Fayçal Azizi, une étoile est née…

Une voix mélodieuse, un physique de jeune premier et des performances d'acteur très remarquées... A tout juste 26 ans, le Tétouanais Fayçal Azizi fait son entrée sur la scène artistique française en interprétant le rôle de Habib dans la nouvelle série phare de Canal Plus : "Kaboul Kitchen". Rencontre avec un artiste en perpétuelle évolution et qui compte plus d'une corde à son arc.

FDM : Il paraît que vous n’avez jamais envisagé d’être acteur. Ça tombe mal…

Fayçal Azizi : Oui c’est vrai, je n’ai jamais pensé devenir acteur car ma passion a toujours été la musique. Mais je savais aussi que pour en faire mon métier, il fallait que je développe des techniques de scène. C’est pour cette raison que je me suis inscrit à l’Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle de Rabat. Les deux premières années, je les ai passées à observer et à apprendre. Si je me sentais à l’aise avec l’expression corporelle, le chant et la danse, ce n’était pas le cas quand il s’agissait d’interprétation. Je ne me donnais pas à 100 % car mon idée de base restait de faire de la scène en tant que chanteur.

Alors pourquoi décidez-vous d’être acteur ?

Le déclic s’est fait grâce à Jaouad Essounani, le metteur en scène de Dabateatr. Je l’ai rencontré au cours de mes études, et lors de chacun de nos échanges, il a su trouver les mots pour me donner confiance en moi et me faire aimer le métier d’acteur. Les choses ont changé la 3ème année lorsque j’ai intégré la troupe Dabateatr, avec laquelle je continue de jouer jusqu’à présent. J’ai commencé à faire des stages et sans que je ne m’en aperçoive, j’ai explosé littéralement. Mes camarades me disaient qu’ils trouvaient mon jeu pas mal et petit à petit, j’ai évolué et ai pris confiance en moi. Depuis, j’ai participé à plusieurs pièces de théâtre comme “Il/Houwa”, “D’Hommage”, “180 degrés”… J’ai débuté en tant que coordinateur de l’événement Dabateatr Citoyen à Rabat, en partenariat avec l’Institut Français, et j’ai aussi participé à plusieurs courts et longs-métrages.

Aujourd’hui, vous êtes à l’affiche de la nouvelle série phare de Canal Plus : “Kaboul Kitchen”.

Ça vous fait quoi ?

Ça fait plaisir (rires). C’est une expérience qui m’a appris beaucoup de choses. C’est la première fois que je joue dans une série, que je vis un tournage pendant plusieurs jours. J’ai compris plein de choses et j’ai eu beaucoup de chance de faire mes premiers pas dans le cadre d’une production de Canal Plus, où tout se fait de manière très professionnelle.

Comment avez-vous été casté ?

Rakel Benchetrit, qui organise des castings pour les productions étrangères, m’a proposé de faire des essais pour le rôle de Habib. Nous avions collaboré à l’occasion d’une fiction documentaire dans le cadre de laquelle j’ai joué le rôle de Toutankhamon. Puis, un jour, elle m’a appelé en catastrophe pour me dire qu’il fallait absolument que je passe un casting pour “Kaboul Kitchen”. J’avais très peu de chances de décrocher le rôle car un acteur français était fortement pressenti pour interpréter le personnage, mais le casting était encore plus ou moins ouvert. Les images ont été envoyées à Canal Plus et ils ont dit voilà, c’est celui-là qu’on veut ! J’ai fait un deuxième casting et j’ai décroché le rôle pour de bon.

Vous partagez l’affiche avec Gilbert Melki. Vous vous êtes bien entendus tous les deux ?

Il m’a apporté beaucoup de bonnes choses et de bonne énergie. Parfois, on ne comprend pas trop où il veut en venir car il a l’art d’être là où on ne l’attend pas. Il ne tient pas compte des indications qu’on lui donne et ça peut déstabiliser le réalisateur et l’équipe. Mais en fin de compte, il sait très bien où il veut en venir. C’est un acteur à la fois créatif et intelligent. On s’est très bien entendus pendant toutes les séquences que nous avons jouées ensemble.

Comment expliquez-vous qu’un acteur en herbe décroche ainsi un rôle principal du premier coup dans une production étrangère ?

En fait, le rôle était beaucoup moins important à l’origine, mais au fur et à mesure du tournage, mon jeu leur a apparemment plu et ils ont décidé d’étoffer le personnage, de rajouter des répliques, des séquences, des gags… au point d’en faire un rôle incontournable de la série.

Pouvez-vous partager avec nous un souvenir mémorable de ce tournage ?

Il y a plein de choses à dire car tout le tournage est un souvenir mémorable ! Mais disons que le plus marquant, c’est lorsqu’au cours d’une même journée, j’interprétais un rôle dans un film belge à El Jadida, j’étais en même temps en tournée avec le cirque Shems’y à Agadir, et je devais aussi assurer le tournage de “Kaboul Kitchen”. En une journée, j’ai fait Casa-Agadir-El Jadida… Et bien sûr, il faut ajouter à cela le manque de sommeil et une alimentation très déséquilibrée. C’est là qu’on se rend compte qu’on peut dépasser toutes nos limites à condition d’aimer ce que l’on fait.

Est-ce facile de pénétrer dans le monde artistique occidental quand on est un jeune artiste marocain ?

Je pense que ça dépend de l’ambition de chacun. Ce n’est pas évident, mais si tu bosses, tu t’actives, tu fais preuve de professionnalisme, des occasions se présenteront sûrement. Toutefois, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’ouvertures au Maroc sur le monde artistique international parce qu’ici, on n’a pas d’industrie artistique à proprement parler, qu’elle soit musicale ou cinématographique. Il n’y a pas, ou très peu en tout cas, de réseaux d’artistes, de productions qui soient en rapport avec des productions étrangères ; et c’est pour ça que les artistes marocains ont du mal à percer ailleurs qu’au Maroc.

Comment pensez-vous que la scène culturelle marocaine évoluera sous l’influence du gouvernement actuel ?

Je pense que les artistes doivent arrêter de se plaindre, de se victimiser, de dire qu’ils n’ont pas de boulot, pas de productions… Ce sont eux qui doivent commencer à bouger, penser à des structures, des réseaux, sans attendre des fonds. Prenons le cas de Dabateatr : c’est la seule troupe au Maroc qui s’en sort de cette manière, qui fait deux ou trois productions par an et quelques collaborations à l’étranger. Au fil des ans, le concept évolue, grandit et s’ouvre aux autres troupes et à d’autres artistes. Ce n’est pas quelque chose de très difficile à mettre en place et il faut réunir pour cela de bons profils. Quant au nouveau gouvernement, il a le devoir de bosser pour faire face aux nombreuses tensions du moment. Mais je ne pense pas que ce soit à lui de changer la scène culturelle marocaine. Ce qui lui incombe, c’est de mettre en place des structures culturelles et de décentraliser pour que tout le Maroc en profite.

Quels sont vos projets à venir ?

J’ai une collaboration à venir avec Othman Naciri pour son premier long-métrage. Je l’aime beaucoup et j’ai adoré ses courts-métrages. Je fais toujours partie de la troupe Dabateatr, je participe à des workshop et je prépare mon album solo. Mon groupe K’lma continue de vivre mais je me lance en parallèle dans une carrière solo. â– 

 

La Fashion Week, c'est de la haute couture, des silhouettes féminines et masculines et une mode qui se meut dans
La Saint-Valentin approche à grands pas. Et si vous commenciez les hostilités en partant en week-end avec votre moitié, en
31AA4644-E4CE-417B-B52E-B3424D3D8DF4