Depuis plusieurs semaines, le régime “Tayibat” envahit les réseaux sociaux marocains. Popularisé par le médecin égyptien Diaa Al Awadi, décédé récemment à l’âge de 47 ans, ce protocole alimentaire divise autant qu’il fascine. Entre vidéos virales, témoignages de transformations spectaculaires et débats passionnés, le phénomène dépasse aujourd’hui le simple cadre nutritionnel pour devenir un véritable sujet de société.
Le principe du régime repose sur une classification radicale des aliments : d’un côté les “tayibat”, considérés comme sains et bénéfiques, et de l’autre les “khabaïth”, jugés nocifs pour l’organisme. Riz, pommes de terre, miel, huile d’olive, viande rouge ou encore certaines variétés de fromage sont encouragés, tandis que les légumes crus, les légumineuses, plusieurs produits laitiers et certaines huiles végétales sont bannis.
C’est précisément cette simplicité qui explique en partie son succès. Dans un contexte où de nombreux consommateurs se méfient des produits industriels et recherchent des solutions naturelles, le discours du régime Tayibat trouve un écho puissant, notamment auprès des jeunes générations très actives sur les réseaux sociaux.
Mais du côté des professionnels de santé, l’inquiétude grandit. Plusieurs médecins marocains alertent sur l’absence totale de validation scientifique de ce protocole alimentaire. Selon les spécialistes, l’exclusion de groupes alimentaires essentiels comme les légumes, les légumineuses ou les céréales complètes peut entraîner des carences importantes et déséquilibrer le microbiote intestinal.
Les critiques se concentrent également sur certaines affirmations attribuées au fondateur du régime, notamment autour de l’insuline, du sucre ou du tabac, jugées dangereuses par la communauté médicale. En Égypte, les autorités sanitaires ont d’ailleurs décidé de restreindre la diffusion de plusieurs contenus liés au régime, estimant qu’ils représentaient un risque pour la santé publique.
Au Maroc, le phénomène met aussi en lumière une réalité plus profonde : la montée en puissance des conseils santé diffusés sur les réseaux sociaux. Entre influenceurs, vidéos courtes et promesses de solutions miracles, de nombreux internautes se tournent désormais vers Internet avant de consulter un professionnel.
Si certains adeptes affirment ressentir des effets positifs, les spécialistes rappellent néanmoins qu’aucun régime universel ne convient à tous les profils. Une alimentation équilibrée, variée et adaptée à chaque état de santé reste aujourd’hui la recommandation privilégiée par la majorité des experts en nutrition.