Ghizlane Ziad : “La motivation ne se décrète pas, elle se cultive”

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) constituent un enjeu majeur de santé publique. Au Maroc, le sujet demeure encore tabou, même si, avec l’émergence des réseaux sociaux, plusieurs spécialistes prennent aujourd’hui la parole sur leurs plateformes afin de sensibiliser et d’alerter sur les risques associés. En matière d’accompagnement psychologique, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) ainsi que la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) sont les plus plébiscitées pour intervenir sur les comportements alimentaires problématiques. Eclairage avec Ghizlane Ziad, psychologue clinicienne.
Ghizlane Ziad, Psychologue clinicienne

Comment les thérapies comportementales (TCC et ACT) peuvent-elles aider à modifier les comportements alimentaires problématiques ?

Les TCC et l’ACT n’agissent pas sur l’alimentation en tant que telle, mais sur la relation que la personne entretient avec la nourriture, son corps et ses émotions. Et c’est là que tout se joue. En TCC, le travail se fait sur les automatismes : manger pour apaiser une tension, compenser une frustration, remplir un vide, se punir ou se rassurer. On aide la personne à identifier ses déclencheurs, à repérer les pensées rigides (« j’ai craqué, donc tout est foutu », « je n’ai aucune volonté ») et à tester des alternatives plus ajustées, plus douces, plus réalistes. L’ACT va encore plus loin sur le plan émotionnel : elle invite à sortir de la lutte permanente contre soi-même. On n’essaie pas de supprimer les envies, les émotions ou les pensées difficiles, mais on essaie d’apprendre à les accueillir sans qu’elles dictent automatiquement le comportement. L’objectif n’est pas le contrôle, mais la cohérence avec ses valeurs : prendre soin de son corps, se respecter, retrouver une liberté intérieure face à la nourriture. Dans les deux approches, on quitte la logique de la faute ou du manque de volonté et on restaure une compétence essentielle : le choix conscient.

Dans quels cas ces thérapies sont-elles particulièrement indiquées ?

Elles sont particulièrement pertinentes lorsque l’alimentation est devenue un terrain de conflit interne. Notamment lorsqu’il y a des compulsions alimentaires, avec ou sans crises, quand l’alimentation est émotionnelle (stress, solitude, fatigue, surcharge mentale), quand il y a des alternances restriction / perte de contrôle, quand personnes qui “savent quoi manger” mais n’arrivent pas à le faire dans la durée, quand le parcours est marqué par des régimes répétés, souvent culpabilisants. Elles sont aussi très indiquées lorsque la question alimentaire est intimement liée à l’estime de soi, au rapport au corps, ou à une histoire personnelle où la nourriture a servi de refuge, de régulateur ou de langage émotionnel.

Comment s’articule le travail entre nutritionniste et psychologue dans ces approches ?

Quand la collaboration est bien faite, elle est extrêmement enrichissante. Là où le nutritionniste apporte un cadre nutritionnel clair, sécurisant et non culpabilisant. Là où le psychologue, de son côté, travaille sur ce qui empêche ce cadre d’être appliqué sereinement : les émotions, les croyances, les injonctions internes, le rapport au contrôle. On avance en parallèle, parfois en miroir. La nutrition donne des repères, la psychologie permet de ne pas s’y enfermer. L’une structure, l’autre assouplit. Ce travail d’équipe évite un écueil fréquent : faire porter à l’alimentation seule la responsabilité d’un mal-être qui dépasse largement l’assiette.

Quels conseils donner pour renforcer la motivation sans tomber dans le contrôle excessif ?

D’abord, changer de posture : la motivation ne se décrète pas, elle se cultive. Il peut être utile de remplacer la logique du « il faut » par celle du « qu’est-ce que je choisis pour moi aujourd’hui ? ». La motivation durable naît quand on se sent acteur, pas surveillé. Quelques repères simples : viser la régularité plutôt que la perfection, s’autoriser les écarts sans les dramatiser, observer plutôt que juger, valoriser chaque pas, même minuscule. Et surtout : sortir de la guerre intérieure. Plus on se contrôle, plus le corps résiste. Plus on s’écoute, plus il coopère. L’alimentation redevient alors ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un espace de soin, pas de sanction.

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