Notre organisme fonctionne selon un rythme circadien, une horloge biologique interne qui régule notamment le sommeil, la digestion et la production d’hormones. Lorsque les repas sont pris très tard le soir, ce rythme peut être perturbé.
Une étude menée par des chercheurs de Brigham and Women’s Hospital et de Harvard Medical School a montré que dîner tardivement peut augmenter la sensation de faim, ralentir la dépense énergétique et favoriser le stockage des graisses. Les participants qui mangeaient plus tard présentaient également une activité métabolique différente, ce qui pourrait contribuer à la prise de poids. Les chercheurs expliquent que le corps est biologiquement programmé pour métaboliser les aliments plus efficacement plus tôt dans la journée.
Effets sur le cœur et le poids
D’autres travaux scientifiques ont également établi un lien entre repas tardifs et risques pour la santé cardiovasculaire. Une étude publiée dans le European Heart Journal a montré que les personnes qui dînent très tard (ou juste avant de se coucher) pourraient présenter un risque plus élevé d’accidents cardiovasculaires, notamment chez les personnes déjà fragilisées par des problèmes cardiaques.
Par ailleurs, plusieurs recherches sur la chrononutrition indiquent que manger tard le soir est associé à une augmentation du risque d’obésité, de diabète de type 2 et de troubles métaboliques. Les spécialistes recommandent ainsi de laisser au moins deux à trois heures entre le dîner et le coucher, afin de permettre à l’organisme de digérer correctement et de respecter les rythmes naturels du métabolisme.
Vers une nouvelle approche
Ces travaux s’inscrivent dans le développement de la chrononutrition, un domaine scientifique qui s’intéresse à l’influence du moment des repas sur la santé. De plus en plus d’experts estiment que ce que nous mangeons est important, mais que le moment où nous mangeons l’est tout autant.
Adapter les horaires des repas au rythme biologique pourrait ainsi devenir un levier essentiel pour prévenir certaines maladies.