C’est mon histoire : Le piège du “bon parti”

Souhayla pensait avoir trouvé l’amour et la stabilité auprès de Mehdi, un prétendu héritier charismatique rencontré sur une appli de rencontre. En quelques mois, elle est passée du conte de fées à l’enfer, de la romance idéale à la destruction. Aujourd’hui, elle raconte comment elle a tout perdu… avant de retrouver sa liberté.

Je suis l’aînée de quatre enfants. À Fès, j’ai grandi dans un univers où le confort était acquis : une grande maison avec jardin et piscine, des voyages réguliers, des écoles privées où l’excellence était la norme. Mon père dirigeait une importante entreprise familiale dans le secteur de la santé, et ma mère veillait à ce que tout reste impeccable. Chez nous, on répétait souvent : “Une fille bien épouse un garçon bien”, un homme issu d’un milieu solide, capable de prolonger ce que nos parents avaient bâti. J’ai grandi avec cette idée comme une vérité absolue.

Un conte de fée

Après le bac, j’ai poursuivi mes études à Rabat, où j’ai rencontré Mehdi. On s’est matchés sur une application. Lors de notre premier dîner, il m’a expliqué qu’il travaillait pour le compte de son père, propriétaire de plusieurs entreprises au Maroc. Il citait des noms, des projets, des réunions. Je connaissais de réputation l’entreprise familiale dont il parlait : elle existait réellement. Tout semblait cohérent. Tout semblait vrai. Très vite, il est devenu une évidence. Il savait me rassurer, m’écouter, me flatter, me projeter. Il parlait du futur avec un naturel déconcertant : une belle demeure, un mariage, des voyages, une vie tranquille. À travers ses mots, tout paraissait simple. Trop simple, avec du recul.

À la fin de l’année universitaire, j’ai décidé de changer de voie. J’ai été acceptée en médecine en Roumanie, un choix radical que rien ne laissait deviner quelques mois plus tôt. Mehdi m’a encouragée et on s’est promis de continuer, de se battre contre la distance. Au début, on y arrivait. J’allais au Maroc régulièrement, il me surprenait avec des vidéos, des messages, des déclarations. Puis il m’a annoncé qu’il viendrait me rendre visite. Je ne savais pas que sa venue marquerait le début de ma descente aux enfers.

“J’avais honte”

Les premiers jours en Roumanie étaient parfaits : promenades, dîners, projets. Puis un matin, il s’est réveillé avec le visage fermé. Il m’a raconté que son père avait de graves problèmes avec le fisc, que leurs comptes avaient été gelés, que les entreprises familiales étaient en pause. Il disait ne plus pouvoir rentrer “pour le moment”. J’ai voulu le croire. Mais en quelques semaines, Mehdi a cessé toute recherche de solution. Il restait chez moi. Jour après jour. Sans revenu, sans perspective. J’ai commencé à payer pour tout : loyer, nourriture, factures, sorties. Je puisais dans mes économies, puis dans l’argent que mes parents m’envoyaient pour mes études. J’ai commencé à mentir. À minimiser mes dépenses. À inventer des frais universitaires. J’avais honte.

Lorsque mes économies ont fondu, j’ai emprunté à des amis. Je ne pouvais plus rentrer au Maroc, faute de moyens. Mes cours ? Je n’y allais presque plus. La culpabilité me rongeait, alors on s’enfermait, on s’effaçait tous les deux dans un brouillard qui ne menait nulle part. Puis la violence a éclaté. Mehdi devenait agressif dès que je posais une question, dès que je suggérais qu’il trouve une solution. Un soir, après une dispute, il a explosé. Il a cassé des assiettes, renversé la table, brisé une lampe. Il a brisé quelque chose en moi aussi. Quand il m’a frappée, j’ai compris que l’homme parfait n’avait été qu’un mirage.

Je suis partie me réfugier chez une amie. Quand je suis revenue quelques jours plus tard pour récupérer mes affaires, il avait disparu. Plus de numéro, plus de réseaux sociaux, plus de trace. Comme s’il n’avait jamais existé. Il m’a laissée seule, endettée, avec un appartement détruit dont le contrat était à mon nom, une caution perdue, une année universitaire ratée et une vie en morceaux.

Se relever 

Je voulais porter plainte. J’y ai pensé mille fois. Mais la peur du “qu’en-dira-t-on” m’a paralysée. Alors j’ai pris la seule décision que je pouvais prendre : fuir. J’ai acheté un billet d’avion, avec l’argent que mes parents m’avaient envoyé, et je suis rentrée au Maroc. J’ai tout laissé derrière moi : mes papiers, mes vêtements, mes diplômes, mes projets. Quand j’ai tout raconté à ma mère, elle est restée figée quelques secondes. Puis elle m’a serrée dans ses bras et a dit: “Tu es chez toi. On va réparer.”

Aujourd’hui, cela fait deux ans que je reconstruis ma vie. Grâce à une amie restée en Roumanie, à qui j’ai donné procuration, j’ai pu récupérer mes papiers et clore ce chapitre à distance. J’ai tout repris à zéro, jusqu’à mes études, dans une filière totalement différente. Mehdi ? Il n’a jamais réapparu. J’ai compris que je ne connaissais pas cet homme. J’ai appris qu’on ne doit jamais croire naïvement aux beaux discours, même lorsqu’ils épousent parfaitement nos rêves. Désormais, je marche avec lucidité, et personne ne pourra plus m’éloigner de moi-même.

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