la plage des Oudayas, à Rabat, vêtus d'un tee shirt rouge et d'un bermuda bleu (comme Aylan), sans bouger et en silence, pendant une quinzaine de minutes. Parce que ce petit garçon au corps sans vie, dont la photo a fait le tour de la planète, est devenu le symbole du drame des migrants en Méditerranée.

Vous avez fondu en larmes, à l'issue de la séance. On ressentait chez vous, une émotion très vive…

Avant d'être une artiste, je suis un être humain, car la seule grande valeur en chacun d'entre nous, c'est notre humanité. Le sort terrible de ce petit garçon m'a bouleversé et j'ai voulu transformer ma peine et mon indignation, en prise de conscience collective. Aylan est devenu l'emblème de l'innocence violentée; en effet, il n'a pas choisi de partir de chez lui. Il n'a pas choisi de mourir, ni la façon dont il allait mourir; ce sont des adultes qui ont décidé pour lui. Il est la victime collatérale de guerres qui le dépassent. Il est temps désormais d'agir, et, nous, en tant qu'activistes culturels, on a voulu l'exprimer à notre manière, en empruntant cette forme insolite de mise en scène. A cet égard, il faut souligner que c'est très courageux de la part des gens présents d'avoir accepté de se mettre "physiquement" à la place du petit martyr; mais on lui devait bien cela, à lui et à tous ces migrants qui risquent leur vie sur des embarcations de fortune, qui cherchent à survivre ou à fuir des pays en conflit. Aujourd'hui, on est aussi là pour dire non à la violence, à la guerre et au terrorisme sous toutes ses formes!

Cela suffira-t'il à faire bouger l'opinion sur la question des migrants?

Nous avons accueilli les subsahariens; nous devons aussi ouvrir notre porte et notre cœur aux réfugiés syriens. Avant que le cimetière marin n'engloutisse encore davantage de vies et que la catastrophe humanitaire ne prenne des proportions abyssales… Il y a quelques années de cela, des amis syriens évoquaient avec moi, un peu interloqués, le phénomène des harragas, qui, au péril de leur existence, tentaient de traverser le détroit en pateras. Ils doivent, sans doute, se souvenir de ma réponse de l'époque: "Ne questionnez pas les gens; questionnez plutôt leurs conditions"!  

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