3 questions à Maguy Kakon

Elle est juive, marocaine, tête de liste et porteparole du Parti Social aux dernières élections législatives... Maguy Kakon a entrepris une campagne électorale aux allures de tour du Maroc en quinze jours, avec une détermination et un enthousiasme contagieux !

FDM : Votre candidature a créé le buzz sur le Net parce que vous êtes de confession juive.

Entendiez-vous également représenter la communauté des juifs marocains au Parlement ?

Maguy Kakon : Ma participation est citoyenne et complètement indépendante de ma confession. Si j’ai cherché à être élue démocratiquement, c’est d’abord pour sortir de l’opprobre de ceux que je côtoie tous les jours : tous les oubliés et les opprimés du Maroc d’en bas. Tant pis pour mes détracteurs qui opèrent des amalgames entre mes convictions politiques de femme engagée et mon identité communautaire. A contrario, j’ai reçu des soutiens de toute part, et surtout par rapport à mon action et ma volonté de faire bouger les choses. Rempiler pour ces élections m’était indispensable, car je ne voulais

pas décevoir les 30.000 électeurs qui ont voté pour moi en 2007.

Votre parti est celui de l’abeille, une métaphore que vous reprenez souvent, celle de la travailleuse laborieuse qui finit par donner du miel… Quelles sont vos idées phares ?

L’éducation, l’instruction publique de qualité gratuite et obligatoire et les droits des femmes sont le coeur de cible de notre projet politique. Sans éducation avec une égalité des chances assurée pour tous, le Maroc de demain ne peut se construire sur un socle solide. Priorité à la méritocratie ; car on s’est privés de beaucoup de talents qui, n’étant pas les “fils de”, se sont expatriés ailleurs ! Et contrairement à certains politiques qui envahissent les plateaux télé ou dont la spécialité consiste à se répartir les bons postes et le pouvoir, nous, on va sur le terrain et on donne une suite réelle à nos propositions, attentifs à observer, écouter et répondre aux souffrances et aux carences qui perdurent. Dans certains endroits enclavés, le spectacle n’est que désolation : routes lamentables, habitats insalubres, plus de 50 élèves par classe, transport et sécurité inexistantes…

Votre campagne s’est déroulée aussi sur le champ de la Toile. Une démarche de femme politique ancrée dans la modernité ?

Exactement. J’ai communiqué en permanence avec mes fans internautes, en les informant quotidiennement sur mes activités sur le terrain et aussi, en écoutant leurs doléances, leurs remarques et leurs suggestions. En a découlé une interaction en  quasi temps réel… â– 

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