Architecte et anthropologue, Salima Naji vient de décrocher le Grand Prix Design 2026 de l’Institut du monde arabe (IMA) pour son Tiznit Living Heritage Centre, au Maroc. Une distinction qui récompense bien plus qu’un bâtiment mais une vision singulière et engagée de l’architecture, portée depuis plus de 20 ans par une femme qui n’a jamais cessé de construire autrement. Terre crue, pierre sèche, bois, savoir-faire ancestraux, … les matériaux locaux ne sont avec Salima Naji ni un effet de mode ni un retour nostalgique au passé. Ils sont une réponse contemporaine aux défis environnementaux, sociaux et économiques de notre époque.
À Tiznit, cette philosophie prend une forme spectaculaire. À l’intérieur des anciens remparts de 1810, son Centre d’interprétation du patrimoine est entièrement construit en pisé. Comme le décrit l’IMA, ce musée insuffle une nouvelle vie au site en le reliant au patrimoine immatériel et en intégrant l’architecture, l’un des thèmes des collections ethnographiques. Cela inclut la création d’une collection d’architecture vernaculaire présentée sous la forme de sanctuaires ou de fragments construits sur place par des maîtres artisans à l’échelle.
De la forteresse d’Oufella à Agadir au collège de Timenkar dans le Haut-Atlas, en passant par de nombreux projets ruraux et patrimoniaux, Salima Naji dessine une architecture à la fois écologique, sociale et profondément ancrée dans la culture marocaine. Réhabiliter, transmettre, valoriser les savoir-faire, … Le travail de Salima Naji est crucial. Nécessaire pour nos sociétés d’aujourd’hui !