De Dakhla à Al Hoceïma, une caravane pour révéler les violences numériques

Dans sa campagne “مانسكتوش على العنف”، le CNDH déploie seize jours d’action avec témoignages, vidéos, installations publiques et caravane nationale pour exposer une violence numérique qui ne cesse de s’étendre. Une pandémie silencieuse mise en lumière à travers des récits inspirés du réel, rappelant que ce qui se passe derrière un écran est une violence bien réelle.

En lançant la campagne “مانسكتوش على العنف”، le Conseil national des droits de l’Homme met au premier plan une question devenue centrale : la violence numérique n’est plus une simple dérive du web, mais une atteinte directe à la dignité, à la sécurité et aux droits fondamentaux des femmes et des filles. Inspirées de faits réels, seize vidéos sont diffusées pendant seize jours pour montrer la diversité des victimes : journalistes, étudiantes, migrantes, femmes en situation de handicap, créatrices de contenu, professionnelles. Elles racontent le harcèlement, le chantage, la diffusion non consentie d’images ou de données, et l’impact psychologique qui dépasse largement l’écran.

Dans ce cadre, une vidéo symbolique intitulée “أنا سارة…” illustre la manière dont une femme peut voir sa vie bouleversée par des attaques numériques répétées. Le CNDH ne cherche pas à dramatiser : il rend visible ce que beaucoup préfèrent taire.

12 régions du Royaume

La campagne 2025 ne se limite pas au digital. Le CNDH investit les espaces publics avec des installations fortes : mapping sur la façade du siège à Rabat, expositions à Mahaj Ryad, sur l’avenue Mohammed V devant le Parlement, et à la gare Rabat-Agdal. Ces dispositifs immersifs visent à “matérialiser” une violence souvent jugée abstraite. Ils montrent que ce qui commence derrière un écran finit toujours par toucher la vie réelle. Tous les supports sont accessibles en langue des signes pour garantir une communication inclusive.

En parallèle, une caravane nationale parcourt douze villes en seize jours, de Dakhla à Al Hoceïma jusqu’à Kénitra. L’objectif est d’aller au contact direct des citoyennes et citoyens, de discuter, d’écouter, d’expliquer les risques, les mécanismes de signalement et les recours possibles. Chaque étape révèle la même réalité : les violences numériques se multiplient, évoluent, se complexifient, et frappent surtout les femmes jeunes, instruites ou visibles dans l’espace public. Pour Amina Bouayach, présidente du CNDH, la révolution technologique a créé “un espace où s’opèrent de nouvelles formes d’exclusion et de discrimination”. Harcèlement, diffamation, chantage, cyberintimidation : autant de violences qui, une fois en ligne, se diffusent à une vitesse qui dépasse les cadres juridiques existants.

Un appel national 

Le CNDH, rejoint par ONU Femmes et plusieurs acteurs institutionnels, appelle à une mobilisation collective : mise à jour des lois, éducation au numérique, responsabilisation des plateformes, soutien psychologique des victimes. Car la violence numérique n’est pas un phénomène isolé : elle agit comme un frein à la participation des femmes, à leur liberté d’expression, et à leur présence dans l’espace public.

À travers cette campagne, le message est clair : le silence ne protège personne. Rendre visible la violence numérique, c’est déjà commencer à la combattre.

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