La règle est sans appel : pour être adopté, un projet de résolution doit obtenir au moins neuf voix favorables et ne faire l’objet d’aucun veto de l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité: États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni. Le vote négatif de Moscou a donc suffi à faire échouer le texte, malgré le soutien de onze membres.
Le projet américain prévoyait de proroger le mandat de la mission jusqu’au 31 octobre 2027, tout en la rebaptisant, dès le 1er novembre 2026, « Mission des Nations unies pour le Sahara occidental » (MINUSO), avec la suppression du « R » faisant référence au référendum. Il consacrait également le plan d’autonomie marocain comme base des négociations. Selon des informations relayées par la presse nationale et internationale, le texte maintenait par ailleurs le recensement de la population des camps de Tindouf par les agences concernées, dans un délai de six mois. En revanche, la réduction d’au moins 50 % des effectifs militaires, prévue dans la première mouture du 20 octobre, ne figurait plus dans la version finale.
Ce vote intervient dans un contexte diplomatique particulier. Le matin même, la Russie avait soumis son propre projet de résolution. D’une page, celui-ci se limitait à proposer une prorogation du mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2027, sans toucher à son appellation, à ses prérogatives ni à ses effectifs. Conformément au règlement du Conseil, ce texte alternatif devait être soumis au vote après le projet américain. Une séquence qui rappelle celle d’octobre 2025, lorsque Moscou, Pékin et Islamabad s’étaient abstenus lors du vote de la résolution 2797.