Publiée en mai 2026 dans la revue Scientific Reports, une nouvelle étude multicentrique a analysé les habitudes de 1 994 adultes afin d’examiner les liens entre consommation de café et de thé et symptômes de dépression et d’anxiété. Les participants ont renseigné leur consommation quotidienne ou hebdomadaire de ces boissons et répondu à un questionnaire utilisé pour évaluer les symptômes anxieux et dépressifs.
Dans un premier temps, les consommateurs d’au moins une tasse de café par jour semblaient présenter moins de symptômes de dépression et d’anxiété que ceux qui en buvaient moins d’une tasse quotidiennement. Mais une fois pris en compte différents facteurs susceptibles d’influencer les résultats, comme le mode de vie et certaines caractéristiques des participants, le constat devient beaucoup moins spectaculaire.
Un possible effet sur la dépression
Après ces ajustements, la consommation de café restait associée à une tendance vers moins de symptômes dépressifs, mais le résultat n’atteignait plus le seuil statistique habituellement retenu pour conclure à une association significative.
Pour l’anxiété, aucune association significative n’a finalement été retrouvée.
Autrement dit, cette étude ne permet pas d’affirmer que boire du café protège contre la dépression ou l’anxiété. Elle suggère seulement l’existence d’un lien potentiel avec les symptômes dépressifs qui devra être vérifié par d’autres recherches.
Et le thé ?
Les résultats sont encore plus nets concernant le thé. Les chercheurs n’ont observé aucune association significative entre sa consommation et les symptômes de dépression ou d’anxiété.
Un constat qui rejoint en partie des travaux antérieurs. Une vaste méta-analyse regroupant 29 études et plus de 422 000 participants avait déjà observé une association entre une consommation plus importante de café et un risque plus faible de symptômes dépressifs. En revanche, aucune relation claire n’avait été retrouvée pour le thé.
Quel rôle joue la caféine ?
L’un des principaux composants du café est évidemment la caféine, un stimulant qui agit sur le système nerveux central et augmente temporairement l’éveil et la vigilance.
Mais son effet n’est pas identique chez tout le monde. À faible ou moyenne dose, elle peut favoriser la concentration et réduire la sensation de fatigue. Une consommation importante peut, à l’inverse, accentuer nervosité, agitation ou sensations associées à l’anxiété chez certaines personnes.
Une revue scientifique publiée en 2026 et consacrée spécifiquement aux effets de la caféine sur l’anxiété souligne d’ailleurs l’importance de la quantité consommée et des différences de sensibilité entre individus.
Le café n’est pas un antidépresseur
C’est toute la difficulté de ce type de recherches. Les études observationnelles permettent d’identifier des associations, mais pas nécessairement d’en déterminer la cause.
Une personne qui boit régulièrement du café peut également avoir une alimentation, une activité physique, une vie sociale ou d’autres habitudes différentes de celles d’une personne qui n’en consomme pas. Même lorsque les chercheurs tentent de prendre ces facteurs en compte, il reste difficile de tous les isoler.
Il serait donc prématuré de conseiller de boire davantage de café pour prévenir la dépression.
Une relation plus complexe
La nouvelle étude apporte surtout une nouvelle pièce à un puzzle scientifique encore incomplet. Si plusieurs travaux ont associé le café à un risque légèrement inférieur de symptômes dépressifs, les chercheurs ne disposent pas encore de preuves permettant d’établir un véritable effet protecteur.
Quant au thé, les données actuelles ne montrent pas de relation claire avec la dépression ou l’anxiété.
Une chose est sûre : notre tasse du matin ne peut pas, à elle seule, déterminer notre santé mentale. Mais comprendre comment l’alimentation et certaines boissons interagissent avec le cerveau reste un champ de recherche particulièrement actif.