Serpil Sarıaydın : “Chaque année, nous recevons à peu près 400 patients en provenance du Maroc”

Mme Serpil Sarıaydın dirige l’hôpital Acibadem Ataşehir. Cet hôpital au design futuriste, avec ses 153 suites, 298 lits, 10 blocs opératoires, 1 salle d'opération dédiée à la FIV et des salles d'intervention de chirurgie mineure, est la vitrine du Groupe à l’international. Elle nous en parle.

Mme Serpil Sarıaydın, pourriez-vous nous parler de vous ?

Je suis née le 1er Mars 1976 dans la ville de Kocaeli en Turquie. Après avoir obtenu mon diplôme   de gestion des structures médicales de l’Université Hacettepe, j’ai poursuivi  mes études supérieures dans l’administration des affaires à l’Université de Kocaeli. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai servi dans le secteur public pendant sept ans. En 2005, j’ai démissionné pour rejoindre le Groupe ACIBADEM en tant que directrice d’hôpital.

Mme Sariadyn feuilletant un exemplaire du magazine FDM.

ACIBADEM était encore un petit groupe quand vous l’avez rejoint. Vous souvenez-vous de votre premier jour de travail ?

Forte de mon expérience dans le public, j’ai abordé ce premier jour l’esprit tranquille, mais quand j’ai franchi la porte de l’hôpital Acibadem, j’ai eu l’impression que je venais de quitter les bancs de l’école et que ma première expérience professionnelle démarrait. Le groupe ACIBADEM s’était donné dès le début l’objectif d’être concurrentiel sur la place internationale. Ses structures ressemblent plus à des hôtels qu’à des hôpitaux, ses procédures sont très détaillées, avec beaucoup de normes de qualité et de sécurité. C’est une excellente école.

Dans le domaine des services, la touche féminine fait la différence. D’après vous, quel est l’impact du leadership féminin dans le secteur de la santé ?

Rien qu’à Istanbul où le Groupe possède 10 hôpitaux, nous sommes 8 femmes à occuper la fonction de directrice d’hôpital. À tous les niveaux, les hommes comme les femmes sont très professionnels, mais je crois que la minutie des femmes dans l’exercice de leur métier, leur sens de responsabilité, leur attention aux détails, l’empathie et la compassion exacerbée dans la nature nous a dotées fait un tout petit peu la différence.

Quels sont les services que vous proposez aux patients locaux et aux étrangers ?

Pour le groupe ACIBADEM, les patients qui franchissent les portes de nos hôpitaux sont égaux et bénéficient à titre égale de nos services. Nous sommes plus empathiques avec nos patients étrangers, qui sont d’abord les invités de la Turquie avant d’être nos patients et nous leur accordons une attention particulière afin de réduire ce stress psychologique. Le groupe ACIBADEM a mis en place un département spécial offrant des services personnalisés aux patients étrangers. Nous accueillons le patient à l’aéroport. Le patient peut contacter nos traducteurs tout au long de son séjour pour être assisté. Le patient peut également appeler nos médecins directement sur leurs téléphones portables. Nous restons en contact avec nos patients étrangers pour les aider pendant leur séjour en Turquie. N’oublions pas que nous accueillons des patients et non des touristes. 

Pour quelles branches médicales les patients marocains vous consultent-ils ?  

Nos patients en provenance du Maroc sollicitent de nombreux départements à ACIBADEM. Nous avons des représentants régionaux qui les aident à obtenir de seconds avis médicaux gratuitement dans leur propre langue auprès de nos médecins, les réponses les décident souvent à opter pour les hôpitaux ACIBADEM pour leurs traitements à l’étranger. En effet, dans plusieurs branches médicales, nos résultats sont impressionnants, nous utilisons également la technologie médicale la plus avancée dans le monde et les coûts de nos traitements sont 40 à 45% plus économiques comparés à l’Europe. Toutes les branches médicales sont représentées dans les hôpitaux ACIBADEM, les patients marocains nous consultent souvent pour les greffes d’organes, notamment le foie, les greffes de moelle osseuse,  des traitements en neurochirurgie et aussi pour des procédures moins lourdes telles que les interventions esthétiques et les bilans de santé annuels. 

Une vue de l’hôpital Acibadem Ataşehir.

Pour quelle raison les patients marocains devraient-ils considérer la Turquie comme une destination pour le tourisme médical  et choisir de l’hôpital Acibadem Ataşehir ?

En fait, la culture turque et la culture marocaine ne sont pas très différentes d’après ce que j’ai constaté lors de ma propre visite au Maroc l’été dernier. Nous possédons beaucoup de caractéristiques en commun issues de notre culture orientale mixée à la culture européenne de par nos positions géopolitiques aux portes de l’Europe. La religion est commune, les habitudes et le sens de l’hospitalité sont également des points que nous partageons en tant que peuples. Sans compter qu’il n’y pas de restriction au voyage comme le visa entre nos deux pays.

