Comment différencier concrètement la faim physiologique de la faim émotionnelle ?
Manger n’est pas seulement question de besoin physiologique, parfois, c’est aussi le reflet de nos émotions et notre psychique. C’est là où la faim émotionnelle et physiologique se distinguent.
La faim émotionnelle c’est celle qui apparaît lorsqu’une émotion prend le dessus, stress, ennui, colère.. elle peut être aussi intensifiée par les fluctuations hormonales menstruelles.
Tandis que la faim physiologique est la faim qui désigne que notre corps a besoin d’énergie pour fonctionner, elle apparaît progressivement et non brusquement (le cas de la faim émotionnelle), et disparaît lorsqu’on mange à sa juste faim.
Écouter toujours son corps et ses émotions pour repérer le type de faim ressenti, puis réfléchir avant de manger et se demander : est-ce que j’ai réellement faim ou ce sont mes émotions qui me poussent à manger ?
Reconnaître la différence n’est pas un exercice de contrôle mais un pas vers une alimentation consciente et bienveillante.
Quels premiers réflexes adopter lorsqu’on identifie une faim émotionnelle ?
Lorsque la faim émotionnelle est identifiée, il est recommandé de s’arrêter avant de passer à l’acte, respirer puis réorienter l’énergie vers un geste plus concret tel qu’une activité physique ou s’accorder un petit plaisir non alimentaire et au moment du repas qui suit, toujours avoir un plat consistant et bien équilibré. En tant que diététicienne nutritionniste je vois des patientes culpabiliser et se juger, mais l’essentiel c’est d’apprendre à écouter son corps et son mental avec bienveillance ce qui aide à avoir une relation saine avec l’alimentation basée sur le plaisir, l’écoute et l’équilibre .
Quels sont les troubles du comportement alimentaire les plus fréquents aujourd’hui chez les adultes et les adolescents ?
Les troubles du comportement alimentaire ne sont pas rares au Maroc, ils existent bel et bien mais sont peu diagnostiqués . Ils regroupent plusieurs formes notamment la boulimie, l’anorexie et l’hyperphagie qui font partie d’une réalité souvent silencieuse marquée par le tabou et une prise en charge encore insuffisante.
Chez les adolescents et les jeunes adultes, la pression sociale, les réseaux sociaux, le stress scolaire ou universitaire constituent des facteurs de risque importants pouvant altérer l’image de soi.
Les adultes aussi ne sont pas épargnés; stress professionnel, exigences sociales et traumatismes non résolus peuvent favoriser l’apparition ou la persistance sur plusieurs années.
Ainsi, un dépistage précoce et une prise en charge nutritionnelle et psychologique permettent un rétablissement progressif et durable.