Salon du Cheval d’El Jadida : Focus sur les usages du numérique dans la filière équine

Du suivi du bien-être équin à la gestion des élevages, le numérique ouvre de nouvelles perspectives pour la filière équine. Réunis mardi 13 octobre lors d’un panel organisé en marge du Salon du cheval d’El Jadida, des professionnels ont souligné l’apport des outils digitaux, tout en rappelant les limites de la technologie face à l’expertise humaine.

Comment les nouvelles technologies peuvent-elles améliorer les pratiques équestres ? C’est la question au cœur du panel croisé Maroc-France « Le digital au service du lien homme-cheval », organisé mardi 13 octobre 2026 dans le cadre de la 17e édition du Salon du Cheval d’El Jadida.

La rencontre a réuni quatres professionnels à savoir, Anwar Essougdali, directeur des courses et utilisations à la Société royale d’encouragement du cheval (SOREC), Youssef Zaim Sassi, éleveur marocain, Vérane Chastel, cofondatrice des Écuries du Clos de la Motte et Patrick Galloux, ancien écuyer du Cadre noir de Saumur et directeur technique de MotionExpert.

Au fil des échanges, les intervenants ont mis la lumière sur plusieurs usages du numérique, notamment en matière d’analyse des mouvements et du bien-être du cheval. Par ailleurs, un constat a fait l’unanimité parmi les intervenants : si la technologie permet de centraliser les données et de suivre plus précisément la locomotion du cheval, leur interprétation reste indissociable de l’observation et de l’expérience des professionnels.

Des données pour mieux comprendre le cheval

Parmi les usages évoqués figure l’utilisation de capteurs pour analyser les contraintes physiques exercées sur le cheval pendant la pratique équestre. Patrick Galloux a expliqué que ces dispositifs permettent notamment d’évaluer les pressions au niveau de la bouche, des flancs et du dos. L’objectif est de mieux comprendre l’effet des actions du cavalier et de sa posture sur l’animal.

“Un trot enlevé trop marqué, un bassin qui ne suit pas correctement l’allure ou une rigidité du cavalier lorsque l’exercice se complique peuvent ainsi générer des contraintes supplémentaires sur le dos du cheval. Ces mesures permettent d’objectiver des phénomènes parfois difficiles à apprécier à l’œil nu, notamment parce que les actions du cavalier sont fugaces”, précise-t-il.

Le numérique peut également contribuer à repérer les signes de mal-être à travers l’analyse du visage du cheval. Selon Patrick Galloux, cette approche repose actuellement sur l’observation à l’arrêt, avec une perspective d’analyse en mouvement grâce à l’intelligence artificielle.

La gestion des élevages à l’heure du digital

Pour Youssef Zaim Sassi, les outils numériques peuvent aussi répondre à des besoins très concrets des éleveurs. La structuration de l’activité, la mise en place de processus de gestion et le suivi quotidien constituent des défis, notamment lorsque le propriétaire n’est pas présent en permanence sur son exploitation.

“Les outils digitaux peuvent faciliter la remontée d’informations par le gérant ou le personnel et aider l’éleveur à suivre son activité à distance. Leur efficacité dépend toutefois de la capacité des équipes à les utiliser. La formation du personnel apparaît donc comme un enjeu important pour que les solutions disponibles répondent réellement aux besoins du terrain”, indique l’éleveur. “Les données peuvent aider à orienter un cheval vers le sport, l’élevage ou la reproduction, mais la décision finale repose toujours sur l’appréciation du professionnel et sa connaissance du cheval”, a-t-il rappelé.

Anwar Essougdali a de son côté présenté les possibilités offertes par l’application Faras, une plateforme numérique, développée par la SOREC, destinée aux professionnels de la filière équine. Elle centralise plusieurs services liés à la gestion et au suivi des chevaux.

Pour sa part, Vérane Chastel a notamment souligné que la digitalisation permet de recueillir davantage d’informations et de repérer plus rapidement une évolution, y compris lorsque le professionnel n’est pas physiquement présent auprès du cheval.

L’intervenante a néanmoins relevé que les données ne permettent pas toujours d’identifier les causes d’un problème, qui peuvent être multiples. “L’observation directe, la connaissance de l’animal et l’expérience du professionnel demeurent essentielles pour interpréter les résultats, rechercher des solutions et décider des mesures à prendre”, a-t-elle souligné.

Au terme des échanges, les intervenants ont ainsi défendu une approche du numérique comme outil d’appui aux pratiques équestres, plutôt que comme substitut au savoir-faire humain. Dans une filière où chaque cheval présente ses particularités, la technologie peut enrichir l’analyse et faciliter la prise de décision, à condition de rester au service de la connaissance de l’animal et de la qualité de la relation avec lui.

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