La “fatigue numérique” existe-t-elle vraiment ?

Yeux lourds, esprit saturé, difficulté à se concentrer… Depuis quelques années, la “fatigue numérique” est devenue le mal silencieux de nos vies connectées. Mais s’agit-il d’une simple impression ou d’un phénomène réellement documenté par la science ? Les recherches commencent à apporter des réponses précises.

La “fatigue numérique” n’est pas un diagnostic médical officiel, mais un concept scientifique émergent. Il désigne un ensemble de symptômes cognitifs et physiques liés à une exposition prolongée aux écrans : fatigue mentale, baisse de l’attention, irritabilité, maux de tête, sensation de surcharge. Dès 2020, avec la généralisation du télétravail et des visioconférences, plusieurs équipes de recherche se sont penchées sur ce phénomène, notamment autour de ce que l’on a appelé la “Zoom fatigue”.

Ce que montrent les études

Des travaux publiés dans la revue Computers in Human Behavior montrent que l’usage intensif des écrans sollicite fortement les ressources attentionnelles du cerveau. Contrairement à une conversation en face à face, l’interaction numérique demande un effort cognitif supplémentaire : décoder des micro-expressions, gérer les délais son/image, se voir soi-même à l’écran.

Une étude de l’université de Stanford a également mis en évidence que les visioconférences prolongées augmentent la charge mentale et la fatigue, en particulier chez les personnes exposées plusieurs heures par jour. Les neurosciences expliquent ce phénomène par une surcharge cognitive. Le cerveau humain n’est pas conçu pour traiter simultanément un flux continu de notifications, d’images, de messages et d’informations visuelles mouvantes.

Selon une revue publiée dans Nature Human Behaviour, le multitâche numérique fragmente l’attention et empêche le cerveau d’entrer dans des phases de récupération mentale. Résultat : une sensation d’épuisement même sans effort physique.

Les yeux, mais pas seulement

La fatigue numérique ne concerne pas uniquement la vue. Certes, la lumière bleue et la fixation prolongée peuvent provoquer une fatigue oculaire, documentée par des études en ophtalmologie. Mais le cœur du problème est surtout mental. Des recherches en psychologie cognitive montrent que le cerveau reste en état d’alerte permanente face aux écrans, notamment à cause de l’anticipation des notifications. Ce mode “hypervigilant” empêche une vraie détente.

Toutes les personnes ne réagissent pas de la même façon. Les études suggèrent que la fatigue numérique est plus marquée chez celles qui alternent en permanence entre plusieurs tâches, chez les personnes déjà stressées ou chez celles dont le temps de récupération est insuffisant. Les recherches en santé mentale, notamment dans The Lancet Psychiatry, soulignent aussi que le manque de pauses et la confusion entre temps professionnel et personnel amplifient cette fatigue.

Fatigue numérique ou fatigue tout court ?

Les scientifiques sont prudents : la fatigue numérique n’est pas isolée du reste. Elle s’inscrit souvent dans un contexte global de surcharge mentale, de stress chronique et de manque de sommeil. Autrement dit, les écrans ne sont pas toujours la cause unique, mais ils peuvent devenir un facteur aggravant, surtout lorsque l’exposition est continue et non régulée.

Les recherches convergent vers des solutions simples mais efficaces : pauses régulières, réduction des notifications inutiles, alternance entre tâches numériques et activités non connectées, et surtout récupération mentale réelle. Des études montrent que même de courtes périodes sans écran permettent au cerveau de retrouver une meilleure capacité de concentration.

Donc oui, la fatigue numérique existe, même si elle n’est pas une maladie en soi. Elle correspond à une réponse du cerveau à une surcharge informationnelle prolongée, documentée par les sciences cognitives et comportementales. Comprendre ce mécanisme permet surtout de repenser notre rapport aux écrans, sans diabolisation, mais avec plus de lucidité.

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