Latifa Chérif : “On communique très mal sur le cancer du col de l’utérus”

Latifa Chérif, présidente de l’association Le ruban rose dresse pour nous, à l’occasion de La journée mondiale de lutte contre le cancer célébrée le 4 février, le bilan de cette maladie.

Latifa Chérif, vous êtes une femme engagée et une militante pour le droit des patients atteints de cancer, en ce 4 février, journée mondiale contre cette maladie, quel bilan faites-vous de la situation des malades du cancer au Maroc ?

Aujourd’hui au Maroc, nous sommes à un ratio de 120 personnes atteintes du cancer sur 100.000, avec un taux de mortalité d’environ 87 décès sur les 100.000 cas. La propagation s’est malheureusement accentuée après la crise sanitaire faute de contrôle et de dépistage pendant la crise covid.

Chez les femmes, le cancer du sein arrive en tête, et il est suivi du cancer du col de l’utérus. Quant aux hommes, on retrouve en première catégorie le cancer du poumon, suivi du cancer de la prostate. La Couverture santé universelle lancée par le Maroc va permettre l’accès équitable aux services de santé, ce qui va certes améliorer la prise en charge dans notre pays, mais il faudra du temps, parce que souvent il y a encore quelques soucis informatiques au niveau de la CNSS. Il arrive qu’un patient découvre ce qu’on appelle des droits fermés, c’est-à-dire qu’il n’a pas droit à une prise en charge la veille de sa chimiothérapie.

Ceci dit, l’oncologie évolue très bien chez nous, car nous avons d’excellents médecins. Il suffit juste que l’État leur facilite la tâche et leur donne les moyens de bien travailler.

En avril 2022, vous avez interpellé Khalid Aït Taleb, Ministre de la Santé et de la Protection Sociale sur la stratégie de lutte contre le cancer chez la femme au Maroc et plus précisément concernant le cancer du col de l’utérus. Le Maroc a lancé en octobre 2022 la campagne de vaccination anti HPV, cependant il y a eu une absence de communication. Pouvez-vous nous donner des détails concernant cette campagne ? Quel a été son impact ?

Le Ministère devrait communiquer d’abord sur tout ce qui est dépistage et génotypage du papillomavirus (HPV), parce que nous perdons encore plus de 50 % des personnes infectées, et le papillomavirus touche plus de 80% des personnes sexuellement actives.
La campagne de vaccination contre le HPV a été lancée, ce qui est une première chez nous et c’est très bien. Cette campagne se fait dans les centres de santé primaires dans certains dispensaires, mais reste très timide à cause de la non-information je dirais, ou carrément absence de communication. Ainsi l’information n’arrive pas aux populations marocaines en général.

Il faut savoir que cette vaccination est volontaire, c’est au bon gré de chacun, et elle est gratuite, mais la présence d’un parent est obligatoire, ce qui freine un petit peu le processus, alors qu’il aurait été plus judicieux de créer un vrai partenariat avec l’Education Nationale. Cela aurait peut-être faciliter de vacciner les enfants dans les écoles.

Aujourd’hui nous n’avons pas encore de chiffres concernant les enfants qui ont été vaccinés, j’espère qu’il y aura une publication du Ministère concernant cette vaccination nationale.

La journée mondiale contre le cancer est l’occasion de faire un bilan mais aussi de se projeter dans le futur. Quel est votre souhait concernant la lutte contre le cancer au Maroc ?

J’ai beaucoup de souhaits… Mon souhait serait qu’une fois un diagnostic annoncé, le malade puisse faire tout son bilan d’extension c’est-à-dire pet scan, scintigraphie osseuse, scanner thoraco-abdomino pelvien, analyses… au même endroit et dans les deux jours qui suivent afin de définir son parcours de soin et ne pas le laisser dans la peur longtemps. En effet souvent vous avez des malades qui stressent tellement, qu’ils tombent dans une immunodépression au bout de 15-20 jours à force d’attendre parce qu’ils ont peur de mourir). Donc j’aimerais bien qu’on accélère le bilan d’extension. Également mon grand souhait est que les Marocains aillent se faire dépister régulièrement car cela sauve vraiment des vies. Comme on le sait, le diagnostic précoce mène dans plus de 90% vers la guérison.

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