La demande en mariage entre hier et aujourd’hui

L'institution du mariage a toujours revêtu une importance capitale. Au fil du temps, cette sacralité a évolué, s'adaptant aux bouleversements sociaux, économiques et culturels. L'une des facettes les plus palpables de cette transformation réside dans la manière dont la demande en mariage s'est métamorphosée, naviguant entre les eaux tumultueuses de la tradition et les rivages de la modernité.

La demande en mariage suit un schéma immuable depuis des générations. Elle se caractérise souvent, nous explique Naïma Chikhaoui, socio-anthropologue et chercheuse féministe, par l’implication de la famille, avec les parents jouant un rôle central dans le processus.  Les rencontres entre les familles des futurs mariés, les arrangements matrimoniaux préalables et les cérémonies de fiançailles fastueuses sont des éléments indissociables de cette tradition. “Lorsque nous parlons de mariage en tant qu’institution, nous parlons beaucoup de parents en tant qu’acteurs sociaux et non de parentalité comme on pourrait le comprendre aujourd’hui. La dimension du couple était complètement écartée”, relève Naïma Chikhaoui.  C’est ainsi que le père du prétendant entame les négociations avec la famille de la future épouse. Ces pourparlers, qui peuvent être longs et complexes, portent sur des questions telles que la dot, les arrangements financiers, et parfois même des considérations tribales ou sociales. La dot est une pratique ancestrale qui demeure toujours d’actualité, mais varie selon les régions. “La dot reste un point noir. Cela sonne comme l’appropriation de la femme par son maître. La dot est là pour connoter cette pratique du mariage et elle accorde un certain rôle et un certain statut à la future épouse”,  nous explique la chercheuse, avant de rappeler que “autrefois, la dot avait joué un rôle clé dans la préservation des biens de la femme. Même si les choses sont en train de changer, la dot est encore très valorisée.” Il s’agit d’un montant d’argent ou de biens offerts par le marié à la mariée en vue de la conclusion du mariage. “Si cette dernière est élevée, vous avez plus de valeur et si elle est modeste, vous aurez moins de valeur”, fait remarquer la Naïma Chikhaoui. Traditionnellement, la dot était conçue comme une sécurité financière pour la femme en cas de divorce ou de décès de son époux. Bien que cette pratique ait été réglementée par la loi marocaine pour éviter les abus, elle reste profondément ancrée dans la culture marocaine.

L’émergence de la modernité

Au fil du temps, la demande en mariage au Maroc a commencé à prendre un nouveau visage. Les jeunes générations, imprégnées par les influences occidentales et les avancées technologiques, adoptent des attitudes différentes envers le mariage. “Pour faire court, nous sommes dans un petit village inter communicatif et les moyens de télécommunication où justement les réseaux sociaux jouent ce rôle d’unification, voire d’uniformisation d’un certain stéréotype de ce que doit être le mariage, dans la manière dont il doit être établit, conduit et célébré”, fait remarquer Naïma Chikhaoui. 

La notion de romantisme gagne du terrain, avec un nombre croissant de couples préférant se rencontrer de manière en dehors des cercles familiaux et tomber amoureux avant d’officialiser leur union. Les médias sociaux ont également exercé une influence considérable sur la manière dont la demande en mariage se déroule au Maroc. Les plateformes telles que Facebook, Instagram et TikTok ont créé de nouveaux espaces de rencontre et de flirt, permettant aux individus de nouer des relations en dehors des cercles traditionnels. “Aujourd’hui les époux sont plus indépendants; Ce ne sont plus les parents ou la famille qui décident pour eux. Il y a une certaine forme d’indépendance”, précise la socio-anthropologue. Les messages privés et les likes ont remplacé les entremetteuses, ouvrant la voie à des demandes en mariage plus spontanées et individuelles. 

La quête d’indépendance

Dans ce contexte moderne, le consentement mutuel devient un élément central de la demande en mariage. Les jeunes marocains accordent une grande importance à la liberté de choisir leur partenaire, loin des pressions familiales ou sociales. Le respect des choix individuels et la volonté de construire une relation fondée sur l’amour et la compatibilité deviennent des valeurs primordiales. Parallèlement à ces évolutions, de nouvelles tendances émergent dans la manière dont les demandes en mariage sont formulées. Les jeunes couples adoptent des approches plus créatives et personnalisées pour exprimer leur amour et leur engagement. Des propositions romantiques dans des lieux emblématiques, des messages personnalisés, voire des vidéos virales, deviennent monnaie courante pour sceller l’union. 

Aussi, de plus en plus de jeunes marocains aspirent à une plus grande autonomie dans leur choix de partenaire. Ils rejettent les mariages arrangés au profit de relations basées sur l’affection et la compatibilité. Cette quête d’indépendance conduit souvent à des demandes en mariage plus intimes et personnalisées, où les sentiments priment sur les considérations traditionnelles de statut social et de lignée familiale.

La cohabitation prémaritale

Enfin, la pratique de la cohabitation prémaritale gagne du terrain au Maroc, en particulier dans les grandes villes où les normes sociales sont moins rigides. De nombreux couples choisissent de vivre ensemble avant de se marier, testant ainsi leur compatibilité et leur engagement mutuel. Cette évolution reflète un changement de mentalité, avec une acceptation croissante des modes de vie occidentaux et une remise en question des conventions traditionnelles.

Au-delà des traditions et des apirations à la modernité, le mariage demeure un symbole d’union, de famille et de continuité au Maroc. En naviguant entre tradition et modernité, les jeunes marocains redéfinissent progressivement les contours de la demande en mariage, tout en préservant l’essence même de ce rituel ancestral.

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