Jugé trop osé, le film “La vie d’Adèle” d’Abdellatif Kechiche interdit de diffusion en France

Saisie par une association catholique d’extrême-droite, la justice a annulé le visa d’exploitation de La vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche, palme d’or au festival de Cannes en 2013.

Un vent de puritanisme flotte sur la culture de part et d’autre de la Méditerranée… La justice française a demandé au ministère de la Culture de « procéder au réexamen de la demande de visa » du film La vie d’Adèle dans un « délai de deux mois ». Le film d’Abdellatif Kechiche, qui raconte une passion amoureuse entre deux jeunes femmes, avait reçu la palme d’or à Cannes en 2013. Un visa d’exploitation (autorisation administrative nécessaire pour une diffusion en salle de cinéma) lui avait été accordé comportant une interdiction limitée aux mineurs de 12 ans assortie de messages d’avertissement. Pour motiver sa décision, la justice a estimé que le film comporte « plusieurs scènes de sexe présentées de façon réaliste, en gros plan » qui sont « de nature à heurter la sensibilité du jeune public ». Cette décision n’est pas sans rappeler l’interdiction de projection du film de Nabil Ayouch, Much Loved, il y a quelques mois au Maroc pour « outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et atteinte flagrante à l’image du royaume ». En France, la justice a été saisie par une association d’extrême-droite, Promouvoir, spécialiste de ce genre de procès, et dont l’objectif est de «protéger les mineurs à travers la promotion des valeurs judéo-chrétiennes».

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