Dans nos hôpitaux, la sécurité est notre priorité. Nous pensons à tous les détails comme pour un voyage en avion. Avant le décollage de l’avion, tout est vérifié et revérifié pour la sécurité des passagers. Pareillement à l’hôpital, les mesures de qualité sont évaluées sans cesse dans les blocs opératoires, les salles de consultations, les laboratoires et les chambres des patients. Nous sommes transparents et ne cachons rien au patient.   

L’hôpital Acibadem Ataşehir a ouvert ses portes en septembre 2022. Mais alors qu’il était encore en construction, je me suis installée avec mon équipe sur le chantier dès le mois de Janvier 2022. Nous avons travaillé ici pendant près de 9 mois avec les architectes et les ingénieurs. Nous avons recruté l’ensemble des 1300 personnes qui y travaillent aujourd’hui et les avons placés dans les autres hôpitaux du Groupe pour qu’ils soient formés à toutes les procédures. Notre objectif était de lancer l’hôpital Acibadem Ataşehir le 9 Septembre 2022 dans la continuité de l’expérience accumulée depuis la création du Groupe en 1991. Grâce à l’expérience de l’équipe de direction et la formation du personnel pendant 9 mois, l’hôpital a pu prendre en charge 500-600 consultations et chirurgies dès la première semaine d’activité.

Quels conseils donneriez-vous à de futures femmes leaders ?

Je suis très fière d’être une femme qui occupe un poste de direction. Ce qui me rend fière est ma capacité à m’adapter aux responsabilités et aux attentes collectives du top management, des médecins, des patients et de tout cet écosystème dont je fais partie. Une femme en poste de responsabilité ne doit pas oublier qu’elle est d’abord une femme avec d’autres responsabilités sociales en lien avec sa vie privée. Je pense toujours que le secret du succès dans la vie c’est l’équilibre. J’ai toujours été une travailleuse acharnée, mais ma famille a toujours été ma première priorité. Dans la vie professionnelle, en exerçant le leadership ou un travail en équipe, nous ne devons pas adopter un comportement masculin. Mon conseil est de ne pas perdre l’instinct féminin et j’irai jusqu’à dire maternel. Ce sont des instincts qui proviennent de nos hormones féminines et qui nous aident à renforcer notre intelligence émotionnelle, notre empathie et notre compassion envers nos semblables. Cela a toujours été mon conseil aux femmes managers d’aujourd’hui et de demain.  Travailler comme une femme est une très grande réussite et nous le prouvons tous les jours.  

Comment occupez-vous votre temps libre, si vous en avez ?

Il est vrai que notre rythme de travail est très intense mais j’aime tellement voyager. D’ailleurs, mon dernier voyage était au Maroc. C’était un court séjour de 4 jours que je me suis accordée en compagnie de ma sœur avant l’ouverture officielle de l’hôpital Acibadem Ataşehir. Nous étions impressionnées par l’histoire, la culture, la gastronomie locale, la gentillesse des gens… Nous avons visité plusieurs villes comme Essaouira, Rabat et Marrakech. Les Marocains aiment beaucoup les Turcs, ils sont avenants et attentionnés. C’était à la fois une visite touristique et une quête d’inspiration car j’aime aussi écrire. J’ai assisté à des cours d’écritures créatives il y a quelques années et je me suis spécialisée dans la production de contes pour enfants. Je peux vous dire que le Maroc est une pépite, c’est mon coup de cœur parmi tous les pays que j’ai visités.

Mme Serpil en vacances au Maroc.

Un dernier mot ?

Quand j’ai reçu la demande pour réaliser cette interview pour un magazine marocain, j’ai souri. C’est un clin d’œil du Maroc pour moi, notre coup de foudre est donc réciproque. J’ai visité beaucoup de pays en Amérique et en Europe. En général, je ne retourne pas aux pays que j’ai déjà visités, mais ce n’est pas le cas pour le Maroc. J’y retournerai bien chaque année. Je demanderai les bonnes adresses à mes futurs patients marocains ! 

Le Groupe Acibadem en quelques lignes

Le Groupe Acibadem est une chaîne d’hôpitaux proposant des soins de santé privés en Turquie, Bulgarie, Macédoine, Serbie et Pays-Bas. Créé il y a plus de trente ans à Istanbul, le Groupe est le leader en Turquie dans l’exportation des services de santé. Acibadem Ataşehir est le 10ème hôpital du Groupe à Istanbul et le 24ème dans le monde. Cet hôpital est reconnu pour son architecture unique, sa technologie médicale avancée et ses systèmes numériques exclusivement développés par le Groupe pour la gestion des hôpitaux. Le nouveau campus médical se distingue par sa clinique pédiatrique avec sa conception unique adaptée aux enfants et ses aires de jeux. 

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